Collomb assure ne pas avoir été prévenu de la présence de Benalla le 1er mai

Gérard Collomb a assuré lundi ne pas avoir été prévenu avant le 1er mai de la présence d’Alexandre Benalla et de Vincent Crase comme observateurs avec la police et a assuré qu’il ne « savait pas » qui les avait « invités ».

« Je n’ai jamais été informé. Je n’ai constaté qu’a posteriori qu’effectivement les deux observateurs (…) étaient présents sur les lieux et s’étaient rendus ensuite, d’ailleurs de manière à mon avis inopportune, dans la salle de commandement où j’étais allé regarder avec le préfet de police la suite des opérations », a déclaré le ministre de l’Intérieur lors d’une audition par la commission des Lois de l’Assemblée nationale.

Interrogé par Jean-Christophe Lagarde, coprésident des UDI-Agir-Indépendants, sur le fait de savoir qui avait « invité » les deux hommes sur cette opération, le ministre a répondu : « Je n’en sais rien. Le préfet de police devait être au courant ».

Un peu plus tard, il a souhaité « rectifier » ses propos en disant : « C’était la préfecture de police qui était sans doute informée de la venue sur la manœuvre de M. Benalla, pas forcément le préfet de police lui-même ».

« Ce qu’on me dit, c’est qu’en tout cas, le chef d’État-major était au courant du fait qu’il devait participer à la manifestation en tant qu’observateur. Il a donc été accueilli le matin du 1er mai, il lui a été remis un casque au moyen de protection – ce sont les notes de l’IGPN [la police des polices, NDLR] – et en l’état de la mission, il semble que ni le brassard de police ni le poste de radio ne lui ont été remis à cette occasion », a-t-il précisé.

« M. Benalla était accompagné d’une personne qu’il a présentée comme un collaborateur, M. Crase, ils ont ensuite été pris en charge par un major de police qui les a conduits sur les lieux de la manœuvre. À la fin de la mission, le major avec ses deux accompagnateurs, a regagné (…) la préfecture de police », a-t-il ajouté.

Répercussions politiques

M. Collomb avait, plus tôt, affirmé qu’à l’avenir il souhaitait que les observateurs portent des tenues différentes afin de les distinguer des forces de l’ordre.

« Ce que j’ai demandé dans l’enquête de l’IPGN, c’est peut-être justement qu’il y ait une différence, pour qu’on ne confonde plus entre les observateurs et les forces de police, c’est-à-dire qu’ils soient équipés d’un habit différent de manière à ce que chacun sache qui, effectivement, dans une opération, relève des forces de sécurité et qui est là simplement en tant qu’observateur », a affirmé le ministre.

Les vidéos montrant Alexandre Benalla, un proche collaborateur d’Emmanuel Macron, en train de frapper et malmener des manifestants le 1er mai à Paris alors qu’il accompagnait les forces de l’ordre en tant qu’« observateur » (mais avec brassard et casque de policier), ne cessent d’avoir des répercussions politiques, allant jusqu’à paralyser l’Assemblée.

M. Benalla, conseiller de 26 ans, l’employé de LREM Vincent Crase, avec lui en cette Fête du travail, et trois hauts gradés de la police soupçonnés de lui avoir transmis des images de vidéo-surveillance de l’incident, ont été mis en examen dimanche soir.

 
 
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