Affaire Benalla: la presse française dénonce le principe du «pas vu pas pris» appliqué par l’Elysée

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Après la publication d’une vidéo montrant un collaborateur d’Emmanuel Macron frappant un manifestant, et devant le silence d’Emmanuel Macron, la presse vendredi dénonce le principe du « pas vu pas pris » appliqué par l’Elysée jusqu’aux révélations du Monde mercredi.

« Gare au Gorille » s’amuse Libération en Une alors que son directeur Laurent Joffrin s’étonne qu’il soit « plus grave, selon les critères du nouveau monde, de s’acharner sur une paire de chaussures que sur un manifestant à terre ».

Après la communication calamiteuse de l’Elysée relevée par l’ensemble de la presse, Guillaume Tabard ironise dans Le Figaro  : « décidément, Jupiter n’est pas Mercure » et rappelle que « sans les révélations du Monde, cette affaire en serait restée là, en application du bon vieux principe ‘pas vu pas pris’. »

« Une très gênante affaire » pour le Parisien qui note que « la stratégie de défense de l’Elysée est donc de faire le dos rond ».

Dans Les Echos, Isabelle Ficek voit « l’Elysée dans la tourmente » et juge que « comme tétanisés, les responsables de la majorité ne se sont pas bousculés pour monter en défense. »

L’Opinion décrit une « Macronie tétanisée », alors que Nicolas Beytout affirme que « cette tache est d’autant plus voyante qu’elle vient marquer une République autoproclamée inflexible sur la déontologie, intraitable sur la transparence, intransigeante sur la probité. »

« Pourquoi a-t-il fallu attendre que cette vidéo soit postée sur le site du Monde pour que la justice soit enfin saisie ? », s’interroge François Ernenwein dans La Croix.

Dans L’Humanité, Laurent Mouloud rappelle qu’au « lendemain d’un 1er mai brutalisé, le président accablait les manifestants » et dénonce « le degré d’hypocrisie dont elle (la macronie) est prête à faire preuve pour la (la violence institutionnelle) dissimuler ».

Jean-Marcel Bouguereau (la République des Pyrénées) évoque « le silence assourdissant d’Emmanuel Macron » qui a fini par lâcher un simple La République est inaltérable. « Le problème en l’occurrence n’est pas qu’elle soit inaltérable, mais qu’elle reste exemplaire », prévient l’éditorialiste.

Dans Sud-Ouest, Bruno Dive se fait railleur : « on a beau tenir à distance les journalistes pour éviter qu’ils ne racontent une +présidence de l’anecdote+, on se retrouve trahi par un conseiller casqué, et embarqué dans une présidence de l’anicroche. »

« En tout cas, ce n’est pas l’idée que l’on se faisait du nouveau monde à la mode Macron », note Stéphane Bugat du Télégramme.

Dans L’Est Républicain, Alain Dusart se demande comment le président « peut-il faire des leçons à la terre entière, et fermer les yeux » et avoue que « le sentiment d’impunité de l’Élysée, donc du patron, inquiète ».

Dans La Nouvelle République du Centre ouest, Bruno Bécard fait chorus : « Quand à peine élu, on se permet de remettre au pas son chef d’état-major des armées, on doit pour le moins concevoir un cabinet présidentiel en état de marche ».

« Qu’enfin, on ait tenté de contenir l’affaire dans les bureaux de la présidence – pour ne pas dire qu’on a essayé de l’étouffer – est indigne d’une République qui se prétend ‘inaltérable’», s’indigne Bernard Maillard dans les colonnes du Républicain Lorrain.

Qaunt à la sanction infligée au conseiller il y aurait « de quoi faire rire tout le pays quand la moindre erreur d’un salarié peut mener au licenciement », s’agace Laurent Bodin dans L’Alsace regrettant lui aussi « la stratégie du ‘pas vu, pas pris’» de l’Elysée.

Dans la Charente Libre Maurice Bontinck assène que si « Benalla n’est pas encore le nom d’une affaire d’État » c’est déjà celui « d’un ridicule qui ne tue pas la République mais la blesse. À coups de poings et d’impunité. »

Enfin dans La Presse de La Manche, Jean Levallois prévient qu’en « pareil cas, tout dirigeant politique doit faire le ménage vite et bien », et considère que c’est « toute la différence entre un politique expérimenté et un novice ». « François Hollande avait suffisamment de métier pour savoir se séparer d’un collaborateur qui lui causait du tort », conclut-il.

 
 
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