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Le bois pousse sur les toits de Paris

Oh Perché ! est le nom donné à un projet de rehausse d’un bâtiment parisien dans le XIIIe arrondissement. Trois appartements à ossature bois ont été construits par le promoteur Pegase Partners Group. Un exemple qui pourrait être reproduit ailleurs.

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 5 min

Un type d’habitat particulier a vu le jour, la semaine dernière, sur le toit d’un immeuble de bureaux du XIIIe arrondissement à Paris. L’inauguration en grande pompe devait mettre en lumière la naissance de trois appartements dont la construction a été réalisée à 80 % en bois.

Une réalisation qui valait assurément le coup d’œil tant l’intégration de la nouvelle structure s’adapte parfaitement à celle existante. Implanté entre deux immeubles d’appartements des années 70-80, Oh Perché !, le nom donné au projet par le promoteur français Pegase Partners Group, est une belle réussite. Reste à voir à présent comment les trois appartements qui constituent l’ensemble s’intégreront au quotidien dans leur nouvel environnement, notamment au niveau des jardins suspendus qui donnent un air de verdure bienvenu dans un ensemble de béton.

« Je ne parlerai pas de “filon” que nous aurions découvert pour l’avenir car ce terme sous-entend que nous n’avons recherché que le seul profit, tempère François Gaucher, le patron de Pegase Partners Group, un Auvergnat au franc-parler aussi carré que sa stature. Je dirais plutôt que nous avons ouvert une brèche sur un art de vivre différent. Demain et après-demain, le monde sera écologique ou ne sera pas. De plus en plus de gens auront envie de vivre autrement. »

Et l’homme d’insister : « Si j’avais voulu gagner de l’argent avec ce projet, j’aurais construit des bureaux sur cinq étages. Oh Perché ! est un banc d’essai. Pour ma part, c’est la première fois que je me lance dans la surélévation d’un bâtiment. La première fois aussi que je travaille avec une ossature bois. »

A 55 ans, François Gaucher s’est déjà taillé une solide réputation dans le monde de l’immobilier, à Paris et ailleurs en France. Propriétaire de plusieurs biens dans la capitale française, il envisage évidemment de reproduire l’expérience ailleurs. « J’espère voir un autre Oh Perché ! d’ici la fin de l’année à Montmartre et aux Buttes-Chaumont, révèle-t-il ainsi. D’autres projets sont dans les cartons mais ils sont soumis à l’accord des copropriétés. Et vous savez comment ça marche : si un seul propriétaire s’oppose au projet, il ne se fera pas… »

Rendu possible par la modification récente du PLU (Plan local d’urbanisme) de la Ville de Paris qui permet la construction de mètres carrés supplémentaires sur des bâtiments existants, ainsi que par une volonté bien réelle de la Ville de favoriser la construction en bois, Oh Perché ! a nécessité quelques travaux de consolidation de l’immeuble de bureaux datant des années 20 sur lequel il est venu se poser. « A l’origine, il s’agissait d’une fabrique de drapeaux, explique à ce sujet l’architecte Claude Ginsburger du bureau Atelier ACG implanté à Colombes. Même si l’ossature est en bois, la surcharge de la rehausse était délicate. Il a fallu renforcer une vingtaine de poteaux existants avec de l’acier pour pouvoir couler une dalle de béton sur laquelle ont pris place les trois appartements. Ce “bouclier” nous a permis d’avoir une plus grande liberté au niveau des murs porteurs. »

Le résultat laisse apparaître deux appartements rez + 1 de 150 et 180 m2 et un troisième de 220 m2 (rez + 2). On le voit, Pegase n’a pas lésiné sur des surfaces que l’on peut qualifier d’« énormes » pour une ville comme Paris.

Des surfaces qui ont évidemment un prix même si, pour l’heure, les biens n’ont pas encore été mis en vente. Des indiscrétions faisaient état d’un prix de vente qui oscillera entre 15.000 et 18.000 euros/m2, une information que le promoteur n’a toutefois voulu ni confirmer ni infirmer. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faudra débourser plusieurs millions d’euros pour habiter sur les toits du XIIIe arrondissement…

Pour une rehausse du type de Oh Perché !, l’idéal est de venir la poser sur un bâtiment des années 80-90 à la structure plus solide et pour lequel il existe des plans, ce qui n’est pas toujours le cas avec des bâtiments plus anciens. « L’ossature en bois a été préfabriquée dans une usine de Normandie avant d’être acheminée ici, insiste Claude Ginsburger. La plus grande difficulté pour l’acheminement des matériaux nous a été imposée par l’existence d’un hôpital juste en face de notre bâtiment. Il fallait laisser l’entrée des urgences libre en permanence. Malgré cette contrainte, les appartements ont été construits en neuf mois. »

Légèreté et rapidité d’exécution sont les deux moteurs de la construction en bois. Si l’obtention du permis n’a posé aucun problème, les Bâtiments de France, institution aux pouvoirs indéniables dans l’Hexagone, se sont toutefois opposés à ce que les façades avant (celles visibles depuis la rue) soient en bois apparent. Le bois choisi pour les autres bardages est du chêne (un bois européen), l’architecte ayant estimé que c’est celui qui vieillit le mieux.

Avec 11.000 toits où une rehausse est potentiellement possible, il est évident qu’Oh Perché ! risque de donner des idées à beaucoup de promoteurs et autres architectes, parisiens et autres. A ce sujet, Pegase Partners Groupe peut se targuer d’avoir une longueur d’avance sur ses futurs concurrents, ce qui pourrait être un réel avantage pour un type d’habitat appelé peut-être à s’étendre dans d’autres grandes villes européennes.

A ce sujet, on a appris que François Gaucher était en contact avancé avec des partenaires belges. Mais l’Auvergnat reste muet pour l’instant…

 

Partenariat: Marie’s Corner, la «belgian touch» décorative du projet

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 3 min

Créée il y a 25 ans par Laeticia Zichy (rejointe ensuite dans l’aventure par son époux Alain Low), la marque belge de décoration Marie’s Corner a participé à sa manière au lancement du projet Oh Perché !

Tout commence un peu par hasard au salon Maison & Objets à Paris. Philippe Vanhemelen et Serge Silber, les nouveaux patrons de l’enseigne depuis 2016, y rencontrent les responsables d’une foncière qui détiennent plusieurs biens à Paris et qui leur parlent du projet de construction en bois sur les toits de Paris où ils pourraient exposer leurs fauteuils et autres canapés. « L’idée partait du principe qu’on vend mieux et plus facilement un bien lorsqu’il est décoré », se souvient Philippe Vanhemelen, qui dirige l’usine de production de Marie’s Corner, laquelle emploie une trentaine de personnes à Saragosse, en Espagne.

Le concept est jugé intéressant car il permet de profiter gratuitement d’endroits d’exposition pour mettre leurs produits en avant. « Sur le projet Oh Perché !, nous avons fourni les canapés, les fauteuils et les chaises de salle à manger des appartements, insiste Philippe Vanhemelen. Toujours à Paris, nous avons un autre showroom dans un bien proposé à la vente rue de Lille, dans le VIIe arrondissement. Une fois qu’il sera vendu, nous déménagerons dans un autre bien. Dès le mois de septembre, nous allons reproduire ce schéma d’exposition dans une maison de Kensington, à Londres. D’une manière plus générale, nous voudrions le reproduire dans toutes les grandes villes européennes où le prix des loyers rend les showrooms impayables. »

Du coup, les deux patrons de Marie’s Corner ont eu une autre idée, qui n’est pas neuve mais qui peut, elle aussi, se révéler lucrative : meubler les maisons ou appartements témoins dans les projets immobiliers, ces biens destinés à servir de référence aux acheteurs pour qu’ils puissent se faire une idée plus précise des surfaces qui sont commercialisées alors que le projet est encore en construction. « Nous allons ainsi meubler la maison témoin du projet Sterea à Sterrebeek, révèle notre interlocuteur. Quand Serge et moi avons repris Marie’s Corner, l’enseigne connaissait quelques difficultés qui nous ont obligés à réorganiser l’entreprise et à imaginer de nouvelles collections, plus actuelles. Depuis cette année, nous sommes à nouveau en croissance. Nos efforts commencent à payer. »

Le clubhouse du golf de Sterrebeek, les restaurants Bonbon et la Truffe noire ou encore l’hôtel Klooster à Leuven : les références de Marie’s Corner en Belgique ne manquent pas, mais c’est à l’étranger que le groupe réalise la plus grosse part (65 %) de son chiffre d’affaires (à Paris, Cannes ou Courchevel notamment).

En Belgique, l’enseigne possède un showroom à Wavre et un magasin en propre à la rue de Namur, dans le quartier de la Toison d’Or à Bruxelles où il est possible de venir admirer le canapé modulable Virginia, la « star » de la gamme, ou encore les Tennessee, Los Angeles et autre Anniston, des références nouvelles qui rencontrent un franc succès.

A Paris, Marie’s Corner possède également depuis plus de dix ans un espace au sein de l’étage consacré au mobilier d’intérieur du Bon Marché, le légendaire grand magasin implanté rue de Sèvres, dans le XVIIe.

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