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Italie: menace sur l’Europe

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Chef du service Monde Temps de lecture: 3 min

Le gouvernement italien vient de menacer de stopper sa contribution au budget de l’Union européenne si les autres Etats membres n’acceptent pas sur-le-champ de prendre en charge 150 migrants sauvés en Méditerranée par ses propres gardes-côtes, mais que Rome refuse de laisser débarquer sur son sol. La mise en équation de ce double chantage sur la vie de 150 misérables et sur le financement des politiques de l’Union (dont les constructions d’infrastructures routières et l’accueil de migrants) laisse incrédule tellement elle dépasse le niveau de l’abjection.

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21 Commentaires

  • Posté par Deckers Björn, dimanche 26 août 2018, 17:45

    Jean-Jacques Coets et Charles Petitjean démontrent et cela fait plaisir à lire que tous les européens n'ont pas "encore" perdu la tête dans une chasse sinistre aux damnés de l'Afrique. Damnés dont nous sommes largement comptables comme le rappelle Charles d'une bonne part de leurs malheurs, et cela sur tous les plans (guerre, réchauffement climatique et cie). Alors oui, les Italiens ont eu raison de délivrer une gueulante face à l'Europe des Orban, Horst Seehofer, Sebastian Kurz, qui ne veulent pas recevoir de migrants et qui refusent la solidarité nécessaire des pays d'entrée. Mais non, cela ne peut passer par une réponse raciste d'extrême droite et encore moins par les ukazes inconséquentes du démagogue Salvini. Comme le rappelait récemment un très bon billet paru dans le soir, le populisme (choix de la facilité) se termine toujours en tragédie. Et il serait bon de le rappeler à l'école, et partout où cela est possible. Je ne suis pas non plus pour l'Europe de la finance et le diktat de celle-ci devient insupportable. En revanche, nous sommes comptables des malheurs du sud et chercher à se soustraire comme des petits bourgeois apeurés est simplement scandaleux. Il faut taxer les richesses là où elles se trouvent et qui échappe beaucoup trop largement à la perception pour enfin financer dignement et la sécurité sociale (et non seulement pour "nos vieux") et la juste politique que constitue une coopération au développement digne de ce nom et également l’accueil des migrants fuyants les guerres, famines, désertifications. A noter qu'au train de l'inconséquence de l'Occident, ceux-ci ne feront que croître. Avis aux racistes inconséquents qui en général sont aussi pro-guerre (pro-Poutine et pro-Trump) et climatoseptiques. Il n'y a pas de fatalité, il n'y a que de l'inconséquence et une paresse intellectuelle désarmante... Quelle pitié...

  • Posté par Coets Jean-jacques, dimanche 26 août 2018, 22:07

    Merci d'avoir associé mon nom à cette analyse dont je ne pourrais retirer un seul mot !

  • Posté par Petitjean Charles, dimanche 26 août 2018, 17:04

    L'Italie : menace sur l'Europe ! Et si c'était l'Europe qui était une menace pour elle-même ? En effet, votre éditorial se braque exclusivement sur l'attitude critiquable des dirigeants italiens, sans faire aucune mention à la politique et à la responsabilité de l'Europe dans le drame des migrants. Je comprends le point de vue du journaliste parce que, à lire de plus près sa prose, l'Europe dont il cause est l'Europe des investisseurs, des spéculateurs, des marchés financiers qui ont confisqué le pouvoir démocratique des peuples européens obligés continuellement à se soumettre aux intérêts de la finance. Que l'on juge l'attitude du gouvernement italien inacceptable d'un point de vue moral, je le conçois, mais je refuse qu'on ne justifie son jugement que sur notre dépendance aux marchés financiers et sur la survie de l'Europe. Car c'est quoi notre Europe dans la politique migratoire? C'est tout d'abord un refus d'admettre ses responsabilités dans le mouvement migratoire d' aujourd'hui. Les populations africaines, par exemples, sont soumises aux ukases des règles du commerce mondial et des multinationales qui leur imposent des concurrences déloyales insoutenables par les petits producteurs et artisans locaux, qui leur prêtent de l'argent en les obligeant à diminuer les investissements publics dans l'enseignement, la santé ... -comme l'Europe néo-libérale l'impose aux peuples européens-, qui corrompent des dictateurs locaux au risque avéré de guerres fratricides, qui pillent les richesses naturelles immenses du continent africain, qui produisent et consomment à tout va en provoquant un réchauffement climatique et la désertification des terres. C'est dans ce cadre là, auquel l'Europe participe activement, que des populations entières éprouvent la nécessité de fuir la guerre et la misère pour un eldorado hypothétique de vie meilleure. La responsabilité de l'Europe dont parle l'éditorial est immense. Cette Europe-là, celle des Macron, des Michel, Francken et Cie, peut disparaître. D'autant plus que, confrontée à la migration, sa réponse est elle-même criminelle : elle ferme ses frontières, elle refuse d'accueillir les demandeurs d'asile en en se partageant équitablement la charge, elle paie des milliards pour les parquer dans des pays limitrophes et les laisse crever dans la Méditerranée. L'attitude de l'Italie est peut-être condamnable -mais stratégiquement je ne vois pas comment elle pourrait sortir autrement l'Europe de sa léthargie endémique-, mais celle de l'UE et de ses dirigeants est criminelle. C'est elle-même qui crée l'atmosphère populiste et organise le rejet des "damnés de la terre".

  • Posté par Pierre Lison, dimanche 26 août 2018, 22:49

    Bravo et merci Monsieur Petitjean ! Tout est dit !

  • Posté par Coets Jean-jacques, dimanche 26 août 2018, 22:13

    Je ne sais pas à quelle génération vous appartenez mais il me semble qu'elle est similaire à la mienne... Et comme vous, j'ai peur pour l'Europe ! J'ai grandi derrière le mur, du bon côté disions-nous, et j'ai peur qu'elle ne défaille pour mes enfants et mes petits-enfants. Mais alors quoi, allons-nous baisser les bras ?! Nous, les enfants de l'Europe !? Allons-nous laissez ces matamores faire un hold-up sur ce qui garantit notre prospérité et notre sécurité depuis 60 ans !? Heureusement, ce que je lis ici, pour la première fois depuis longtemps, me laisse espérer que tout n'est pas perdu !

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