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L’Alpe d’Huez, talon d’Achille du Tour de France 2018

Le commentaire de Stéphane Thirion, notre envoyé spécial.

De notre envoyé spécial - Temps de lecture: 3 min

Prétendre que le Tour serait pourri en liminaire de ses premiers hectomètres ne relevait pas de la prétention, ni d’une collaboration opaque avec Madame Soleil. C’était simplement la vérité car cela s’est confirmé pendant trois semaines infâmes pour l’équipe du vainqueur, Geraint Thomas. La « fausse affaire Froome » est une absurdité notoire du cyclisme moderne à propos de laquelle les instigateurs font aujourd’hui profil bas. A l’exception d’une apparition à Sarzeau dont il est le maire, on a très peu vu, et encore moins entendu, le président de l’UCI, David Lappartient.

Personne ne lui reproche cela dit quoi que ce soit, sinon de n’avoir jamais condamné ou regretté la fuite inacceptable au sujet du « contrôle anormal » du Britannique pendant le Tour d’Espagne 2017. Ce contrôle est devenu public en sortant des bureaux du gouvernement du cyclisme. Il a été, ensuite, disséqué à la sulfateuse, sans la moindre retenue, jusqu’à atteindre le paroxysme de la désinformation. Entre sa reprise de la compétition à la Rutal del Sol le 14 février et la première semaine de juillet où son cas fut blanchi de manière irrévocable, Christopher Froome a été l’objet d’un procès sans jury, sans témoin, sans président. Pendu à la potence, brûlé vif sans jugement.

Avec la bénédiction sans retenue des détracteurs de l’ombre, ceux qui surfent et dénoncent de manière anonyme et donc peu courageuse. Avec l’appui d’un ancien champion comme Bernard Hinault, dont la position a choqué, c’est peu de l’écrire, le peloton des suiveurs, même les anti-Froome, et ils sont nombreux, parmi les journalistes. Avec, enfin, le point de vue d’ASO, l’organisateur, qui n’avait pas le choix dans cette situation alambiquée : prendre position et exiger des éclaircissements le plus tôt possible. Quitte à récuser le quadruple vainqueur de la plus grande course du monde. Quitte à allumer le barbecue improvisé des suiveurs éméchés au gros rouge qui tache. L’information du blanchiment définitif de Christopher Froome est intervenue bien trop tard. Elle n’a heureusement pas remis en cause sa victoire colossale au Giro mais cette situation, de manière globale, a perturbé son Tour.

Qui aurait résisté à cette pression insupportable ? Qui aurait toléré crachats, injures, jets d’œufs pourris, de bière, d’urine ? Des coups de poing comme à l’Alpe d’Huez ? Nous restons persuadés que Froome avait les jambes et les moyens pour réaliser le fabuleux doublé Giro-Tour. Tout était contre lui pour l’en empêcher. Les responsables, et ils se connaissent, en tireront les conclusions. Parmi eux, on ne citera même pas le public imbécile de l’Alpe d’Huez, les autres siffleurs anonymes qui jugent le cyclisme entre deux canettes et un joint d’herbe, la merguez en guise de cerveau. Ce Tour 2018 fut celui de l’opprobre général : avec peu de public, mais un public hostile. Cette situation, intolérable, nécessite la réflexion d’une troisième mi-temps durable parmi ceux qui ont jeté l’huile sur le feu : pour que le Tour redevienne populaire, pour que le Tour n’entende plus des sifflets comme dans un stade de football, pour que le Tour soit le plus grand événement cycliste du monde, il y a du boulot et il faut s’y mettre maintenant. Pour que le Tour 2019, au départ de la Grand-Place de Bruxelles soit une fête et non une mascarade, comme celle qui nous fut imposée à l’Alpe d’Huez où le vélo, ce jour-là, avait mal à son cyclisme.

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3 Commentaires

  • Posté par Lacroix André, lundi 30 juillet 2018, 16:12

    Et vive le Giro , bien plus intéressant , plus passionnant , et , cerise sur le gâteau , délivré de ces supporters français , débiles chauvins jusqu'à en devenir dangereux , de plus en plus nombreux chaque année sur les routes de cette grande foire commerciale qu'est devenu le Tour de France . Heureusement qu'il nous reste les images magnifiques de ce si beau pays qu'est la France .

  • Posté par Stampe Jérôme, lundi 30 juillet 2018, 11:17

    Je crains malheureusement qu'il faille attendre encore quelques mois, voire quelques années avant de connaître le vainqueur définitif de ce Tour de France 2018.

  • Posté par Jean-yves Le Carré, lundi 30 juillet 2018, 9:38

    Le pot belge vient au secours du dopage scientifique "brexit" ?

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