Punir l’insulte «nazi»? Bouchez ne convainc pas

Patrick Prévot (PS) parle d’indignation à géométrie variable.
Patrick Prévot (PS) parle d’indignation à géométrie variable. - B.

La proposition du libéral Georges-Louis Bouchez d’amender la loi du 23 mars 1995 tendant à réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis par le régime national-socialiste allemand, pour que puisse aussi être condamnée pénalement toute personne qui banalise ce génocide ou ce régime, notamment en insultant un adversaire de « nazi », a donné lieu à bien des commentaires sur les réseaux sociaux. Mais du côté des partis politiques par contre, c’est plutôt le silence radio.

Pas de commentaire du CDH, si ce n’est : «  Quand la proposition arrivera, on la lira. » Ni d’Ecolo, où l’«  on ne commente pas les tentatives de buzz de Monsieur Bouchez  ». Ni même du MR, le propre parti de Bouchez, car «  on a découvert le texte vendredi matin, on le fera analyser et l’on verra s’il correspond aux objectifs  ».

Pas de réponse non plus du QG du PS, mais le député wallon Patrick Prévot, qui a réagi sur Twitter, accepte de nous répondre. «  Evidemment, dit-il, sur le principe, je partage l’idée qu’on ne doit pas banaliser le génocide ni le régime nazi.  » Mais derrière «  une idée qui paraît séduisante  », le socialiste soupçonne «  un nouveau coup de com de Georges-Louis Bouchez qui ne sait plus comment faire parler de lui  ». Et il déplore surtout «  son indignation à géométrie variable  ».

Il argumente : «  Son nouvel ami Theo Francken est l’ami de Bob Maes, collaborateur reconnu, et cette amitié-là ne semble pas le gêner. Il ne l’a jamais condamnée. L’ambiguïté du discours de Georges-Louis pourrait faire sourire, si elle n’était pas systématique. Qu’il mette plutôt son énergie à condamner les membres du gouvernement qui vont à une petite sauterie de Bob Maes.  »

« S’agit-il de protéger ses amis N-VA ? »

Patrick Prévot s’interroge donc sur la finalité du texte déposé par le libéral et sur ses véritables intentions : «  S’agit-il de protéger certains amis N-VA des insultes ? De se refaire une virginité après son bad buzz suite à son interview conjointe avec Theo Francken ? De soutenir le secteur associatif qui ne l’a pas attendu pour faire un travail de mémoire remarquable ? Je suis d’accord avec le Pr de droit et avocat Marc Preumont, qui disait dans “Le Soir” vendredi que ce texte ne changerait pas grand-chose et que le principal écueil serait de démontrer au tribunal correctionnel la banalisation du génocide ou du régime nazi. »

Le seul point sur lequel le socialiste rejoint Georges-Louis Bouchez, c’est sur «  la nécessité pour nos élèves de se rendre tous dans un camp de concentration, pour l’indispensable travail de mémoire  ». Pour le reste, zéro pointé, donc, attribué par Patrick Prévot au turbulent libéral, à «  son texte cosmétique et sa gesticulation de plus. On doit garder une certaine mesure dans les propos qu’on tient, utiliser les mots adéquats. Moi, je n’ai jamais traité Theo Francken de nazi, mais je m’interroge sur ses amitiés et ses attitudes ambiguës. Mais il ne faut pas en arriver à brider la liberté d’expression des uns et des autres. Et en l’occurrence, on a l’impression qu’avant même d’ouvrir le débat, il y a une autre volonté que celle annoncée au départ, liée au contexte politique. Et c’est ce qui me gêne.  »

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