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Incidents au Perterbos: un dossier pour violation du secret de l’instruction ouvert à charge d’Alain Kestemont

Il est accusé d’avoir dévoilé des informations sur des écoutes téléphoniques en cours, en lien avec les nombreux faits de vandalisme qui ont agité en avril dernier la cité du Peterbos à Anderlecht.

Temps de lecture: 3 min

Une enquête pour violation du secret de l’instruction est ouverte à l’encontre d’Alain Kestemont, tête de liste DéFI à Anderlecht et chef de groupe au conseil de police de la zone de police Bruxelles-Midi, et contre X, a indiqué jeudi le procureur du roi de Bruxelles Jean-Marc Meilleur.

Le représentant politique en cause a dévoilé jeudi dans le quotidien La Dernière Heure (DH) que 7 policiers avaient été transférés en interne dans la zone de police pour retranscrire des écoutes téléphoniques, en lien avec les nombreux faits de vandalisme qui ont agité en avril dernier la cité du Peterbos à Anderlecht. La mission devait se poursuivre jusqu’en décembre prochain.

Préjudice

Le parquet de Bruxelles estime que dévoiler des écoutes en cours est susceptible de porter un grave préjudice à l’instruction judiciaire. Il ajoute que l’existence ou non d’écoutes téléphoniques est un élément de l’enquête couvert par le secret de l’instruction. Il apparaît qu’Alain Kestemont a manifestement obtenu ces informations via une personne qui connaît l’évolution de cette instruction.

Le parquet de Bruxelles a dès lors ouvert une enquête à charge de X et d’Alain Kestemont, comme auteur ou co-auteur du chef de violation du secret de l’instruction. Elle visera à déterminer la personne qui a violé le secret de l’instruction et si cette dernière y aurait été incitée par Alain Kestemont.

« Je suis doublement choqué, d’une part que des policiers violent le secret de l’instruction et d’autre part qu’un personnage public qui est un conseiller de police ne puisse pas se rendre compte que divulguer ces informations publiquement est de nature à porter un préjudice grave à une instruction judiciaire », a déclaré Jean-Marc Meilleur. « On peut donc légitimement se demander pour quelles raisons cela a été fait. On a donc décidé d’ouvrir un dossier pour violation du secret de l’instruction à charge de X et de Monsieur Kestemont comme auteur et co-auteur. C’est une information judiciaire ».

Lettre anonyme

De son côté, Alain Kestemont affirme ne pas avoir violé le secret de l’instruction. Il aurait simplement voulu savoir si le détachement de sept policiers à des écoutes téléphoniques avait un coût supplémentaire. Il entendait ainsi attirer l’attention sur la répartition des policiers dans les différentes communes composant la zone de police Midi, et déterminer si Anderlecht était plus largement pénalisée alors qu’elle manque déjà de policiers.

M. Kestemont prétend ne pas avoir dit que les écoutes téléphoniques concernaient directement les incidents de la cité Peterbos, et en conséquence ne pas avoir violé le secret de l’instruction.

« J’ai reçu une lettre anonyme – que je tiendrai à la disposition du procureur du Roi – dans laquelle on m’informait du détachement de sept policiers de la zone Midi dans le cadre du phénomène de délinquance du parc Peterbos », explique Alain Kestemont.« La lettre disait que ces gens ne travaillent pas au parc Peterbos, mais qu’ils sont occupés à retranscrire des écoutes téléphoniques. Donc, j’ai déposé une question écrite en demandant s’il était exact que des personnes avaient été détachées dans le cadre de ce phénomène du Peterbos et leurs missions exactes, à savoir si elles font des retranscriptions d’écoutes téléphoniques au lieu d’être sur le terrain. (…) Mes questions sont publiées sur ma page Facebook. » Il assure avoir parlé d’écoutes téléphoniques en général et non d’écoutes téléphoniques pour le parc du Peterbos.

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