Un hôtel d’une simplicité toute méditerranéenne

Le jardin du Blu Hotel donne sur le port de Lavagna, le plus grand port de plaisance d’Europe.
Le jardin du Blu Hotel donne sur le port de Lavagna, le plus grand port de plaisance d’Europe. - D.R.

Il tenait un magasin de design dans le centre de Milan. Elle était responsable de la boutique Flamant au Corso Magenta, toujours à Milan, un quartier où vit encore aujourd’hui l’aristocratie et ce qui reste de la noblesse milanaise. Il est originaire du Frioul, elle est née à Naples.

Un beau jour, ils décident de quitter la capitale lombarde. Trop bruyante, trop polluée, trop stressante. Lui cède son magasin en 2015. Un an plus tard, quand Flamant décide de fermer boutique en Italie, elle se dit que c’est un signe du destin. Habitués à passer leurs vacances sur la côte ligure, ils dénichent un vieil hôtel fermé depuis deux ans à Lavagna, une petite ville côtière idéalement située entre les Cinque Terre et Gênes.

Ainsi débute l’histoire de Patrizio et Rosaria Pandolfi, un couple de cinquantenaires qui ont décidé de changer de vie. Dans le carnet de contacts de Rosaria figure celui de Gerda Vossaert, une architecte belge qui s’est installée sur les bords du lac de Côme il y a 35 ans. « Elle travaillait beaucoup avec les clients de chez Flamant. Quand Fabrizio et moi avons décidé d’acheter l’hôtel, nous nous sommes naturellement tournés vers elle. Et franchement, heureusement qu’elle a été là, sinon je ne sais pas comment nous aurions fait… », raconte aujourd’hui Rosaria.

Le résultat peut être admiré dans cet endroit tranquille, avec vue sur le plus grand port de plaisance d’Europe, où les yachts les plus tape-à-l’œil côtoient les barques les plus modestes, comme celles des pêcheurs qui prennent le large chaque matin. La demeure a été agrandie. De 9 chambres, le « Blu Hotel » est passé à 11, dont 4 avec vue sur la colline, les autres faisant face au port.

Tout a été refait, à l’exception des escaliers dont on peut encore admirer le marbre et le garde-corps en fer forgé. « Il nous faudrait 30 ans pour rentrer dans nos frais, explique, sourire aux lèvres, la propriétaire. Mais l’envie de changer d’air était trop forte. Ici, nous travaillons d’arrache-pied du matin au soir, sept jours sur sept, pour satisfaire les désirs de nos clients, mais c’est une activité qui nous plaît énormément… »

Entièrement refait lui aussi, le toit est garni de panneaux solaires. L’air conditionné a été installé, la plomberie et l’électricité ont été mises aux normes, autrement dit il a fallu tout refaire et quelques fenêtres de la façade arrière ont même été agrandies. « Le tout a été réalisé en 10 mois grâce à un hiver particulièrement clément, se souvient Fabrizio qui ne peut s’empêcher de pester contre l’administration italienne. Trois héritiers se partageaient l’ancien hôtel, ce qui a fameusement compliqué l’opération de rachat, mais ce n’est rien à côté des tracas auxquels nous avons dû faire face pour l’obtention des permis. Scandaloso  ! »

La simplicité, meilleure voie vers la perfection

Ne proposant pas une réception de nuit, le Blu Hotel a été classé trois étoiles, mais il est clair qu’il mérite davantage tant les finitions et le confort frôlent la perfection. Le tout a été réalisé en se basant sur une formule souvent gagnante : la simplicité. Car ici, rien n’est ostentatoire. On aperçoit çà et là quelques objets de décoration Flamant qui rappellent que l’hôtel est planté dans une cité balnéaire mais pour le reste, le mobilier est dans l’ensemble peu coûteux mais toujours de bon goût.

Le bleu utilisé pour les murs intérieurs (dans les chambres avec vue mer) et les façades participent à l’ambiance. « Je voulais absolument utiliser les couleurs que nous vendions dans ma boutique, se souvient Rosaria, car elles procurent un effet tridimensionnel et une sensation de velours sur les murs. Regardez la couleur choisie par Gerda pour la salle du petit-déjeuner. Elle est juste splendide… »

L’hôtel n’ayant pas de restaurant, Rosaria apporte une attention particulière au petit-déjeuner. « Dans la mesure du possible, je fais toutes les pâtisseries moi-même, annonce-t-elle. J’ai voulu cet endroit comme une maison où je reçois mes amis. Même s’il faut rester distant pour ne jamais sembler intrusif, j’aime penser que les clients se sentent comme chez eux. »

Le savoir-faire de l’architecte belge s’est prolongé dans la réfection du jardin, un coin où règnent beauté, simplicité et encore et toujours tranquillité. « Tous les soirs d’été, nous organisons l’aperitivo dans le jardin, raconte Rosaria. Tout le monde peut venir, nos clients comme les gens de l’extérieur. L’activité portuaire nous amène du monde. C’était inattendu. »

En ce jour de printemps où le soleil réchauffe enfin la région, le jasmin embaume généreusement la terrasse. Les narines sont en alerte, les papilles gustatives aussi grâce au Spritz et au Prosecco servis sans modération et toujours accompagnés de spécialités maison à grignoter.

Rosaria et Fabrizio savent mieux que quiconque que le succès d’un hôtel tient d’abord à sa localisation. Et ici, ils sont servis. La gare de chemin de fer qui donne accès aux Cinque Terre est à cinq minutes à pied. « La proximité de ces lieux magnifiques, mais aussi de Portofino, nous permet d’ouvrir toute l’année, avouent-ils. Mais la région compte d’autres villages qui valent le détour : Rapallo, Sestri Levante, Zoagli ou Santa Margherita Ligure. Tout le monde y trouve son compte, les amateurs de mer mais aussi de montagne. »

A l’exception du mois d’août qui est celui des Italiens, le Blu Hotel est fréquenté par une clientèle essentiellement étrangère. Suisses, Allemands, Norvégiens, Finlandais, Français, Anglais et… Belges ont contribué jusqu’ici à la réussite d’une adresse appelée à faire parler d’elle. Le 10 juin 2017, jour de l’inauguration, Fabrizio et Rosaria étaient loin d’imaginer un carnet des réservations souvent bien rempli. « La fatigue se fait parfois cruellement ressentir, on mentirait si on disait le contraire, mais le succès nous rend si fiers et heureux… »

Palette dépolluante

Par Paolo Leonardi

La maison Flamant doit une partie de sa renommée aux teintes de ses peintures murales. Depuis 2007, elle s’est associée à Tollens, le spécialiste de la couleur, pour créer 7 nouvelles teintes. Pour 2018, la palette se décline autour de trois bleus lumineux, Splash (bleu turquoise), Paradiso (bleu transparent) et Blue Jeans (bleu indigo), de deux teintes bucoliques, Marais (vert argile) et Delicioso (rose délicat), et de deux basiques apaisants en demi-teintes, Orage (bleu-gris) et Rouge Martine (bordeau). Au total, il y a aujourd’hui 128 couleurs qui se déclinent en trois finitions. Notons que la finition Wall Matt (mate) est dépolluante. Tollens assure une efficacité entre 7 et 20 ans selon le niveau de pollution.

Cinq pures merveilles dans un mouchoir de poche

Par Paolo Leonardi

Les Cinque Terre sont à découvrir de préférence hors juillet et août, à moins que vous n’aimiez la foule...
Les Cinque Terre sont à découvrir de préférence hors juillet et août, à moins que vous n’aimiez la foule... - D.R.

Pour ceux qui ne connaissent pas les Cinque Terre, petit coin de paradis situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Gênes, il est plus que temps de programmer un séjour pour partir à la découverte de ces cinq villages accrochés à la falaise qu’on ne se lasse pas de prendre en photo.

Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore présentent chacun des différences mais ils ont tous un port de pêcheurs avec pour autre point commun celui d’offrir des vues à couper le souffle sur la mer Ligure.

La balade se fait en train (oubliez la voiture), mais des sentiers permettent de relier les villages entre eux. Attention, certains sont fermés depuis plusieurs années à cause d’éboulements de terrains… jamais réparés. Renseignez-vous avant de vous lancer. Des liaisons par bateau (hautement recommandées) sont également possibles.

Une chose est sûre : où que vous alliez, vous ne serez jamais seuls. On ne peut que vous conseiller de vous aventurer autant que possible hors des sentiers battus. Dans les Cinque Terre, les touristes abondent, en effet, pendant toute l’année mais c’est évidemment en été qu’ils sont les plus nombreux. Se promener dans les ruelles étroites peut devenir pénible, surtout si le thermomètre s’affole.

Quant au village de Portofino, le « Saint-Tropez italien », il vaut lui aussi le détour. Un conseil : laissez la voiture dans un parking de Santa Marguerita Ligure (10 euros pour 4 heures) et faites les 4 kilomètres à pied le long de la côte, ou prenez le bateau (12 euros aller-retour). L’entrée dans le port de Portofino n’en sera que plus saisissante. Une fois sur place, poussez une pointe jusqu’au phare. Magnifique, il n’y a pas d’autre terme…

 
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