Accueil Opinions Éditos

Dégressivité du chômage: quand le gouvernement sort à tort et au mauvais moment

Le ministre de l’Emploi, Kris Peeters, a demandé à l’Onem d’étudier le coût d’une proposition d’un professeur de l’UGent, Stijn Baert, visant à accroître le montant des allocations de chômage après le licenciement d’un travailleur et ensuite accélérer leur dégressivité.

Édito - Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

La langue française est riche de nombreux adjectifs. Il en faut plusieurs pour qualifier cette proposition du gouvernement fédéral d’étudier l’instauration d’une plus grande dégressivité des allocations de chômage, après en avoir revalorisé le montant initial.

Incohérente, cette idée qui s’insère dans un projet de lutte contre la pénurie de main-d’œuvre dans certaines professions. Ainsi, alors que les Régions envisagent d’offrir un bonus aux demandeurs d’emploi qui se formeraient pour un de ces métiers, voilà le fédéral qui déboule à rebrousse-poil.

Infondé, ce mécanisme l’est tout autant. En effet, une série de causes expliquent les pénuries qui ne concernent pas uniquement des métiers accessibles aux chômeurs. Le manque de motivation des demandeurs d’emploi n’est pas nécessairement la première d’entre elles. Pourquoi dès lors user d’un remède de cheval, alors qu’une médecine plus douce et plus subtile semble plus appropriée ? Et cela avant même de disposer de l’étude scientifique réclamée par le « Groupe des Dix » pour mieux cerner un phénomène aux contours relativement flous.

Injuste s’ajoute à la palette des mots. Car si les chômeurs de courte durée (étudiants sortis de l’école, travailleurs récemment licenciés) disposent de grandes chances de décrocher un nouveau job assez rapidement, y compris dans un métier peu prisé, il en va autrement de ce public à l’employabilité dissoute dans un chômage de longue durée. Ceux-là, leur CV inspire la moue aux recruteurs et ils sont plus souvent juchés sur ce carrousel qui les mène du chômage au RMI puis à un contrat « article 60 » dont le but premier est de leur redonner des droits aux allocations de chômage. Bref, ce sont les gens les plus éloignés de l’emploi qui pâtiront de cette décision, les autres étant davantage contraints d’accepter le premier emploi venu, convenable ou pas. Est-ce comme cela que ce gouvernement entend créer de la cohésion sociale ?

Dissonant, ce projet l’est sans conteste. Voici le G10 qui s’accorde sur des mesures visant à lutter contre les pénuries de main-d’œuvre. La copie remise au Premier ministre par les employeurs et les syndicats est équilibrée. De bon augure avant la négociation du prochain accord interprofessionnel. Et voilà que surgit Kris Peeters qui jette cette idée incendiaire pour les syndicats, tel un mégot de juillet dans une forêt méridionale.

Mais, surtout, le terme qui domine paraît être provocateur. Car cette mesure donne l’image d’une coalition fédérale maniant la carotte d’une prime pour les entreprises (participer à la formation en alternance) et le bâton de la dégressivité pour les chômeurs. La « suédoise » aurait voulu se préparer un automne socialement chaud, elle ne s’y serait pas prise autrement.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

7 Commentaires

  • Posté par Michael Goormachtigh, jeudi 19 juillet 2018, 21:48

    Pff! Piètre article. La Belgique est le seul pays ou l'on peut chômer à vie. En France, le chômage est limité dans le temps. C'est la raison pourquoi tant de Français travaillent dans la région de Courtrai. Et En France, surprise!, on parle le Français. Incohérente, infondé, injuste, dissonante, sauf que en France le chômage limité c'est la norme. Là, la limitation dans le temps se pratique depuis des décennies. Alors, cette Belgique francophone si axée sur la France, pourquoi ne la suivrait-elle pas? Avouez que pour les membres de la NVA c'est un paradoxe. Sauf si on se rappelle que c'est la Flandre qui paye le gros des factures...

  • Posté par Beuken Sébastien, jeudi 19 juillet 2018, 20:49

    "Le pays ne s'en porte pas plus mal" ? Argumentez, mon cher... En quoi ? Moins de pauvreté ? Une répartition des richesses plus égalitaire ? Un meilleur taux d'emploi ? Et quel impact de chacun de ces éléments par rapport aux autres ? Qui manque donc d'objectivité ?

  • Posté par Gratter Poil, jeudi 19 juillet 2018, 20:02

    Cet article manque cruellement d’objectivité. La dégressivité des allocations est un moinsre mal par rapport à leur limitation dans le temps. Les heureux bénéficiaires qui vivent au crochet de notre société feraient bien de s’estimer heureux car dans certains pays - comme l’Italie - les allocations de chômage n’existent tout simplement pas. Et le pays ne s’en porte pas plus mal.

  • Posté par Didier Marc, jeudi 19 juillet 2018, 19:17

    jueste la corse derrière les néo-libéraux de la Nva . a vomir. j'espère que les travailleurs, tous les travailluers vont se réveiller et descendre dans la rue!!!!

  • Posté par Capart Jacqueline, vendredi 20 juillet 2018, 12:45

    Moi aussi j’espère que tous les travailleurs vont descendre dans la rue, contre cette politique néolibérale qui ne sert que les riches.

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Éditos

Piqûre de rappel

L’injection de la troisième dose est enfin au centre de la stratégie et considérée comme l’élément qui va permettre de continuer à vivre quand même un peu normalement.

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs