Accueil Société

L’ozone, un gaz néfaste pour toutes les générations

Les conseils de prudence concernent souvent les jeunes enfants et les personnes âgées. Mais chez les 25-64 ans aussi, la mortalité peut augmenter rapidement.

Décodage - Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Les alertes à l’ozone se multiplient en cet été extrêmement chaud. Les concentrations ont encore été élevées jeudi, selon les données de la Cellule interrégionale de l’environnement (Celine). A 20 h, le seuil européen d’information de 180 µg/m3 était encore dépassé dans huit stations de mesure de Wallonie – quatre stations de Flandre connaissaient également un dépassement, mais aucune à Bruxelles. Et attention, on annonce une situation encore dégradée ce vendredi.

Et ce n’est pas sans conséquence. Pour tout un chacun, pas seulement les plus fragiles. « Nous constatons des variations saisonnières de la mortalité. Il est fréquent de voir une augmentation de la mortalité le jour d’un pic d’ozone et jusqu’à deux à trois jours après », avance Natalia Bustos, épidémiologiste et chercheuse pour l’Institut scientifique de Santé publique Sciensano. En effet, la pollution estivale n’est pas la même que la pollution hivernale. « En été, c’est l’ozone, ce gaz présent dans l’air ambiant, le grand coupable. Il se forme par le biais de deux éléments : le rayonnement solaire d’abord, qui booste la production d’ozone via les ultraviolets. Ensuite, les oxydes d’azote, des composés organiques volatils provenant de nos pots d’échappements et des solvants et peintures qui exhalent encore plus du fait de la chaleur. »

Des conseils de prévention peu suivis

Ces éléments ont interpellé l’experte de Sciensano qui a mené une étude sur l’impact de la pollution de l’air sur la mortalité : « Nous avons cherché à observer comment réagissait la pollution avec la mortalité cardiovasculaire et respiratoire en fonction des différentes classes d’âge, poursuit Natalia Bustos. Résultat ? Nous savions déjà que les personnes de plus de 65 ans et les enfants étaient des groupes vulnérables en cas de smog ou de pics d’ozone. Mais nos recherches montrent que la pollution de l’air est également un facteur de risque de mortalité cardiovasculaire et respiratoire chez les personnes entre 25 et 64 ans. »

Raison invoquée : le fait de passer plus de temps à l’extérieur en été qu’en hiver… et le non-respect par les plus jeunes des conseils de prévention délivrés aux plus âgés. « Puisqu’ils n’ont jamais vraiment été considérés comme un groupe à risque, les conseils de prévention ne sont pas toujours suivis par ce groupe d’âge, explique l’experte. Or, entre 25 et 64 ans, on est actif et plus souvent exposé à l’air extérieur. » Avec une augmentation de 25 migrogrammes/m3, le risque de mortalité respiratoire par l’ozone augmente immédiatement de presque 10 % chez les jeunes.

Le pic en fin d’après-midi

Les conseils de l’épidémiologiste sont simples : rester informé via le site de Celine ou l’application Brussels Air, diminuer son exposition à l’air extérieur et privilégier les activités le matin. « L’ozone apparaît vers 12 h et atteint son maximum en fin d’après-midi, ajoute-t-elle. Le pic d’ozone peut même rester très élevé jusque 22 h : même si la chaleur diminue, l’ozone accumulé demeure. Il faut informer davantage sur les risques pour la santé d’être très actif en fin de journée en cas de pics d’ozone. »

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Sur le même sujet

Aussi en Société

Les boîtes noires s’invitent dans les voitures dès cette semaine

Les données de conduite au moment d’un accident devront être collectées dans une boîte noire. De nombreux dispositifs d’aide à la conduite deviennent également obligatoires. En Belgique, cette législation européenne s’appliquera aux nouveaux modèles à partir du 6 juillet. Et en 2024 pour toutes les voitures neuves.

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Geeko Voir les articles de Geeko