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Affaire Benalla: la presse française dénonce le principe du «pas vu pas pris» appliqué par l’Elysée

La presse est aussi bien choquée par la réaction de l’Elysée que par la sanction imposée au collaborateur.

Temps de lecture: 4 min

Après la publication d’une vidéo montrant un collaborateur d’Emmanuel Macron frappant un manifestant, et devant le silence d’Emmanuel Macron, la presse vendredi dénonce le principe du « pas vu pas pris » appliqué par l’Elysée jusqu’aux révélations du Monde mercredi.

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« Gare au Gorille » s’amuse Libération en Une alors que son directeur Laurent Joffrin s’étonne qu’il soit « plus grave, selon les critères du nouveau monde, de s’acharner sur une paire de chaussures que sur un manifestant à terre ».

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Après la communication calamiteuse de l’Elysée relevée par l’ensemble de la presse, Guillaume Tabard ironise dans Le Figaro  : « décidément, Jupiter n’est pas Mercure » et rappelle que « sans les révélations du Monde, cette affaire en serait restée là, en application du bon vieux principe ‘pas vu pas pris’. »

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« Une très gênante affaire » pour le Parisien qui note que « la stratégie de défense de l’Elysée est donc de faire le dos rond ».

Dans Les Echos, Isabelle Ficek voit « l’Elysée dans la tourmente » et juge que « comme tétanisés, les responsables de la majorité ne se sont pas bousculés pour monter en défense. »

L’Opinion décrit une « Macronie tétanisée », alors que Nicolas Beytout affirme que « cette tache est d’autant plus voyante qu’elle vient marquer une République autoproclamée inflexible sur la déontologie, intraitable sur la transparence, intransigeante sur la probité. »

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« Pourquoi a-t-il fallu attendre que cette vidéo soit postée sur le site du Monde pour que la justice soit enfin saisie ? », s’interroge François Ernenwein dans La Croix.

Dans L’Humanité, Laurent Mouloud rappelle qu’au « lendemain d’un 1er mai brutalisé, le président accablait les manifestants » et dénonce « le degré d’hypocrisie dont elle (la macronie) est prête à faire preuve pour la (la violence institutionnelle) dissimuler ».

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Jean-Marcel Bouguereau (la République des Pyrénées) évoque « le silence assourdissant d’Emmanuel Macron » qui a fini par lâcher un simple La République est inaltérable. « Le problème en l’occurrence n’est pas qu’elle soit inaltérable, mais qu’elle reste exemplaire », prévient l’éditorialiste.

Dans Sud-Ouest, Bruno Dive se fait railleur : « on a beau tenir à distance les journalistes pour éviter qu’ils ne racontent une +présidence de l’anecdote+, on se retrouve trahi par un conseiller casqué, et embarqué dans une présidence de l’anicroche. »

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« En tout cas, ce n’est pas l’idée que l’on se faisait du nouveau monde à la mode Macron », note Stéphane Bugat du Télégramme.

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Dans L’Est Républicain, Alain Dusart se demande comment le président « peut-il faire des leçons à la terre entière, et fermer les yeux » et avoue que « le sentiment d’impunité de l’Élysée, donc du patron, inquiète ».

Dans La Nouvelle République du Centre ouest, Bruno Bécard fait chorus : « Quand à peine élu, on se permet de remettre au pas son chef d’état-major des armées, on doit pour le moins concevoir un cabinet présidentiel en état de marche ».

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« Qu’enfin, on ait tenté de contenir l’affaire dans les bureaux de la présidence – pour ne pas dire qu’on a essayé de l’étouffer – est indigne d’une République qui se prétend ‘inaltérable’», s’indigne Bernard Maillard dans les colonnes du Républicain Lorrain.

Qaunt à la sanction infligée au conseiller il y aurait « de quoi faire rire tout le pays quand la moindre erreur d’un salarié peut mener au licenciement », s’agace Laurent Bodin dans L’Alsace regrettant lui aussi « la stratégie du ‘pas vu, pas pris’» de l’Elysée.

Dans la Charente Libre Maurice Bontinck assène que si « Benalla n’est pas encore le nom d’une affaire d’État » c’est déjà celui « d’un ridicule qui ne tue pas la République mais la blesse. À coups de poings et d’impunité. »

Enfin dans La Presse de La Manche, Jean Levallois prévient qu’en « pareil cas, tout dirigeant politique doit faire le ménage vite et bien », et considère que c’est « toute la différence entre un politique expérimenté et un novice ». « François Hollande avait suffisamment de métier pour savoir se séparer d’un collaborateur qui lui causait du tort », conclut-il.

 

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