Points APE: Pierre-Yves Jeholet temporise jusqu’à fin 2019

© Le Soir/Sylvain Piraux
© Le Soir/Sylvain Piraux

Si ce n’est pas un recul, cela y ressemble quand même beaucoup : le ministre wallon de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR) vient d’annoncer un report au 1er janvier 2020 de l’entrée en vigueur de la phase transitoire de la réforme des aides à l’emploi APE, qui nourrit la polémique depuis plusieurs mois au sud du pays. A l’origine, cette phase transitoire devait débuter le 1er janvier 2019.

Attention ! La réforme en tant que telle n’est pas enterrée : son application définitive reste maintenue au 1er janvier 2021. La phase transitoire qui devait permettre aux 4.000 employeurs (pouvoirs locaux et non-marchand pour l’essentiel) et aux 60.000 travailleurs concernés de s’adapter passe donc de deux à un an. Autrement dit encore : le système actuel, celui des « points » appelé à disparaître, vivra intégralement jusqu’au 31 décembre 2019. D’ici là, rien ne change !

Temporisation

Le mot le plus adéquat pour qualifier cette décision est peut-être « temporisation ». Comme l’avait encore démontré notre récente interview du syndicaliste Thierry Bodson (FGTB), le débat risquait bien de rebondir en septembre. Au printemps déjà, les syndicats avaient réussi à mettre dans les rues de Namur plusieurs milliers de personnes opposées à la réforme. Difficile de soutenir une telle pression à un mois des élections communales alors que les pouvoirs locaux sont de gros employeurs APE.

La temporisation va bien au-delà des communales, elle sera aussi valable en vue des élections régionales de mai 2019. Le gouvernement MR-CDH a manifestement opté pour la prudence la plus élémentaire : ce dossier en forme de bombe à fragmentation en raison du nombre de personnes concernées risquait bien de pourrir les deux campagnes électorales successives du MR et de la majorité.

En gelant le dossier, le ministre Pierre-Yves Jeholet reconnaît qu’il veut « éviter toute précipitation au détriment des bénéficiaires des services et des travailleurs. » En fait, chaque employeur attend de connaître le montant exact de l’aide forfaitaire dont il bénéficiera et qui remplacera les fameux points APE. Chacun retient son souffle, même si le gouvernement rejette l’idée d’un ban de sang social.

L’exécutif se donne du temps pour informer pleinement les secteurs concernés et, souligne le ministre, pour permettre « aux employeurs de se préparer en meilleure connaissance de cause aux nouvelles modalités de la période transitoire et des dispositifs qui seront activés par les ministres fonctionnels pour pérenniser les aides dans les politiques structurelles adéquates. »

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Employeurs|Élections|Namur (prov. de Namur)
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