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Oui, c’est bien une génération en or

Pour battre le Brésil, et en particulier ce Brésil-là, il faut du talent, de l’organisation, un brin de chance et ce petit supplément d’âme qui transforme une bonne équipe en grande équipe. L’édito de Christophe Berti.

Édito - Rédacteur en chef Temps de lecture: 3 min

Il y avait Puebla, il y aura désormais Kazan. Trente-deux ans après avoir battu l’Espagne au Mexique, l’équipe nationale belge de football s’est à nouveau qualifiée, ce vendredi soir, pour une demi-finale de Coupe du monde en venant à bout du Brésil. Et de quelle manière.

On attendait depuis cinq ans un vrai « match référence » pour cette génération en or en manque de confirmation au plus haut niveau ; on peut écrire désormais qu’on a bien fait d’attendre. Après avoir raté le coche deux fois d’affilée, par manque d’audace et d’expérience en 2014, par suffisance, peut-être, en 2016, cette fois, Hazard et ses équipiers ont été à la hauteur des espoirs les plus fous de leurs supporters.

Une soirée dans les mémoires

Pour battre le Brésil, et en particulier ce Brésil-là, impressionnant depuis deux ans, il faut du talent, de l’organisation, un brin de chance et ce petit supplément d’âme qui transforme une bonne équipe en grande équipe. Tous ces éléments étaient réunis ce vendredi, lors d’une soirée qui restera, très longtemps, gravée dans la mémoire collective du Royaume, qu’on aime le foot ou pas.

Ce sport a cela de magique que ses acteurs peuvent passer en un instant du Capitole à la roche Tarpéienne, de la gloire à l’échec, du nirvana à la déception.

On écrivait, dans ces colonnes, vendredi matin, que l’équipe belge qui s’est construite depuis cinq ans autour d’une génération de surdoués qui sont désormais dans les plus grands clubs européens, avait rendez-vous avec son destin mais surtout avec elle-même. Pour voir si elle était capable de passer du potentiel à la réalité, du statut d’espoir à celui de « giant killer ».

Et à Kazan, dès le début de la rencontre, on a eu l’impression que cette formation était programmée depuis cinq ans pour jouer ce match-là, à ce moment précis. De Courtois à Hazard, en passant par un Fellaini phénoménal, tous les Diables sont à mettre dans le même éloge. Ils ont réussi ce qu’on imaginait qu’ils pouvaient faire sans trop oser y croire.

Et il serait malhonnête d’oublier dans cette louange un entraîneur qui restait un mystère pour beaucoup mais qui a justifié, par sa mise en place tactique d’hier, à la fois son engagement mais aussi sa prolongation. Martinez a été choisi pour faire d’un outsider une vraie équipe capable de créer l’exploit. Il a rempli son contrat.

L’incroyable sentiment d’euphorie qui s’est répandu dans les rues du Royaume, sur le coup de 22h, est le symbole de cette plénitude collective que peu de choses sont capables d’apporter. Le foot fait partie de ces choses. On ne sait pas si les Diables sont capables de créer un nouvel exploit mardi, face à la France, dans une demi-finale qui s’annonce explosive. Mais une chose est sûre : ils ont désormais passé un palier et n’ont pas raté leur rendez-vous le plus important : celui avec eux-mêmes. Chapeau bas. Et merci pour l’émotion.

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2 Commentaires

  • Posté par Weissenberg André, dimanche 8 juillet 2018, 10:29

    Jusqu'à ce match contre le Brésil, où ils sont enfin entrés dans la lumière, cette génération "dorée" de Diables faisait plutôt penser à du plaqué or qu'à de l'aurifère véritable! Maintenant, pour juger définitivement s'ils sont vraiment de cette veine et de cette trempe, comme le souligne Georges Grün, ils n'ont plus aucune excuse, plus de droit à l'erreur après ce qu'ils ont montré. Il leur faudra faudra aller au bout de leur parcours et nous ramener Jules Rimet en chair et on os - même s'ils doivent pour cela aller le chercher "avec les dents" - pour qu'on puisse, plus tard, continuer à se pincer en se disant "je rêve ou quoi? Champions du Monde!" ... et que les Brésiliens ne s'imaginent plus avoir eu affaire à une Mannschaft déguisée! (Beau compliment, ceci dit en passant ...)

  • Posté par Lambert Guy, dimanche 8 juillet 2018, 18:56

    Plus le droit à l'erreur?? Ha bon! Et suivant quelle justification? Parce que ce sont des joueurs de foot? Et vous, dans votre travail, on vous laisse le droit à l'erreur? Et si non, trouveriez-vous cela acceptable? Qui n'a pas le droit à l'erreur? Vous avez une liste? Vous, vous vous y mettez? .... Sans donner trop d'importance à mes propos. J'ai toujours peur d'une société qui n'admet plus le droit à l'erreur! Nous sommes alors tous en sursis de désocialisation, marginalisation, suicide ou même meurtre (comme ce joueur colombien assassiné parce qu'il avait commis ....une erreur à savoir rater un penalty.

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