Stocker les déchets nucléaires coûtera au moins 8 milliards

© Pierre-Yves Thienpont | Le Soir
© Pierre-Yves Thienpont | Le Soir

Cela fait maintenant plus de 40 ans que la Belgique a des centrales nucléaires actives, et produit donc des déchets hautement radioactifs. Et pourtant le Royame n’a toujours pas décidé de ce que deviendront ces encombrants résidus.

L’Office national des déchets radioactifs et des matières fissiles (Ondraf), qui est chargé de les gérer, propose de les enfouir à grande profondeur. Depuis 2013, un scénario circule : les déchets les plus dangereux seraient enfouis à 200 mètres de profondeur dans les terres argileuses de Boom. Le coût de l’opération avait été estimé alors à 3,2 milliards d’euros. C’est ce montant qui sert de base au calcul des provisions qu’Electrabel, l’exploitant des centrales belges, doit verser annuellement en vue d’alimenter le fonds qui financera le stockage des déchets.

Une facture nettement plus salée

Mais ce chiffre de 3,2 milliards a toujours été jugé trop optimiste. La profondeur d’enfouissement à 200 mètres est bien inférieure à celle préconisées par les autres Etats confrontés à la même problématique.

L’Ondraf s’est donc résolu à refaire ses calculs. Et la facture finale s’annonce nettement plus salée. Dans la meilleure des hypothèses, il en coûtera au moins 8 milliards d’euros, mais la note pourrait dépasser les 10 milliards.

Si l’Ondraf refuse de confirmer ces chiffres tant qu’ils ne sont pas validés par son conseil d’administration, il reconnaît la modification des méthodes de calcul du coût final. Une tuile pour Electrabel : cette nouvelle estimation servira de base lors de la révision triennale des provisions qu’elle doit assurer, qui aura lieu l’an prochain.

A lire sur Le Soir +: Charles Michel s’en mêle, notre décodage «pour les nuls»

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. «
On ne peut pas multiplier les politiques et les priorités à couvrir et réduire le budget à y consacrer
», insiste Olivier Chastel.

    Le Parlement européen veut 60 milliards de plus pour le climat, selon Olivier Chastel

  2. d-20190131-3R0NN6 2019-11-05 20:59:31

    L’élève francophone prend souvent du retard, mais la situation s’améliore

  3. d-20191128-3XGE94 2019-11-28 11:17:40

    Affaire Nethys: la Socofe renonce à son recours contre le décret gouvernance wallon

La chronique
  • Peut-on se payer la Maison-Blanche?

    I’m not a billionnaire ! », a lâché, amère, la sénatrice de Californie, Kamala Harris, en annonçant qu’elle abandonnait la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine.

    La pique visait sans doute moins Donald Trump que deux candidats de son propre parti, Tom Steyer et Michael Bloomberg, dont les fortunes personnelles sont estimées, respectivement, à 1,6 milliard et 50 milliards de dollars par le magazine Forbes.

    Que des hommes, blancs, et vieux, comme Steyer (62 ans) et Bloomberg (77 ans), mais aussi Joe Biden (77 ans) ou Bernie Sanders (78 ans), puissent – sauf surprise – mener campagne jusqu’à la convention démocrate de Milwaukee, prévue en juillet 2020, alors que Kamala Harris, self-made woman de 55 ans, métisse, de père jamaïcain et de mère indienne, ait dû jeter l’éponge début décembre 2019 est déjà, en soi, problématique pour certains progressistes.

    Qu’à l’instar de l’actuel président...

    Lire la suite

  • Le Green Deal européen: la politique, la vraie

    Il faut lire le « Green Deal » dans lequel la Commission propose de faire de l’Europe un continent « zéro carbone » en 2050. La Commission y fixe un nouvel objectif 2030 pour la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, identifie les secteurs dans lesquels elle veut agir. Elle annonce cinquante mesures, promet de déposer toutes ses propositions législatives dans les deux années à venir…

    ...

    Lire la suite