Maisons intelligentes: un monde de possibilités

La multiplication des solutions et la communication entre elles étend le champ des possibles, notamment en permettant d’orchestrer de véritables scénarios.
La multiplication des solutions et la communication entre elles étend le champ des possibles, notamment en permettant d’orchestrer de véritables scénarios. - Shutterstock

Le réveil sonne... les volets s’ouvrent, le chauffage s’allume, la machine à café se met en route, tout cela sans la moindre intervention humaine. Ce scénario relevant autrefois de la science-fiction est tout simplement un exemple des possibilités de ce que l’on nomme aujourd’hui une « smart home », ou encore une maison intelligente ou connectée. De futuriste, ce concept a commencé à petit à petit s’inscrire dans la réalité avec d’abord des objets doués de connectivité, puis plus récemment des communications entre ceux-ci qui étendent la notion d’intelligence à l’ensemble de l’habitation. Cette relation entre les produits connectés ouvre le champ des possibilités, notamment en permettant la création de véritables scénarios qui activent plusieurs postes en même temps. Exemple : lorsque l’habitant quitte la maison, les volets se ferment automatiquement, les lumières et prises s’éteignent, le chauffage se coupe et l’alarme s’active.

Si tout cela est concrètement possible, un tel niveau de connectivité est loin d’être la norme dans les habitations belges. Non seulement parce que les propriétaires investissent en priorité dans des postes plus vitaux au sein de leur logement, mais aussi parce qu’il subsiste un nombre de craintes et de réticences face à ces solutions connectées : inutilité, coût trop élevé, logement inadapté, fonctionnement trop compliqué…

Malgré tout, le concept de maison intelligente gagne petit à petit du terrain. L’offre s’est en effet perfectionnée et étendue, permettant à presque chacun de trouver des solutions adaptées à ses besoins ou envies. Celui qui veut par exemple miser sur la sécurité pourra opter pour un système de surveillance consultable et pilotable à distance, ou encore recevoir des notifications si un dysfonctionnement (intrusion, fuite…) est détecté dans son habitation par les capteurs et objets intelligents.

Les smart homes permettent aussi certaines économies d’énergie avec par exemple des dispositifs comme la commande de l’éclairage et du chauffage à distance, qui limite les oublis tout en rationalisant leur utilisation. Et puis, les solutions intelligentes sont souvent source de confort et de facilité pour l’utilisateur. Quelques manipulations ou programmations suffisent pour commander ses volets, éteindre ou allumer plusieurs lampes en même temps, activer son chauffage à distance pour rentrer dans une maison chaude, etc.

Bref, qu’on choisisse ou non de les combiner, les raisons de passer aux solutions connectées sont nombreuses !

Commande vocale

Par Marie-Eve Rebts

Dialoguer avec sa maison

Après avoir intégré les téléphones, les assistants vocaux ont débarqué il y a peu dans les smart homes sous forme d’enceintes comme Alexa d’Amazon ou Google Home. Ces petits objets sont dotés de logiciels de reconnaissance vocale et ont pour ambition de faciliter la vie des occupants en gérant toute une série de tâches. Ils sont par exemple capables de piloter des objets connectés (machine à café, aspirateur, lampes, volets…), de donner des informations comme la météo ou encore de commander des produits et services en ligne. Ils apportent ainsi une dimension supplémentaire et encore plus interactive à la maison connectée.

De l’objet à la maison connectée

Par Marie-Eve Rebts

Plutôt que de travailler seul, les objets connectés communiquent désormais entre eux, étendant l’intelligence à toute l’habitation.
Plutôt que de travailler seul, les objets connectés communiquent désormais entre eux, étendant l’intelligence à toute l’habitation. - Remeha

Cela fait déjà plusieurs années que la « smart home » est au cœur des grands salons de la maison et la construction comme Batibouw. Jusqu’à présent, l’enthousiasme dans ce domaine paraissait surtout partagé par les différents fabricants, mais il semble petit à petit gagner aussi les utilisateurs !

D’après une étude réalisée par le cabinet indépendant iVOX à la demande du spécialiste du chauffage Remeha, près d’une habitation belge sur cinq posséderait actuellement un ou plusieurs appareil(s) intelligent(s), les solutions audiovisuelles (téléviseurs, enceintes audio…) étant les dispositifs les plus populaires devant les systèmes d’alarme, les thermostats et éléments d’éclairage connectés.

Si les Belges se laissent séduire par le concept de maison connectée, c’est dans deux tiers des cas pour des raisons de confort et facilité. En effet, quoi de plus simple et pratique que de pouvoir par exemple piloter ses volets et son éclairage à l’aide d’une application, surveiller son habitation à distance ou encore allumer le chauffage alors qu’on est en route vers la maison. D’autres arguments jouent aussi en faveur des objets connectés, mais dans une moindre mesure. C’est le cas des économies d’énergie et de la facilité offerte par les mises à jour continues qui sont citées par 18 % des répondants de l’étude iVOX.

Les solutions connectées ont ainsi tendance à être moins considérées comme des gadgets que comme de véritables outils, sans doute en raison de la multiplication des possibilités proposées et de leurs évolutions. Outre les performances pures et l’ergonomie, les fabricants travaillent en effet de plus en plus dans une optique de cohérence et de collaboration entre les différentes solutions connectées qui existent. Somfy, qui propose à la fois une box, une application et différents produits connectés (volets, stores, portails…), collabore par exemple avec différents partenaires et a veillé à ouvrir ses systèmes afin que divers développeurs puissent gérer ses produits au départ de leurs propres applications.

« Au final, ce que l’on désire obtenir, c’est une situation dans laquelle les produits peuvent communiquer entre eux, explique-t-on chez Somfy. C’est là toute la différence entre outils et maison connectés. Dans le premier cas, l’objet – un thermostat par exemple – est pilotable à distance mais il travaille seul. Dans le contexte d’une maison connectée, les différents dispositifs peuvent à la fois être commandés au moyen d’une application et/ou communiquer entre eux, notamment via un service web comme IFTTT ou une enceinte connectée comme Alexa d’Amazon ou encore Google Home – comme c’est le cas des produits Somfy. »

Coût modulable

Cette approche globale – celle de la maison connectée – implique plus de facilité pour l’utilisateur puisqu’il peut piloter les différents postes connectés de son habitation à l’aide d’une seule interface. Dans certains cas, il est même possible de créer de véritables scénarios : des volets qui s’ouvrent et un chauffage qui s’allume au moment du réveil, une alarme qui se met en route et des lumières qui s’éteignent lors du départ au travail, etc. Ces combinaisons sont non seulement rendues possibles grâce à la communication entre les objets, mais aussi grâce à la multiplication des produits connectés. Outre les traditionnels systèmes d’alarme et de chauffage, la dimension intelligente s’étend aussi à l’éclairage, aux volets, aux portes et portails d’entrée ou encore aux électroménagers en tous genres.

Presque chacun peut donc désormais trouver l’objet ou la solution qui répond à ses besoins, mais il reste néanmoins quelques freins importants à la maison connectée, notamment au niveau des mentalités. Près de la moitié des personnes interrogées par iVOX qui n’ont pas recours à ces équipements évoquent par exemple le fait qu’elles ne se justifient pas pour leur domicile. Certains estiment aussi ces systèmes trop complexes, ou simplement trop coûteux. Cet argument est toutefois à mettre en balance avec les économies (notamment d’énergie) pouvant être générées par les objets connectés. Beaucoup de ceux-ci permettent en effet d’analyser et/ou de contrôler ses consommations pour mieux les rationaliser, et donc réaliser des économies.

Et puis l’investissement total varie très fort selon le nombre et le type de produits choisis. Chez Somfy, on précise ainsi que « le système est modulaire, donc il est possible de démarrer modestement et de procéder par extension. Le coût de base est de quelques centaines d’euros et le consommateur peut installer lui-même de nombreux produits.  » C’est aussi le cas pour la plupart des fabricants.

Enfin, parmi les réserves qui subsistent encore face aux smart homes figure aussi la question de la sécurité des données circulant entre les différents éléments connectés. La dimension intelligente d’une habitation expose en effet à de nouveaux risques comme le piratage, qui peut par exemple permettre à des personnes mal intentionnées d’accéder à des images de vidéosurveillance, de piloter à distance des éléments comme une serrure connectée ou encore de récolter des informations confidentielles. Les utilisateurs peuvent eux-mêmes se protéger face à ces attaques, notamment en modifiant les mots de passe par défaut de leurs appareils ou en sécurisant leur réseau wifi avec, entre autres, un réseau distinct pour les visiteurs. Il est aussi conseillé de pratiquer des mises à jour régulières des différents systèmes et de se renseigner sur les éventuelles certifications des produits connectés en matière de sécurité. Certains fabricants sont en effet plus actifs que d’autres dans ce domaine mais, même si le projet a été évoqué, il n’existe pas encore de label européen garantissant la sécurité des objets connectés.

Des technologies au service de la sécurité et la prévention

Par Marie-Eve Rebts

La connectivité permet de surveiller son habitation à distance.
La connectivité permet de surveiller son habitation à distance. - Daïkin.

Paradoxalement, la maison connectée expose à certains risques comme le piratage mais elle permet en même temps davantage de sécurité grâce à une meilleure surveillance de son domicile, même à distance. Les différentes applications existantes peuvent par exemple prévenir l’utilisateur de l’apparition d’une fuite d’eau, d’une intrusion ou de quelconque autre dysfonctionnement.

Bref, la sûreté en est globalement améliorée et les assureurs ont d’ailleurs pris la balle au bond en proposant ces dernières années des applications et/ou kits rassemblant des objets connectés liés à la sécurité de l’habitation. Il peut par exemple s’agir de détecteurs intelligents qui décèlent les fuites d’eau ou la présence de fumée et de monoxyde de carbone pour ensuite en informer les habitants de la maison.

Prévenir les entretiens et les défauts

Le plus souvent ces solutions sont proposées comme un nouveau service, mais dans certains cas, leur usage peut aussi permettre de réduire la police et/ou la franchise des assurances habitation – au même titre que certaines options sécuritaires dans les véhicules entraînent une baisse des coûts de l’assurance qui y est liée. Généralement, l’obtention de ces réductions est conditionnée par un label ou par l’usage d’une marque ou d’un modèle précis d’équipements.

Outre leur faculté à alerter rapidement des dégâts, les objets intelligents peuvent aussi améliorer la sécurité et la prévention en anticipant l’entretien des appareils eux-mêmes. De nombreux fabricants s’attellent à développer ces possibilités, comme le spécialiste du chauffage Remeha. La Calenta Ace, l’un de ses derniers modèles de chaudières murales, est par exemple capable de réaliser l’appoint d’eau de manière automatique et de prévenir l’utilisateur en cas de besoin anormal de remplissage. Tout comme les voitures signalent déjà la nécessité d’un entretien ou la défectuosité d’un élément, on peut ainsi s’attendre à ce que dans le futur, ce soit de plus en plus le cas pour les équipements domestiques.

« Dans notre rôle de chauffagistes, nous misons sur l’entretien prédictif », confirme Jan Deklerck, Product manager chez Remeha. Le fabricant entend se baser sur un ensemble de paramètres et d’algorithmes pour déterminer le moment opportun de l’entretien de la chaudière. Celui-ci pourrait à la fois être établi et communiqué grâce à une liaison internet entre l’utilisateur et le centre informatique de la marque. Mais ce n’est pas tout : « Si nous constatons par exemple que la combustion n’est plus adéquate, nous pourrons appeler automatiquement le client pour l’en informer. Ce n’est pas pour tout de suite, mais cela ne tardera pas. De nombreux fabricants donnent la priorité à ce type d’évolution. Les chaudières murales au gaz de la nouvelle génération possèdent une fonction de ce genre, et les premiers essais de terrain vont bon train. »

Remeha n’est bien sûr pas le seul fabricant à développer de nouvelles possibilités. Face au nombre toujours plus important de solutions connectées, il est en effet devenu primordial de se démarquer…

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