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France: décès de Marie Humbert, mère de Vincent, qui revendiquait le «droit de mourir»

Elle est devenue une figure du débat sur la fin de vie en France.

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Marie Humbert, qui avait aidé son fils Vincent, tétraplégique, à mourir en 2003 et relancé le débat sur la fin de vie, est morte à 63 ans à Evreux, a-t-on appris dimanche auprès d’un journaliste de RTL proche de la famille.

«  Marie Humbert est décédée vers minuit des suites d’une longue maladie dans une clinique à Evreux. Elle était hospitalisée depuis un an », a déclaré à l’AFP Pierre Veille auteur de l’ouvrage « Je vous demande le droit de mourir », qui était à ses côtés au moment de son décès. «  C’était une femme fabuleuse qui s’est battue pendant des années. Elle avait fait une promesse à son fils qui était de poursuivre son combat et que la loi sur l’euthanasie évolue », a-t-il ajouté.

L’« Affaire Humbert » au début des années 2000 avait relancé le débat sur la fin de vie en France. Tétraplégique, muet et quasiment aveugle à la suite d’un accident de la route, mais disposant de ses facultés intellectuelles, Vincent Humbert meurt le 26 septembre 2003.

Auparavant, de son lit d’hôpital de Berck (Pas-de-Calais), cet ex-pompier avait demandé solennellement par écrit au président Jacques Chirac «  le droit de mourir ». Le chef de l’Etat lui avait répondu : «  je ne peux vous apporter ce que vous attendez ». Sa mère Marie a tenté d’exaucer son voeu, à la date anniversaire de l’accident, le 24 septembre 2003, injectant des barbituriques dans une de ses perfusions.

Plongé dans le coma, Vincent Humbert est maintenu en vie deux jours, avant que le médecin réanimateur, le docteur Frédéric Chaussoy, ne débranche son respirateur artificiel. Poursuivis, la mère et le médecin bénéficieront d’un non-lieu en février 2006.

Un droit au « laisser mourir »

Inspirée par cette affaire, la loi Leonetti votée en avril 2005 a instauré un droit au «  laisser mourir » mais sans permettre l’euthanasie active. Les médecins peuvent décider collégialement «  de limiter ou d’arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie ».

«  C’était une femme engagée qui a su prendre les décisions et faire face au souhait qu’avait son fils. Elle a eu une décision extrêmement courageuse : il n’y a rien de plus dur pour une mère que de donner la mort à son fils », a déclaré dimanche à l’AFP le Dr Chaussoy.

 

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