Didier Reynders: «Non, le contribuable n’a pas payé pour les banques» (vidéo)

Edition numérique des abonnés

Lehman Brothers et la crise financière, c’était il y a 10 ans. A l’époque, Didier Reydners, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, était ministre des Finances, au cœur du chaos. Il était ce vendredi matin l’invité de Matin Première pour revenir sur la gestion de la crise financière par la Belgique.

« On se rend compte que la situation était difficile à gérer (…) On a vu que les banques partaient vers une virtuelle faillite. J’ai pris contact avec un certain nombre d’acteurs comme Lagarde, Juncker, ou Trichet, pour voir s’il fallait prendre des mesures de correction ou si on était à un niveau plus grave », raconte le ministre, qui revient sur sa gestion de la crise alors qu’elle débutait, pays après pays.

« A l’époque j’ai dit : « on va éviter qu’un quelconque citoyen belge perde son épargne. Le but premier, c’était la protection de l’épargne. Dix ans plus tard je suis très fier de voir qu’aucun client n’a perdu son épargne, dans quelque banque que ce soit ».

Le contribuable belge a-t-il payé pour les banques ? Didier Reynders répond non. « Ce n’est pas vrai. On a mobilisé des fonds pour protéger l’épargne, les épargnants. On a surtout fait payer le secteur bancaire, qui a remboursé ».

Est-ce que l’état belge a perdu des plumes ? Didier Reynders estime que ce qui a été investi par l’Etat belge a été récupéré depuis, en faisant payer le secteur bancaire. «  On récupère ce qui a été investi dans les banques parce qu’on a fait payer le secteur financier avec une taxe bancaire ».

« On sait que cette crise a entraîné une récession économique. On n’a évidemment pas encore récupéré l’ensemble de ce qui a été vécu, comme ralentissement de l’activité, perte d’entreprises et donc d’emplois, et en augmentation de la dette », explique Didier Reynders.

Si une nouvelle crise venait à démarrer, le ministre estime qu’elle pourra être mieux anticipée. « A l’époque, les clignotants qui devaient s’allumer s’allumaient pays par pays, mais pas au niveau européen. Certains collègues disaient « c’est dommage, ce qui arrive à ces pauvres Belges », mais ensuite c’est arrivé partout ailleurs. » « Ce qui a changé, depuis, c’est que la Banque centrale européenne a une responsabilité à l’échelle de la zone euro », explique Didier Reynders.

Pour les communales, Didier Reynders invite les francophones à se concentrer sur les listes francophones

Le ministre des Affaires étrangères s’est ensuite exprimé au sujet des élections communales, qui auront lieu dans un mois. « On va se rendre compte des réalités. Voir s’il est possible de faire des accords sur le plan local par-delà les grandes déclarations », a-t-il déclaré.

La N-VA à Bruxelles ? Le ministre invite les francophones à voter pour des listes francophones. « Je vais tout faire pour que ça ne se fasse pas par les voix francophones, je veux qu’elles se concentrent sur le MR, et que nous soyons la première formation politique à Bruxelles. ». « J’appelle tous les électeurs francophones à voter pour des candidats et des candidates francophones », a-t-il répété.

« Au fédéral c’est possible avec la N-VA, on a mis le communautaire de côté, on arrive à gérer les choses au moins aussi bien que ce qu’on a essayé de faire avec d’autres », a-t-il ajouté.

À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. d-20180712-GEM7C2 2018-07-12 15:33:02

    Catherine Fonck au «Soir»: «Je ne suis pas candidate à la présidence du CDH mais...»

  2. DRCONGO-VOTE-POLITICS

    Election en RDC: une officialisation des résultats qui ne résout rien

  3. En juillet 2018, les Etats-Unis et l’Union européenne soldaient leur conflit.

    Mi-mandat de Trump: l’Union européenne en deuil du «grand frère américain»

Chroniques
  • Et pendant ce temps, au Kurdistan…

    La crise – ou plutôt les crises – qui secoue le Proche-Orient depuis longtemps est d’une effroyable complexité. Il y a cependant quelques lignes de force communes, qui apparaissent lorsque l’on fait un zoom sur le facteur humain. Autrement dit, celui dont on tient le moins compte, la chair à canon, le facteur d’ajustement…

    Plusieurs essais ont marqué notre époque : Ces malades ou Ces psychopathes qui nous gouvernent. Qu’ils soient malades ou psychopathes, nos gouvernants – pas tous élus démocratiquement pour ce qui concerne la région en question – sont certainement conduits par le sacro-saint principe de la realpolitik, qui fait peu de cas du facteur humain et vise les intérêts de la nation, le plus souvent à court terme. Ainsi, les Américains ont soutenu les talibans contre les Russes, sans imaginer qu’un jour, ce Ben Laden se retournerait contre eux. Et pendant ce temps, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants subissent les horreurs d’une guerre contre laquelle ils ne peuvent rien, qu’ils n’ont pas voulue et qui ne leur apporte que mort et destruction....

    Lire la suite