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Port d’arme accordé à Benalla: le préfet de police «assume» ne pas en avoir avisé Collomb

Michel Delpuech a affirmé lundi, lors de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, avoir autorisé Alexandre Benalla à porter une arme.

Temps de lecture: 3 min

Le préfet de police de Paris Michel Delpuech «assume» avoir autorisé Alexandre Benalla à porter une arme, sans que le cabinet du ministre de l’Intérieur n’en soit avisé, comme l’a indiqué Gérard Collomb, a-t-il dit lors de son audition par la commission des Lois de l’Assemblée nationale lundi.

Pendant son audition lundi matin devant cette même commission, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait affirmé qu’une autorisation de porter une arme pour M. Benalla avait été prise, dans «un arrêté du préfet de police», et que son cabinet «n’en avait pas été avisé».

Michel Delpuech a expliqué avoir autorisé le port d’arme de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron après une demande de l’Elysée, «dans le cadre des fonctions liées à la sécurité qu’exerçait M. Benalla».

«Dès lors que l’Elysée avait relayé auprès de moi cette demande, sans faire pression, en me laissant le soin d’apprécier et d’apprécier seul, j’assume cette responsabilité, personnellement».

«Il y a deux régimes juridiques différents», a précisé le préfet, l’un relevant de la compétence du ministre de l’Intérieur, quand il s’agit de «répondre aux besoins de personnalités menacées», et le port d’armes lié aux fonctions.«Ca, c’est des compétences préfectorales. C’est sur ce plan qu’est intervenue la décision que j’ai prise».

« Pas les conditions requises »

Durant son audition, Gérard Collomb avait lui indiqué que M. Benalla avait«sollicité à plusieurs reprises les services du ministère de l’Intérieur pour obtenir une autorisation de port d’arme, la première fois en 2013, en janvier 2017 — donc avec mes prédécesseurs — et enfin en juin 2017 auprès de mon cabinet».

«Toutes ces demandes ont été refusées car M. Benalla ne remplissait pas les conditions requises, l’exposition à des risques exceptionnels d’atteinte à sa vie, pour se voir délivrer une telle autorisation ministérielle», a poursuivi M. Collomb.

«Toutefois, par un arrêté du préfet de police du 13 oct 2017, M. Benalla s’est vu délivrer une autorisation de port d’arme sur un autre fondement du code de la sécurité intérieure, sans que mon cabinet n’en ait été avisé. Je l’ai découvert mercredi dernier», a-t-il assuré.

«En outre, M. Benalla avait été autorisé par le préfet de police au moment de la campagne électorale, à détenir une arme uniquement dans les locaux du siège de la campagne. Cette autorisation a expiré», a-t-il conclu.

Les vidéos montrant Alexandre Benalla, un proche collaborateur d’Emmanuel Macron, en train de frapper et malmener des manifestants le 1er mai à Paris alors qu’il accompagnait les forces de l’ordre en tant qu’«observateur» (mais avec brassard et casque de policier), ne cessent d’avoir des répercussions politiques, allant jusqu’à paralyser l’Assemblée.

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