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Climat: la planète perd la boule, entre pics de chaleur et déluges

Des températures supérieures à 35 degrés ont été enregistrées en Europe du nord. Ces dernières semaines, des pluies diluviennes sont tombées en différents endroits du globe. La faute au réchauffement climatique et au « courant-jet » devenu « paresseux ».

Décodage - Journaliste au service Forum Temps de lecture: 4 min

La Terre cuit. Elle a soif.

Il y a trois mois, Le Cap faisait l’actualité. La ville sud-africaine échappait de peu au « jour zéro » et à la fermeture des robinets d’eau promis au terme de trois années de sécheresse. La Corse avait soif elle aussi. Tout comme Madrid, qu’un manque de précipitations avait mis à sec.

Aujourd’hui, ce sont des pays pour le moins inattendus qui souffrent. La Norvège bat les records de chaleur. Des températures supérieures à 30 degrés ont été signalées en plusieurs endroits. Davantage que dans certains pays situés plus au sud. « Je n’ai jamais vu cela auparavant », commente le météorologue David Dehenauw, de l’Institut royal météorologique. En fin de semaine dernière, la Suède a fait face à une cinquantaine d’incendies, avec des températures atteignant jusqu’à 35 degrés. L’approvisionnement en eau potable pose problème en Flandre en raison d’un déficit de précipitations. Le gouverneur du Brabant flamand a publié un arrêté de police qui sanctionne dès ce lundi l’utilisation d’eau superflue dans quinze communes.

Le réchauffement climatique et la demande croissante en eau qu’engendre l’expansion démographique sont pointés du doigt. Ils augurent d’un temps où l’or bleu se fera plus rare. « Il est de plus en plus important que nous valorisions l’eau comme une ressource précieuse, qu’il ne faut ni gaspiller ni polluer », estime la Banque mondiale. Moins d’eau signifie une désertification qui va s’accentuant (1,9 milliard d’hectares de terres agricoles se dégradent) et une sécurité alimentaire en péril.

L’Afrique, l’Asie, le sud de l’Australie, certaines parties des Etats-Unis concentrent l’essentiel du stress hydrique. Quatre personnes sur dix souffrent de pénurie d’eau dans le monde, selon l’Organisation des Nations unies, qui prévoit la poursuite de cette dégradation sous l’effet du changement climatique. Les villes moyennes, moins bien équipées, sont susceptibles d’être davantage touchées ; or, 54 % de la population mondiale est urbaine. Cette proportion devrait croître de 60 % à 92 % d’ici à la fin du siècle, selon les différentes estimations.

L’Europe « se méditerranéise »

Entre Europe, Afrique et Asie, la Méditerranée voit s’accentuer son processus d’aridification. La « méditerranéisation » de l’Europe, la poussée du climat méditerranéen vers le nord, serait en marche. De longs épisodes de chaleur alterneront avec de fortes pluies entre la Loire et le Danemark, même si ces dernières seront davantage concentrées durant les périodes d’hiver. Ces régions étant densément peuplées – et parmi elles la Belgique –, la forte demande d’eau pourrait y engendrer la pénurie.

D’autres régions du globe connaissent de fortes pluviosités. Inondations et glissements de terrain viennent de tuer quelque 200 personnes à l’ouest du Japon. Début juillet, des pluies torrentielles ont noyé la province du Shaanxi, au nord-ouest de la Chine. Ce ne sont que quelques exemples.

Cette météo à deux vitesses mérite un mot d’explication.« Le changement climatique contribue à rendre “paresseux” le courant-jet qui circule rapidement en temps normal dans l’atmosphère à une dizaine de kilomètres d’altitude, selon le météorologue David Dehenauw. Cette perte de mobilité favorise des épisodes météorologiques longs et homogènes. Un anticyclone restera ainsi plus longtemps sur place, ouvrant sur une longue période de chaleur et peut-être de sécheresse pour la région qu’il domine. Des dépressions pratiquement immobiles contribueront au contraire à une pluviosité accrue, pouvant conduire à terme à des inondations. »

Sans surprise, l’eau sera toujours plus précieuse dans les décennies à venir. Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) estimait que « les changements climatiques amplifient les disparités régionales en matière de ressources naturelles et de moyens économiques ». Quant aux risques sanitaires liés aux vagues de chaleur et à la fréquence accrue des incendies, « ils devraient être amplifiés par les changements climatiques ».

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4 Commentaires

  • Posté par Bachelart Bernard, mardi 24 juillet 2018, 16:43

    Voyons ce qu'indiquent les mesures satellitaires globales de température: http://images.remss.com/msu/msu_time_series.html Mince, il fait moins chaud sur la planète en 2018 que 20 ans plus tôt, en 1998. Il faudrait que l'auteur précise de quelle partie du rapport du GIEC il extrait des phrases. Du rapport scientifique ou du résumé pour (par?) les décideurs?

  • Posté par Léonard Jean-luc, lundi 23 juillet 2018, 16:03

    Science-fiction.

  • Posté par Tanghe Michel, lundi 23 juillet 2018, 12:06

    Il n'y a pas de réchauffement climatique ! C'est Donald qui me l'a dit !...

  • Posté par Moulin Pierre, lundi 23 juillet 2018, 10:22

    Le fait que la Flandre ait une politique climatique différente de la Wallonie et de Bruxelles montre à quel point nos hommes et femmes politiques sont loin de la réalité. Ils sont dans leur univers ... Au secours le bon sens !!!

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