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Pourquoi le double meurtre de Plombières n’est pas un «drame familial»

Le double meurtre de Plombières reproduit des mécanismes propres aux violences conjugales. Il doit donc être analysé comme un fait social plutôt que comme un fait isolé.

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Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

Mercredi, dans la petite commune de Plombières, dans la région de Liège, un homme a tué à coups de couteau son ex-compagne, Valérie Leisten, ainsi que la mère de celle-ci. L’auteur a lui aussi perdu la vie tandis que d’autres personnes ont été blessées, dont le père de Valérie Leisten, patron du restaurant dans lequel les faits ont eu lieu. On pourrait faire de cet énième meurtre un fait divers parmi d’autres. Une affaire « familiale », « relevant de la sphère privée », comme l’a maladroitement déclaré le bourgmestre de l’entité en question, tentant de rassurer ses concitoyens. Or, il ne s’agit en aucun cas d’un fait isolé. Ce double meurtre s’inscrit au contraire dans des schémas classiques et récurrents dans le cadre de violences conjugales. Il semble en effet que la victime, Valérie Leisten avait déjà déposé plainte pour harcèlement depuis leur séparation. Des mesures avaient été prises et un suivi était assuré par les forces de l’ordre. Suivi qui n’a malheureusement pas suffi.

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5 Commentaires

  • Posté par Luppens Ch., vendredi 24 août 2018, 13:25

    Je tombe par hasard sur un article de la D.H d'il y a deux jours titrant " Drame amoureux à Plombières"..... alors que la maman a subi le même sort!!!!!!!!! Un peu de discernement de la part de la presse serait nécessaire également. Et rester le plus neutre possible sans en savoir plus.

  • Posté par Snyers Damien, vendredi 24 août 2018, 14:09

    Vous attendez du discernement de la DH? Sérieusement?

  • Posté par Bricourt Noela, vendredi 24 août 2018, 10:31

    Il y n'y a pas si longtemps qu'au pénal les dossiers de violences intra familiales étaient classés sans suite au motif que c'était du "relationnel". Et que dire des crimes qualifiés de passionnels ?

  • Posté par De Bilde Jacques, vendredi 24 août 2018, 8:13

    Etonnant qu'en 2018 on relève le fait qu'il s'agit d'un fait social. Dans le Monde Diplomatique de juillet 2004 (il y a 11 ans déjà) était publié un article, sous la plume d'Ignacio Ramonet, qui est très éclairant. En voici un extrait : "Cela se passe en Europe. La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin y atteint des dimensions hallucinantes. Au sein du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44 ans, la première cause d’invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route ou le cancer..." En outre, l'article de la DH précise : "Et malgré son niveau de vie relativement aisé, le Brabant wallon n’est pas épargné". Ignacio Ramonet y apporte une réponse : "Le profil de l’agresseur n’est pas toujours celui qu’on imagine. On a tendance à associer cette attitude meurtrière à des personnes peu éduquées, issues d’un milieu défavorisé. C’est une erreur. Le drame de Marie Trintignant, tuée le 6 août 2003 par son compagnon, artiste célèbre, en apporte une preuve. Un rapport du Conseil de l’Europe affirme que « l’incidence de la violence domestique semble même augmenter avec les revenus et le niveau d’instruction ». Il souligne que, aux Pays-Bas, « presque la moitié de tous les auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes sont titulaires d’un diplôme universitaire ». En France, selon les statistiques, l’agresseur est en majorité un homme bénéficiant par sa fonction professionnelle d’un certain pouvoir. On remarque une proportion très importante de cadres (67 %), de professionnels de la santé (25 %) et d’officiers de la police ou de l’armée ". Ignacio Ramonent conclut : Le fait que ces violences se pratiquent au domicile de la victime a toujours été un prétexte pour que les autorités s’en lavent les mains et les qualifient de « problèmes relevant de la sphère privée ». Une telle attitude constitue un refus collectif d’assistance à personnes en danger. Une scandaleuse hypocrisie. Chacun sait que le privé aussi est politique. Et que ce type de violence est le reflet des relations de pouvoir historiquement inégales entre hommes et femmes. Dues en particulier au patriarcat, système fondé sur l’idée d’une « infériorité naturelle » des femmes et une « suprématie biologique » des hommes. C’est ce système qui engendre les violences. Et qu’il faut liquider par des lois appropriées. Certains objectent que cela prendra du temps. Alors pourquoi ne pas commencer tout de suite par instituer, comme des organisations féministes le réclament, un tribunal international permanent sur les violences faites aux femmes ?"

  • Posté par Rocroix Josianne, jeudi 23 août 2018, 21:55

    "Pour une femme, le lieu le plus dangereux, c’est la maison ! » Terrible constat

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