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Trump, président renégat

En un an et demi, Donald Trump a lâché tous les pays du monde. En discréditant publiquement sa propre administration et sa justice pour donner raison au président russe, le président a passé un nouveau cap.

Édito - Chef du service Monde Temps de lecture: 3 min

L’inquiétude des dirigeants européens vis-à-vis de Donald Trump, née le jour de son élection à la présidence des États-Unis, n’a fait que croître depuis. Elle a atteint un pic à la veille du sommet de l’Otan la semaine dernière à Bruxelles. Et plus encore à l’approche de son tête-à-tête ce lundi avec le président russe Vladimir Poutine, où la crainte était que Trump ne passe l’Europe par pertes et profits dans le cadre d’un quelconque marchandage avec le maître du Kremlin. Il faut avouer que la coexistence politique – on peut difficilement appeler cela « coopération » – s’apparente pour les alliés stratégiques des États-Unis à une expérience à nulle autre pareille. Trump en a fait la plus spectaculaire démonstration ce week-end en Angleterre. Accueilli par Theresa May avec une pompe dont la démesure et le ridicule étaient calibrés sur l’ego de Trump, celui-ci a politiquement atomisé la Première ministre britannique au sujet de sa vision du Brexit, sur laquelle la Britannique est en train de jouer la survie de son gouvernement.

Les Européens sont inquiets de ce que Donald Trump finisse par les lâcher… Le lâchage a commencé, mais il ne s’arrête pas aux Européens. Rappelons qu’en un an et demi, Donald Trump a lâché tous les pays du monde en sortant des accords de Paris sur le réchauffement climatique. Il a lâché onze pays d’Asie en se retirant du Partenariat Pacifique, un grand accord de libre-échange conclu sous Obama pour faire contrepoids à la propension hégémonique chinoise. Il s’est fâché avec ses voisins directs, le Mexique et le Canada, en remettant en question le Nafta, l’accord de libre-échange nord-américain. Il a démarré une guerre commerciale avec la Chine, et accessoirement avec l’Union européenne. Il s’est fâché avec les six autres partenaires du G7 en dénonçant, de son avion de retour, les conclusions du sommet auxquelles il venait de souscrire. Et il a laissé planer la menace de retirer les États-Unis de l’Otan…

Alliés, ennemis

Enfin, pour en revenir à ce qui semble être sa bête noire, l’UE, il vient de déclarer qu’elle est une « ennemie » des États-Unis. À écouter et observer les décisions de Donald Trump, tous les alliés des États-Unis seraient donc des adversaires voire des ennemis. Mais à Helsinki, le président des États-Unis a fait mieux.

Il y est arrivé en mettant sur le compte de « la stupidité des États-Unis » le mauvais état de ses relations avec la Russie. Ensuite, en conférence de presse au côté de Vladimir Poutine, il a laissé entendre qu’au sujet de l’immixtion russe dans la dernière élection présidentielle, il donne plus de crédit aux dénégations « très convaincantes » du président russe qu’aux opinions de ses propres services de renseignement, ou de la justice qui vient d’inculper douze agents russes. Tout cela alors que Vladimir Poutine venait d’affirmer qu’en tant qu’ex-agent de renseignement, il sait « comment on monte un dossier »…

En discréditant publiquement sa propre administration et sa justice pour donner raison au président russe, Donald Trump a passé un nouveau cap. Ce n’est plus ses alliés qu’il vient de lâcher, mais son propre pays. C’est ce qu’on peut désormais appeler un président renégat. Les électeurs de Trump ont de bonnes raisons de s’inquiéter.

 

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9 Commentaires

  • Posté par Joseph Segers, mardi 17 juillet 2018, 22:22

    il marche a cotéde ces pompes !!que faire au boulots les ministres ambassadeurs et outres grosses pointures dan notre monde LIBRE!!!

  • Posté par jean pierre Smit, mardi 17 juillet 2018, 15:01

    Mr Kuzskiewicz, vous manquez d'indépendance d'esprit , vous restez dans la mouvance mainstream sans beaucoup d'analyse. Il est temps qu'on cesse cette hystérie anti russe ; EN Europe il est temps de respecter la main tendue par Moscou depuis longtemps et de faire un bon accord avec la Russie concernant le terrorisem, le climat et la coopération économique;

  • Posté par jean pierre Smit, mardi 17 juillet 2018, 13:31

    Excellente initiative de Trump. Il est temps qu'on arrête cette hystérie anti-russe. EN Europe ,nous avons tout intérêt à conclure un bon accord avec Putine. cela fait longtemps que Serge lavrov tend la main à l'Europe pour conclure des accords dans le domaine du terrorisme, du climat et du développement économique. Tous les griefs à l'égard de la Russie sont fallacieux : la Crimée ; l'Otan a fait exactement la même chose au Kosovo, L'Ukraine ,des groupes ultra nationaliste sont pris le pouvoir et entraînent le pays dans une récession économique sans fin, le régime de Porochenko est corrompu jusqu'à l'os ! l'élite russe sait très bien qu'avec une économie de la taille de l'Italie, la russie a besoin de l'Europe et inversément !

  • Posté par Poels Jean-pierre, mardi 17 juillet 2018, 14:32

    Pour ma part, il me faudra plus qu'un beau sourire de Poutine (ou de Trump) pour me convaincre de sa loyauté! Attendons les actes avant de nous réjouir !

  • Posté par jean pierre Smit, mardi 17 juillet 2018, 13:22

    Parmi les nombreuses erreurs de D Trump , ily a de temps à autre une bonne idée. La rencontre avec Putine est de cet ordre . Il était temps qu'on arrête cette hystérie à l'encontre du président Russe. EN Europe nous aurions tout intérêt à conclure un accord avec la Russie. Cette montée des tensions est surtout provoquée par l'Occident . Prétendre que la Russie nous menace est ridicule , l'élite russe sait très bien qu'avec une économie de la taille de l'Italie , elle ne représente aucun danger pour l'Europe . La Crimée ,parlons- en !l' OTAN a fait exactement la même chose au KOSOVO: réferendum et déclaration unilatérale d'indépendance. EN Ukraine , c'est l'intervention américaine qui a mis le feu aux poudre en finançant des groupes ultra nationalistes , quasi des fascistes , qui ont réalisé un coup d'etat. Le régime de Porochenko est corrompu jusqu"à la moëlle .

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