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Canicule, sécheresse…: «Nous ne sommes pas sur la bonne voie», met en garde un climatologue

Records de températures, chaleur intense, sécheresse,... le monde se déchaîne et en Belgique, nous vivons une situation assez exceptionnelle.

Temps de lecture: 3 min

Records de températures, chaleur accablante…, nous vivons en ce moment une situation météorologique assez exceptionnelle. « Normalement, nous avons des dépressions qui arrivent de l’Atlantique et qui nous amènent un temps plus humide, mais comme ce n’est pas le cas, c’est ce qui explique la sécheresse et les températures que nous connaissons en ce moment », explique Hugues Goosse, professeur de climatologie à l’UCL, au micro de la RTBF.

« D’un point de vue climatique, nous sommes dans une situation extrême, on a battu des records et ce n’est pas une situation habituelle pour la Belgique », précise-t-il.

Selon le climatologue, attribuer un seul événement de manière ferme et définitive au réchauffement climatique n’est pas correct. « C’est le réchauffement climatique qui augmente la probabilité des événements comme la sécheresse, la canicule… » Si on compare la sécheresse que nous vivons cet été avec celle de 1976, « c’est toujours la même situation anticyclonique et de températures élevées. Mais la différence, c’est que malheureusement, ces extrêmes ont tendance à se répéter », explique Hugues Goosse.

« Pour différentes régions dans le monde, les effets climatiques peuvent commencer à être dangereux et forcément, avec des températures plus élevées, cela va s’amplifier. Mais il n’y a pas une limite où l’on peut se dire que maintenant, c’est négligeable et que cela va être dramatique plus tard, donc effectivement, on commence déjà à avoir des problèmes dans certaines circonstances ».

Pas en bonne voie

En matière de « respect » des deux degrés annoncés lors de l’accord de Paris, « nous ne sommes pas sur la bonne voie », avertit Hugues Goosse. « Il faudrait des actions beaucoup plus fortes pour arriver aux deux degrés supplémentaires prévus par l’accord. »

A la question de savoir s’il est préférable d’être alarmiste envers la population, le climatologue estime qu’il est mieux « d’être honnête avec les gens et leur expliquer la situation ». « Si on est trop alarmiste alors que les deux prochains étés seront pourris, les gens vont se dire qu’on leur a fait peur mais que ce n’était pas vrai. Il faut qu’ils se rendent compte que le climat change. Il faut juste leur expliquer que les choses ne sont pas roses et que nous n’allons pas vers un meilleur avenir si les choses ne changent pas. Les solutions existent et sont là. Dans beaucoup de cas, on peut agir pour le climat avec des bénéfices à long et court terme ».

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6 Commentaires

  • Posté par Van Obberghen Paul, vendredi 3 août 2018, 10:56

    Les 2°C, on se les prendra quoi qu'il arrive et ça sera même certainement plus. Même si on arrêtait d'émetttre du CO2 complètement aujourd'hui, l'augmentation serait là tout de même. Parce qu'il y a tellement de CO2 en excès dans l'atmosphère que même un arrêt complet de l'émission ne permettrait pas à la nature d'en absorber suffisement pour arrêter la hausse. Evidemment, il faut tout faire pour diminuer les émissions (et nos gouvernements ne font pas tout, très loin de là) mais ce qu'il faut faire aussi, c'est de nous préparer matériellement à ces changements climatiques. Aussi bien structurellement (rehaussement des digues, usines de désalinisation de l'eau de mer,...) qu'à l'absortion des millions de réfugiés climatiques qui viendront aussi d'Europe du Sud en plus de ceux issus de l'Afrique et de l'Asie occidentale. Et là non plus, nos gouvernements ne font rien, ou pas grand chose. Reste à changer les mentalités et les comportement individuels, mais là, il y a peu de chances que cela arrive sans réelle catastrophe (plusieurs milliers de morts) qu'on puisse effectivement imputer au réchauffement climatique. Et il s'en trouvera toujours pour dire que ce réchauffement n'est pas dû à l'activité humaine. Mais cela n'aura de toutes manières pas d'importance parce qu'il sera trop tard de toutes manières. Le seul espoir est que les énergies renouvellables deviennent suffisement attractives financièrement pour une adoption massive aussi bien par la population que par les industries et les services publics. Mais avec des gouvernements qui décident d'arrêter le nucléaire existant (qui ne pollue pas mais reste potentiellement dangereux) et de construire de nouvelles centrales au gaz pour remplacer la capacité perdue, tout en refusant de taxer les pollueurs, il n'y a aucun risque que la population y trouve une inspiration pour le changement. Alors, je veux bien que les centrales TGV sont très efficaces et polluent moins, mais c'est toujours du CO2 en trop dans l'atmosphère alors qu'il faudrait au contraire en retirer. Et la séquestration du CO2 est beaucoup trop chère que pour être envisagée. On en ferait quoi du reste de ce CO2 séquestré? Bin oui, on est mal barré. La population ne s'en rend pas vraiment compte ou ne veut pas s'en rendre compte. Et ça ne date pas d'hier: depuis les années 60 on sait que le réchauffement climatique était innéluctable, et dû à l'activité humaine par la combustion des carburants fossiles. Voir le film "Soylent Green" ("Soleil vert", 1973).

  • Posté par Bachelart Bernard, vendredi 3 août 2018, 10:39

    « d’être honnête avec les gens et leur expliquer la situation » préconise le climatologue. Hé bien, voyons-là cette situation: http://images.remss.com/msu/msu_time_series.html Si l'on tire une horizontale depuis la valeur actuelle des températures globales, tout à droite du graphique, on constate que la plupart des années depuis 20 ans étaient plus chaudes que 2018. Les années 1998 et 2016 ont été bien plus chaudes à cause d'un phénomène marin El Niño exceptionnellement fort mais il n'y a pas eu de canicule ou de sécheresse particulière chez nous. En revanche, il est exact que la pollution par les oxydes d'azote, les particules fines et l'ozone sont inquiétantes, en particulier en été. Il existe des problèmes écologiques plus graves que "le changement climatique dû aux rejets de CO2 par l'homme".

  • Posté par Sebastien Pire, vendredi 3 août 2018, 21:16

    Et vos références académiques pour sortir un postulat pareil ? Non parce que des milliers de scientifiques sont d’accord sur l’impact du CO2 sur le réchauffement mais un lecteur du Soir qui tire une horizontale sur un graphe clairement c’est une belle réfutation de théorie :roll:

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