Birmanie: verdict le 27 août pour les deux journalistes de Reuters emprisonnés

©Reuters
©Reuters

La justice birmane rendra son verdict le 27 août dans le procès des deux journalistes de Reuters poursuivis pour avoir violé la « loi sur les secrets d’Etat » en enquêtant sur un massacre de membres de la minorité musulmane des Rohingyas. Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, en détention préventive depuis décembre 2017, risquent de se voir infliger une peine de 14 ans de prison s’ils sont reconnus coupables.

Les autorités birmanes les accusent d’avoir détenu des documents confidentiels relatifs aux opérations des forces de sécurité dans l’Etat Rakhine, une région dans le nord-ouest du pays théâtre du drame rohingya. «  Si ces documents s’étaient retrouvés entre les mains de terroristes, ces derniers auraient pu fomenter plus facilement de nouvelles attaques », a déclaré lundi le procureur Kyaw Min Aung dans ses réquisitions.

Massacre de dix Rohingyas

«  Les allégations de l’accusation sont sans fondement », a déclaré de son côté Wa Lone, à l’issue de l’audience, ajoutant qu’il espérait voir bientôt sa fille, née il y a quelques jours. Les deux reporters affirment que la police leur a tendu un piège en leur faisant remettre les documents compromettants juste avant leur arrestation. Et, au cours de l’audience, un policier a confirmé que les journalistes avaient été piégés.

Wa Lone et Kyaw Soe Oo enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas dans le village d’Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l’armée avait reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid plusieurs membres de cette minorité le 2 septembre 2017. Sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour cette tuerie.

Liberté de la presse menacée

Le procès aura été marqué par les appels de la communauté internationale pour défendre la liberté de la presse qui reste très menacée dans le pays malgré l’arrivée au pouvoir en avril 2016 de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) emmenée par Aung San Suu Kyi, ancienne opposante à la junte et lauréate du prix Nobel de la paix.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. ©News

    Anderlecht: lettre aux aveugles selon l’évangile de Saint-Vincent

  2. d-20181122-3PU9H0 2018-11-22 20:26:06

    Benoît Lutgen: «Les commémorations, ça rappelle ce qui s’est passé dans les années 30, et ce qui se passe aujourd’hui»

  3. Les arrestations ne sont pas indicatrices du nombre de migrants en transit
: certains migrants ont pu être interpellés dix fois sur l’année, d’autres jamais.

    Le nombre d’arrestation de migrants en transit en hausse de 37% en 2018

La chronique
  • Champagne ou Kidibul?

    Chez Elio D., on se frotte les mains. Le fils prodige a jeté l’éponge. C’est pas demain la veille qu’on effacera des tablettes le joli nom du dernier premier ministre socialiste wallon. Le dernier et peut-être l’ultime comme le lui a promis Père Noël – dont les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

    Chez Paul M., on débouche aussi le Kidibul. Pendant un mois de mission royale, le fiston a prouvé, à défaut de mettre sur pied un gouvernement, qu’il était désormais le seul chef rouge et même qu’il occupait tout l’espace francophone.

    Rue de Naples, avec l’arrivée du fils prodigue, on se prépare à tuer le veau gras. Grâce à lui, les Bleus ont retrouvé leurs couleurs. Président, informateur, tout s’emballe. Dans la foulée, il a déjà promis au roi de glisser sous son sapin, un gouvernement pesé, emballé (cadeau) et ficelé. Georges L.B. en sera à la fois le Premier, comme son papa Charles M., et le vice-Premier et ministre des Affaires étrangères, comme son oncle Didier....

    Lire la suite

  • Allez, allez, une seule issue à la crise fédérale: oser le schwung!

    On ne peut pas dire que les planètes sont bien alignées pour la petite Belgique. Cela fait un an que nous sommes sans gouvernement, six mois qu’on a voté, avec deux nouveaux informateurs qui tentent de trouver une sortie de crise – le Graal, on n’y croit plus – et le sondage que nous publiions ce week-end donnait pour la première fois de notre histoire une domination des partis nationalistes séparatistes dans le groupe linguistique néerlandophone qui pèse désormais près du tiers du Parlement fédéral.

    ...

    Lire la suite