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L’abattage sur le lieu d’exploitation légalisé en Wallonie

Moins de stress pour les animaux. Le « tir au pré » entend aussi favoriser les circuits courts.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 2 min

La Foire agricole de Libramont a été l’occasion, pour le ministre wallon en charge du bien-être animal, Carlo di Antonio, de préciser que le « tir au pré » était intégré dans le nouveau Code wallon du bien-être animal, approuvé par le gouvernement le 19 juillet et qui sera soumis au Parlement dès la rentrée de septembre.

Une alternative

Le « tir au pré » permet aux éleveurs d’abattre leurs animaux sur les lieux d’élevage. Cette technique d’abattage, déjà d’application en Allemagne, en Suisse, en Suède et bientôt en France, entend offrir une alternative aux abattoirs traditionnels. Elle répond au souci de diminuer la charge de stress pour l’animal en lui évitant un long parcours vers l’abattoir et son exposition à un environnement qu’il ne connaît pas.

Selon Carlo di Antonio, cette légalisation du « tir au pré » entend aussi favoriser le développement des circuits courts, difficilement compatible avec la nécessité d’envoyer des bêtes dans des abattoirs distants parfois de plusieurs dizaines de kilomètres du lieu de l’exploitation.

Favoriser les circuits courts

Trois techniques sont envisageables : abattre l’animal dans le pré et transporter la carcasse dans un abattoir, opérer la découpe dans un petit abattoir installé chez l’éleveur, avoir recours à une unité mobile de découpe. Des arrêtés d’exécution devront déterminer les normes applicables, notamment en ce qui regarde la gestion des déchets. L’AFSCA interviendra également pour le volet sanitaire. En principe, l’abattage au pré de bovins n’est pas autorisé par l’Europe qui le réserve aux seules têtes vivant toute l’année en prairie. L’Allemagne a demandé des dérogations.

Les producteurs se déclarent favorables à cette technique, selon un rapport de Nature et Progrès qui explique, notamment, comme le système de « tir au pré » fonctionne à l’étranger. En Suisse, par exemple, l’éleveur abat son bétail depuis un affût, à environ 5 mètres de distance. Des unités mobiles d’abattage se déploient en Allemagne ou en Suède. Ces camions, qui demandent un investissement d’environ 500.000 euros, sont dotés de chambres froides et d’un atelier de découpe intégrés.

Une étude économique réalisée en Suède estime que le surcoût au kilo de viande produite selon cette technique serait de 1 euro pour la viande hachée et de 10 euros pour les pièces nobles. En Allemagne, si l’abattage se fait en prairie, la carcasse, si elle n’est pas traitée sur place, doit arriver dans un abattoir dans les 60 minutes suivant la mort de l’animal.

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