La solidarité n’est pas un crime!
Le procès de deux journalistes qui ont accueilli des migrants s’ouvre ce jeudi 6 septembre à Bruxelles. Un pas en avant vers le délit de solidarité, un pas en arrière pour la démocratie, clame le collectif qui prend naissance à l’occasion de la rédaction de cette carte blanche et qui annonce un rassemblement citoyen à 8 heures.
Depuis 2015, une tendance gouvernementale se fait de plus en plus visible : chercher systématiquement à stigmatiser et criminaliser tout mouvement de soutien aux personnes migrantes en Belgique. Elle s’est illustrée entre autres lors de tentatives de discréditation de la Plateforme Citoyenne de soutien aux réfugiés, de l’arrestation de 6 personnes au centre culturel Globe Aroma à Bruxelles, du procès de celles et ceux s’étant opposé.e.s à l’expulsion violente d’un migrant par avion, ou encore récemment lors du renvoi en justice de citoyen·ne·s hébergeurs·es.
Un manquement du gouvernement
Par ces actions contre ses propres citoyen·ne·s, l’État belge cherche à donner une vision négative à la fois des exilé·e·s et des personnes qui leur viennent en aide. Nous tenons à rappeler ici que si les citoyen·ne·s belges se mobilisent pour venir en aide aux migrant·e·s, c’est d’abord parce que le gouvernement belge manque lui-même à ses obligations juridiques tant aux niveaux national qu’international.
Des dispositions anticonstitutionnelles
En effet, en vertu de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et de la Convention de Genève, dont l’Etat belge est signataire, migrer est un droit et nos gouvernements se trouvent dans l’obligation de protéger les migrant·e·s. Le Conseil Constitutionnel français a d’ailleurs récemment déclaré que les dispositions incriminant l’aide aux migrant.e.s étaient anticonstitutionnelles, car elles se heurtent au principe de fraternité.
Des exemples en série
En Belgique, alors que le délit de solidarité n’existe pas, le gouvernement tente de créer un précédent en assignant en justice des citoyen·ne·s pour avoir aidé et protégé des migrant·e·s des politiques répressives et violentes dont il est l’auteur. Rafles au parc Maximilien, arrestations par quotas, chasse aux migrant·e·s allant jusqu’au décès d’une enfant de deux ans, volonté d’arrêter les migrant·e·s chez ces mêmes hébergeurs·es : les exemples ne manquent pas pour illustrer les politiques de l’État.
L’effarante escalade
Ce procès symbolise l’escalade effarante vers plus de criminalisation de valeurs pourtant essentielles. Il est l’instrumentalisation de la justice à des fins avant tout politiques portant gravement atteinte au principe démocratique de séparation des pouvoirs. Le traitement inégal des dossiers des personnes incriminés dans ce procès démontre précisément l’opportunisme politique dont ils font l’objet.
Une résistance indispensable
C’est dans ces cadres-là que s’est créée la Plateforme « Solidarity is not a crime ». Elle s’inscrit dans un mouvement d’indignation générale et dans une volonté de mobilisation collective de refuser tout acte visant à criminaliser la solidarité citoyenne. Cette Plateforme s’engage à soutenir toute personne, quelle que soit son origine et/ou sa situation administrative, étant poursuivie pour des faits de solidarité et de protection des valeurs fondamentales.
Ce devrait être à l’État d’être incriminé pour non-respect de ses obligations et non pas ses citoyens qui ne font que répondre aux carences du gouvernement en matière migratoire.
La solidarité, la générosité et l’empathie sont des valeurs universelles qui ne devraient en aucun cas être punies de peines de prison. Le droit pénal ne peut pas servir à intimider les citoyen.ne.s solidaires, encore moins à permettre au gouvernement de poursuivre celles et ceux qui contestent sa politique.
Ce 6 septembre 2018, premier jour du procès hautement symbolique et politique visant à créer un précédent des plus graves, représentera ainsi la date de création de la Plateforme « Solidarity is not a crime ».
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Qui a dit que c’était un crime ? Personne. Mais c’est un délit pénalement répréhensible. D’où mes poursuites devant le tribunal correctionnel.
Encore des bobos qui se pensent au dessus des lois et qui veulent faire le buzz d ailleurs des actions qui ne font pas le buzz ne les ont jamais intéressées et maintenant elles crachent à la g..... des gens qu elles pensent qui n ont jamais rien fait auparavant comme si c étaient elles qui avaient découvert la misère qu elles aillent en tôle sans portable et sans pc cela leur remettra les idées en place avant leur prochaine "cause "
C'est chouette d'avoir les liens URL, ça c'est du recrutement ! Pour le surplus, la carte blanche explique clairement que dans ce "milieu" il n'y a que des bisounours et que l'Etat de Droit n'a pas à y fourrer son nez.
Le non-respect des règles pénales reste une infraction, n’en déplaise à cette gauche bob qui estime que les règles qu’elle a imposé aux autres sont obligatoires tandis que celles que les autres lui ont imposées sont facultatives.
Le non-respect des règles pénales reste une infraction, n’en déplaise à cette gauche bobos qui estime que les règles qu’elle a imposé aux autres sont obligatoires tandis que celles que les autres lui ont imposées sont facultatives.