En dix ans, les emplois du secteur bancaire ont fondu

Les banques ont réduit leurs activités depuis la crise financière. Notamment chez BNP Paribas Fortis.
Les banques ont réduit leurs activités depuis la crise financière. Notamment chez BNP Paribas Fortis. - Sylvain Piraux.

Taux planchers, marges d’intermédiation fatalement rabotées, régulation coûteuse, digitalisation nécessitant de lourds investissements, oui, ces dix dernières années, les banques ont vu leur business model bouleverser. Bien sûr, nos institutions belges en 2008 furent, parmi les plus touchées en Europe par la crise bancaire (qui, a, elle-même, inauguré l’ère des taux bas). Dans un tel contexte, jouer sur le rapport coût/bénéfices est un grand classique. Surtout si l’on est coté en Bourse et que l’on veut continuer à répondre aux exigences de ses actionnaires, en affichant toujours une rentabilité satisfaisante pour les marchés.

Quand on souffre, on ajuste

Résultat : l’effet sur la variable la plus « facile » à ajuster, soit les effectifs, est marqué sur la décennie écoulée. Les chiffres compilés par Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, confirme que nos quatre grandes banques ont usé de la tactique (voir infographie). Cependant, pas nécessairement « de la manière forte », c’est-à-dire une restructuration. Si le cas d’ING Belgique a frappé les esprits fin 2016, chez BNP Paribas Fortis, Max Jadot, CEO nous confiait encore récemment «  préférer utiliser la pyramide des âges de manière socialement responsable » (l’âge moyen dans le secteur financier belge est généralement élevé). Par ailleurs, le personnel en agences diminue partout de manière chronique, le « guichet » étant délaissé au profit d’une application smartphone toujours plus complète.

Taille de bilan réduite

Second volet de l’explication de la tendance, l’autre conséquence de la crise : soit la réduction de la taille bilantaire des institutions actives chez nous. Pour exemple : le bilan de Fortis Banque pesait 767 millions d’euros en 2007 alors que celui de BNP Paribas Fortis n’affiche « plus » que 278 millions ! « Les banques ont réduit leurs activités depuis la crise financière. L’inconvénient pour celles qui sont des filiales de groupes étrangers (Belfius et KBC échappent au constat, NDLR), c’est que beaucoup d’activités centrales ont été déplacées vers les quartiers généraux étrangers », constate le professeur.

 
 
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