«Fierté», «émotion», «joie»: les mots de la presse belge malgré la défaite des Diables

«Fierté», «émotion», «joie»: les mots de la presse belge malgré la défaite des Diables

Les éditorialistes belges soulignent le parcours brillant des Diables Rouges, au lendemain de la défaite de l’équipe nationale face à leurs rivaux français en demi-finale de la Coupe du monde de football.

« C’est fini. L’incroyable espoir qui traversait tout le pays depuis quelques jours, l’espoir de pouvoir gagner la Coupe du monde de football, le Graal absolu du sport numéro 1, s’est évaporé dans la nuit de Saint-Pétersbourg », écrit Christophe Berti, rédacteur en chef du Soir.

La rencontre n’était « flamboyante ». Au contraire, le match était « tactique, fermé, cloisonné par une formation hexagonale pas forcément chatoyante mais impressionnante d’organisation, de maîtrise et d’efficacité ». Cette fois-ci, « toute la Belgique, ou presque », y croyait plus que jamais. « C’est le plus grand mérite des Diables rouges : ils ont donné de la joie et de la fierté à tout un pays pendant trois semaines. On a oublié, un moment, les querelles et les soucis pour passer quelques jours d’émotion collective, simple, contagieuse, dont on manque sans doute cruellement ».

L’Echo titre sobrement : « La fin du rêve ».

« Les plus belles aventures ont, hélas, parfois une fin », regrette La Libre. « Il nous reste nos yeux pour pleurer et notre cœur pour remercier des joueurs qui, en dépit de l’échec des demi-finales, ont fait preuve de qualités sportives et humaines hors du commun ». Et de rappeler : « Les avoir vus dominer le Brésil, en quarts de finale, restera pour beaucoup un souvenir indélébile ».

On retiendra surtout l’engouement que les Diables ont suscité. « On a vu des mamies se faire tatouer les couleurs nationales sur les joues avant les rencontres de la Belgique et partager les mêmes émotions que leurs enfants et petits-enfants, dans un joyeux mélange de générations. On a vu des solitaires se mêler aux foules des places publiques et communier avec des inconnus aux buts de Lukaku, De Bruyne ou Fellaini. On a vu des Flamands et des Wallons se jeter dans les bras les uns des autres et trinquer ensemble aux exploits de leurs héros communs ».

Les journaux Sudpresse tentent déjà d’oublier la défaite. « Dans quelques jours, avec le recul, c’est surtout de la fierté, de l’émotion et de la joie que nous retiendrons de cette belle épopée russe », écrivent les quotidiens. « Ils nous ont permis de faire la fête, de nous retrouver tous ensemble sur toutes les places du pays, de mettre la Belgique sur la carte du monde et de transmettre nos valeurs fondamentales au monde entier. Le partage, la solidarité, la générosité, le goût de l’effort, l’humilité, l’autodérision, l’humour et le vivre-ensemble, par-delà les origines et les croyances ».

C’est ce que La Dernière Heure retient aussi. « À l’heure où un peu partout en Europe, on plaide pour la fermeture des frontières, la preuve est faite que l’on peut réussir de grandes choses en venant d’horizons différents et sans même parler la même langue. L’exemple des Diables Rouges doit nous inspirer pour ne pas nous laisser gagner par la fatalité ». Car les Diables auront réuni la Belgique. « La Belgique n’a pas gagné. Mais ses joueurs nous ont rendu la fierté d’être belges. Et cela, c’est peut-être une victoire encore plus grande ».

Comme ses confrères, L’Avenir souligne qu’« il s’en est fallu de peu. D’un détail. Ainsi va le football. Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne ». « Une équipe qui ressemble tellement à ses habitants : avec des Wallons, des Flamands, des Bruxellois, des joueurs noirs, des joueurs blancs, des joueurs dont les familles se trouvent au Congo, au Maroc ou ailleurs. Un petit pays qui a fait preuve d’audace et d’une mentalité exemplaire, jusqu’à l’avant dernière marche, dont nous pouvons tous être très fiers. Encore merci les Diables », écrit encore L’Avenir.

Ce ne sont pas les journaux flamands qui diraient le contraire. Certains ont d’ailleurs opté pour une Une bilingue, comme De Morgen, qui tente de se consoler. « La troisième place est également une belle fin. Ce serait le couronnement pour une compétition fantastique. Le match d’hier soir n’enlève rien à leur parcours ».

De Standaard a aussi opté pour une Une bilingue. « Le rêve est fini mais l’été 2018 restera toujours une référence, ces longues semaines de sécheresse où rien ne semblait impossible. Même après la nuit dernière, personne ne peut prétendre que cela ne vaut pas la peine d’au moins essayer d’être le meilleur, même si cet objectif semble lointain ».

« Merde », se contente de titrer le Nieuwsblad, qui salue le « nationalisme positif » qui a envahi les Belges le temps d’un mondial. « Chers Diables, pardonnez-nous d’avoir pris le temps de digérer la désillusion. Mais nous y arrivons doucement, avec ce grand merci que vous méritez. Pour le jeu, pour la tension, pour la positivité ». Et surtout que les Diables ne se fassent pas de souci : « Nous avons passé les 32 dernières années sur la demi-finale mexicaine en 1986. La remontée face au Japon, le match de gala contre le Brésil, Hazard, De Bruyne, Lukaku, la classe individuelle et la prestation collective, on en parlera encore des années ».

La Gazet van Antwerpen est « fière » des Diables, comme Het Laatste Nieuws, qui écrit : « Tous ensemble, dans les bons jours et les moins bons jours ».

« Respect », titre sobrement le Belang van Limburg, qui déplore que la « dynamique » du match était différente de celle face au Brésil. « Beaucoup plus calme, plus calculateur, moins d’émotions. Plus un jeu d’échecs qu’un tournoi de football », regrette le quotidien flamand, qui conclut en rappelant le parcours formidable des Belges. « Les Diables se sont retrouvés dans la moitié du tableau la plus difficile. Ils n’ont pas choisi la voie facile. Ils auraient mérité ce titre mondial. Nos garçons ont réalisé un parcours de héros. Personne ne peut dire le contraire. Nous avons déjà gagné le prix de la sympathie dans le monde. Mais vous ne gagnez pas de trophées avec de la sympathie. Il va falloir retrouver cette mentalité de vainqueur. Le championnat d’Europe arrive. Cela doit devenir notre ambition. Allez les Diables ! Et merci pour votre parcours fantastique lors de cette Coupe du monde 2018 ! ».

Le récapitulatif vidéo du parcours des Belges à ce Mondial  :

 
 
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