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Monsanto: pour le président de Bayer France, «le glyphosate ne constitue pas de danger pour la santé humaine»

Monsanto a été condamné samedi à payer 289 millions de dollars de dommages à un jardinier atteint d’un cancer incurable.

Temps de lecture: 3 min

Le groupe pharmaceutique Bayer, le nouveau propriétaire de Monsanto, a défendu samedi l’innocuité du glyphosate au lendemain d’une condamnation inédite de ce géant américain de l’agrochimie pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup.

Samedi, un jury d’un tribunal de San Francisco avait condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson.

Ce jardinier américain de 46 ans estimait que les produits de Monsanto, notamment le Roundup qu’il avait abondamment vaporisé pendant des années, avaient entraîné son cancer et que la multinationale avait sciemment caché leur dangerosité.

Interrogé dimanche sur BFM, Frank Garnier, le président de Bayer France, se dit convaincu que l’herbicide mis en cause, n’est pas dangereux. « Bayer est convaincu que le glyphosate ne constitue pas de danger pour la santé humaine quand il est utilisé conformément aux recommandations d’usage, et c’est le cas pour les millions d’agriculteurs en Europe, en France qui reconnaissent sa grande qualité pour la protection des cultures », indique-t-il, en rappelant l’autorisation de l’Union européenne de mise en vente du glyphosate.

Frank Garnier explique que les produits Monsanto sont strictement évalués. « Quand on parle de produits de protection de cultures, ces produits font l’objet systématiquement d’une évaluation de toutes les agences dans le monde, en particulier l’agence européenne », insiste le président de Bayer. « Ces produits ensuite reçoivent, après des évaluations extrêmement strictes, une autorisation de mise sur le marché extrêmement encadrée. »

« Ces produits phytosanitaires sont indispensables à l’agriculture », ce sont des « médicaments pour les plantes », n’hésite-t-il pas à expliquer.

Jurisprudence ?

Cependant, ce procès historique, le premier à concerner le caractère possiblement cancérigène des produits au glyphosate de Monsanto, pourrait bien faire effet boule de neige. Avec des conséquences qui pourraient coûter cher à Bayer qui avait bouclé début juin pour 63 milliards de dollars l’achat de l’Américain.

Conscient de la mauvaise image portée par Monsanto, parfois surnommée «Monsatan» ou «Mutanto» par ses détracteurs, le groupe allemand avait rapidement fait savoir que la marque «Monsanto» devrait être abandonnée.

Malgré un changement de nom probable, le verdict de vendredi «va provoquer une cascade de nouvelles affaires», préditl’avocat de Dewayne Johnson, qui compte demander à ce que l’appel de Monsanto soit traité en urgence compte tenu de l’état de santé de son client.

Des milliers de procédures contre Monsanto et son produit phare le Roundup sont déjà en cours aux Etats-Unis, à des degrés divers d’avancement.

Son herbicide vedette lancé en 1976 contient du glyphosate, substance qui fait l’objet d’études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène.

Herbicide le plus utilisé au monde sous diverses marques, depuis que le brevet détenu par Monsanto est tombé dans le domaine public en 2000, il est aussi accusé d’être néfaste pour l’environnement et de contribuer à la disparition des abeilles, ou encore d’être un perturbateur endocrinien.

 

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