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Vague de chaleur: doit-on s’attendre à des feux de forêts en Belgique?

La vague de chaleur qui traverse le pays affecte les cultures et les prairies, mais rend aussi certaines zones plus sensibles à des risques d’incendie. Mardi, la Flandre a pris des mesures complémentaires contre la sécheresse en décrétant l’alerte orange.

Décodage - Journaliste au service Société Temps de lecture: 5 min

La vague de chaleur qui traverse le pays rend certaines zones plus sensibles à des risques d’incendie, comme les forêts de résineux, les Fagnes et la lande anversoise. La situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains jours.

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Une sécheresse qui s’aggrave

Depuis le début du mois de juin, la pluie fait globalement défaut en Belgique. L’Institut royal météorologique (IRM) tempère toutefois l’impact actuel de la sécheresse, à l’exception du nord-ouest du pays. Ailleurs, la situation est qualifiée de « normale » à « sèche ».

Mais dans les prochains jours, à la suite de l’augmentation des températures et des faibles précipitations prévues (sauf peut-être entre vendredi et dimanche), la situation devrait se dégrader, selon les prévisions à dix jours effectuées par l’IRM. La carte que propose l’institut met en évidence une extension de la zone « extrêmement sèche » à l’ensemble de la Flandre, au Brabant wallon, au Hainaut et au nord de la province de Namur.

secheresse

La catégorie « extrêmement sèche » est établie par rapport à une période de référence climatologique allant de 1981 à 2010. La prévision a été calculée sur la base du cumul de précipitations des 80 derniers jours et de celles qui sont prévues pour les dix prochains jours. Début août, la sécheresse devrait ainsi atteindre le niveau de celle de 1976, non pas à son pire moment, mais à la même période de l’année.

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Des zones inflammables

La sécheresse affecte les cultures et les prairies, mais aussi les forêts. La Belgique pourrait-elle connaître des feux de forêt comme dans les pays du sud ou en Suède ? Selon le capitaine des pompiers de Liège, Olivier Giust, même si le pays compte beaucoup de forêts de feuillus denses et humides, plus la sécheresse augmente, plus le risque est grand : «  Avec la sécheresse, il y a des risques de feux rampants pour les sous-bois. En période de moissons, les champs très secs deviennent également des surfaces inflammables. » Les principales zones à risque sont les Fagnes, l’Ardenne et la lande anversoise, poursuit le pompier.

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« Les forêts de résineux sont très inflammables. La résine, en chauffant, explose et projette des flammèches jusqu’à des dizaines de mètres », complète son collègue bruxellois Eric Labourdette, président du secteur Zones de secours du SLFP, le Syndicat libre de la fonction publique.

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Des forêts relativement épargnées

S’il y a déjà eu plusieurs incendies à déplorer cette année, Michel Terlinden, directeur d’Amifor, la principale compagnie d’assurance belge contre les incendies de forêt, estime que le pays s’en tire actuellement plutôt bien : « Pour le moment, il n’y a pas encore eu de feu de forêt parmi mes clients, déclare l’assureur. Il y a des années aussi sèches que celle-ci où il y en a beaucoup plus. » C’est notamment le cas de l’année 1976 et de l’année 1996, les deux années les plus sèches depuis 1970. A titre de comparaison, en 1976, rien que dans les forêts des clients d’Amifor, seize incendies s’étaient déclarés.

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Quelle formation pour les pompiers ?

La Belgique compte trente-cinq zones de secours où sont répartis quelque 17.500 pompiers (volontaires et professionnels). Mais à part dix pompiers récemment formés en France au grade de chef de colonne pour gérer les feux de forêt (dont le capitaine Giust), nulle formation spécifique n’est actuellement dispensée. « En cas d’incendie d’ampleur moyenne, tout officier est capable de le gérer, rassure Olivier Giust. Mais c’est vrai que c’est un peu plus compliqué pour un feu de forêt. Or, cette problématique devient de plus en plus présente. C’est pourquoi le SPF Intérieur a enclenché cette procédure feu de forêt. En tant que chefs de colonne, nous sommes à même de gérer plusieurs dizaines de véhicules, des centaines de pompiers et des moyens aériens. »

« On a des formations en tout genre, mais rien sur les feux de forêt, tempête Eric Labourdette. Ici, on est toujours peu alarmistes jusqu’au jour où… N’oublions pas la Suède ! Ils n’ont pas l’habitude des feux de forêt et sont dépassés. Personne n’est à l’abri ! On m’apprend qu’une formation est sur les rails, c’est quand même fou qu’il ait fallu attendre sept ans après le spectaculaire incendie des Fagnes en avril 2011 ! », accuse-t-il. Son appel a été entendu, mais les cours ne devraient pas être dispensés avant l’année prochaine… « La procédure feu de forêt a été validée en juin, nous commençons à écrire les cours », répond Olivier Giust.

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Les mesures de prévention pour les propriétaires

Face au danger des flammes, les propriétaires de forêts (qu’ils soient publics ou privés) sont encouragés à prendre une série de mesures de prévention. La forêt doit être entretenue et il faut prévoir des coupe-feu, zones enherbées entre les arbres. Ce sont d’ailleurs les conditions fixées par la compagnie Amifor pour pouvoir bénéficier de son service d’assurance. Elle encourage en outre les propriétaires à sensibiliser les usagers aux risques d’incendies, en expliquant aux camps de jeunesse le danger de faire du feu dans les prairies sèches et en placardant des affiches à l’entrée des bois.

 

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