Un retour à la vie arboricole, la technologie en plus

Les Tree Tents sont déjà installées en Suisse et au Japon. Aux Grottes de Han, cette invention belge n’attend que les réservations...
Les Tree Tents sont déjà installées en Suisse et au Japon. Aux Grottes de Han, cette invention belge n’attend que les réservations... - D.R.

Passer une soirée et une nuit dans une tente suspendue à des arbres à 3 mètres de hauteur avec vue sur une plaine de la Lesse et une réserve d’animaux sauvages : cerfs, daims, aurochs, mouflons… C’est ce que propose depuis peu le Domaine des Grottes de Han. Ce dernier est en pleine renaissance depuis 2011 et l’arrivée de Brigitte Malou, une juriste et financière, à la tête de cette société familiale. Depuis lors, de constants investissements ont été réalisés afin de renouveler les infrastructures, ajouter de nouvelles attractions et rajeunir l’image auprès du grand public.

Le résultat ? La fréquentation, qui était tombée à 250.000 visiteurs par an, a été propulsée à 360.000 (chiffre 2017). Et ce n’est pas fini : l’ambition est d’atteindre les 500.000 !

Pour ce faire, le Domaine, qui s’étale sur 250 hectares et comprend les fameuses grottes, ne pouvait pas passer à côté de l’hébergement. Diversification oblige. Jusqu’à présent, les touristes pouvaient déjà louer un week-end dans un chalet construit juste à côté d’un enclos à ours. Maintenant, voici venir les « Tree Tents ».

Ces tentes sont au nombre de six, éparpillées dans un sous-bois à l’intérieur du domaine. Il s’agit de plateformes arrimées aux arbres via un complexe système de sangles et de cordes. On y accède par une échelle de meunier. Sur le plancher en bois se dresse une tente avec, à l’intérieur, un très grand lit. Parfait pour des parents accompagnés de leurs jeunes enfants, par exemple. Devant l’abri en toile, une terrasse avec table et sièges permet de contempler la nature. La structure ne possède pas de rambardes. A la place, un large filet de sécurité horizontal fait le tour de la structure. Si un campeur tombe, il rebondit immédiatement dans les mailles. Au sol, des toilettes sèches et des éviers complètent cet habitat insolite.

Solutions réversibles

Les « Tree Tents » utilisées à Han ont été inventées par deux amis d’enfance : l’expert en arboriculture Bruno de Grunne et l’architecte Nicolas d’Ursel. Ensemble, ces deux Belges ont fondé une société, Trees & People, pour commercialiser une gamme de plateformes auprès de clients professionnels : parcs d’attractions, domaines naturels, campings, etc. « L’idée nous est venue quand des parcs d’aventure un peu partout dans le monde ont commencé à proposer des refuges dans les arbres et des parcours d’accrobranches, raconte Bruno de Grunne. Les techniques qu’ils employaient étaient très invasives pour les arbres ou pour leur écosystème : colliers de serrage, cercles de cordes sur des blocs de bois, forage dans le tronc, embases de béton pour pilotis… En réaction, nous avons voulu développer des solutions qui ne causent pas de dommages et qui soient réversibles. Bref, imaginer des structures qui puissent être montées facilement (en 2 à 3 jours), laissées durant quelques années, puis démontées en laissant les arbres intacts. »

Après des essais et des améliorations, une technologie est mise au point. « Nous l’avons appelée “No Trace” parce qu’elle ne laisse pas de traces sur les végétaux. D’abord, nous utilisons des sangles et des bandes de filets qui épousent les formes inégales des arbres et qui s’adaptent beaucoup mieux à leur croissance (NDR : un arbre s’élargit en effet d’année en année). Ensuite, tous ces systèmes de retenue sont placés de manière à ce que les contraintes sur les troncs soient mieux réparties. Nos plateformes laissent également aux arbres leur capacité de ployer sous le vent. Enfin, elles ne sont pas trop lourdes. Chargées, elles pèsent entre 1 et 2 tonnes. Or, nos expériences ont montré que des chênes ou des hêtres pouvaient parfaitement supporter de telles contraintes. »

L’installation se fait toujours après une analyse des lieux et une sélection des arbres jugés les plus aptes. « A Han, il y a eu tout un travail en amont avec les gestionnaires du Domaine. Il convenait de prendre en compte l’environnement global qui joue un rôle dans la santé des arbres : sol, climat, vent, etc. Nous avons aussi fait étudier la tenue mécanique des feuillus choisis, afin de garantir une parfaite sécurité. Une chose est certaine : ces structures doivent être montées par des arboriculteurs disposant d’une certaine expérience ».

Aujourd’hui, outre à Han-sur-Lesse et au château de Hodoumont à Jallet, dans le Condroz, des tentes arboricoles de Trees & People se rencontrent au Japon et en Suisse. L’implantation à Han constitue un tournant pour la PME. « Elle va jouer le rôle de vitrine de notre savoir-faire, conclut Bruno de Grunne. Et va aussi permettre au grand public de se familiariser avec ce genre d’habitat. »

La société compte donc sur l’expérience de Han pour… prendre de la hauteur.

Quatre modèles de plateformes

Par Jean-Christophe de Wasseige

Sur le plan commercial, Trees & People propose quatre produits différents. Le premier s’appelle TreeFloor et fait 10 m2 (9.900 euros HTVA, hors transport, montage et options). Le deuxième s’appelle Dom’Up et fait 20 m2 (19.900 euros, HTVA). Un vaste plancher en textile de longueur variable est également disponible : Nest. Il a notamment été monté à Paris en 2013 pour la projection d’un film en avant-première. Il faisait alors 25 mètres de long sur 6 mètres de large et a accueilli des dizaines de spectateurs. Enfin, le WebPark est une offre écoresponsable aux parcours d’accrobranches. Il consiste en des filets tendus entre les arbres. Un parc de 2.000 m2 de tels filets est en projet à Boitsfort. Il s’inscrit dans le cadre de la réhabilitation de l’ancien hippodrome d’Uccle-Boitsfort, en bordure de la forêt de Soignes : le Droh ! me Melting Park.

 
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