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Audiard sur les femmes à La Mostra: «J’en fais juste une affaire d’égalité et de justice»

Venu présenter « The Sisters Brothers » à La Mostra, le réalisateur français a pris position sur la présence des femmes dans l’industrie du cinéma.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 3 min

Dès l’annonce de la sélection vénitienne, des voix se sont levées pour dénoncer la faible présence féminine. Sur 21 films sélectionnés en compétition officielle, un seul est réalisé par une femme : The Nightingale de l’Australienne Jennifer Kent, présenté sur le Lido ce jeudi.

Un sujet qui anime les passions, comme on a encore pu le constater ce dimanche en conférence de presse. Interrogé sur le mouvement 50/50, qui exige une présence égale d’hommes et de femmes sur un plateau, l’acteur J.C. Reilly, venu présenter The Sisters Brothers de Jacques Audiard, a assuré que la problématique lui tenait à cœur. « Je pense que toutes les personnes qui ont participé à ce film sont des féministes. Et encore plus dans mon cas puisque j’ai co-produit le film avec ma femme… »

Concerné, Jacques Audiard en a profité pour exposer les constats amers qu’il avait pu faire dans sa carrière. « Je vais prendre la parole là-dessus. Je ne vous cache pas que j’ai été surpris, où je ne sais pas au juste quel mot employer, quand j’ai vu que sur 21 films sélectionnés ici, il n’y en avait qu’un seul réalisé par une femme. J’ai adressé des courriers à mes confrères de la sélection et j’ai senti qu’il n’y avait pas un écho formidable. Après, j’ai lu les commentaires du président avec les mêmes arguments que l’on entend depuis des années, où on dit : « On a fait notre travail honnêtement, et face à un film, on ne se pose pas la question du sexe. Un bon film est un bon film, etc. » Ce n’est absolument pas un procès ad nominem et je ne critique pas l’intégrité de la présidence. Ne nous posons pas la question du sexe d’un film, qui est de la métaphysique, mais la bonne question qu’il faut se poser, c’est : est-ce que les festivals ont un sexe, est-ce que les dirigeants des festivals ont un sexe ? C’est une question simple : oui. Ça fait à peu près 25 ans que mes films vont dans des festivals. J’ai vu l’Est, l’Ouest, le Sud, le Nord. Je n’ai pas vu de femmes à la tête des festivals. Si on cite toujours Telluride (créé par Bill et Stella Pence, NDLR), elle va finir par nous faire un procès. Je pense qu’il y a un problème là. L’autre problème, c’est qu’en 25 ans, j’ai souvent vu les mêmes têtes, les mêmes hommes, à des postes différents mais étant toujours là. C’est la structure supérieure, mais en dessous, on peut aussi parler des comités de sélections où c’est l’opacité totale. On ne sait pas qui c’est, ni en genre, ni en nombre. C’est ça qu’il faut changer. Arrêtons de réfléchir à des choses comme le sexe des films car ça n’a pas de sens. Interrogeons-nous sur des choses simples, des choses que l’on peut qu’on peut compter. J’en fais juste une affaire d’égalité et de justice. L’égalité ça se compte, la justice ça s’applique. C’est très simple. Après on commencera à être un peu sérieux et peut-être qu’on évitera des aberrations comme ce 20 contre 1. »

Une intervention chaudement applaudie… « Non, on n’applaudit pas ! », a conclu Audiard.

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