Les joyaux d’une nageuse

S ic transit gloriam ! Qui se souvient encore de cette belle Hongroise qui, avec des dizaines de ses compatriotes athlètes, profita des Jeux olympiques de Melbourne pour passer à l’Ouest ? Nous étions en novembre et le climat de la guerre froide était alors plus que tendu après le soulèvement, le 23 octobre 1956, des habitants de Budapest contre le régime à la botte de Moscou. Quelques jours plus tard, les chars de l’Armée rouge entraient dans la capitale et ce que l’histoire retiendra comme l’« l’Insurrection de Budapest » fut matée dans le sang : plus de 2.700 morts…

Asile

Katalin Szõke reçut l’asile des Etats-Unis, mais non sans mal puisque le quota d’accueil des réfugiés hongrois était déjà atteint. Agée de 21 ans, elle patienta à Melbourne, vivant dans un village olympique devenu fantôme avec ses compatriotes, parmi lesquels le médaillé d’or en water-polo Arpad Domyan qu’elle épousera plus tard. Emu par leur sort, le président américain Dwight Eisenhower décida de les accueillir et ils arrivèrent à San Francisco la veille de Noël, avant de rejoindre Boston, puis Miami.

L’importance politique de leur présence aux U.S.A. les amena à sillonner le pays pour un « Freedom Tour » qui permit de récolter beaucoup d’argent pour la cause des nombreux réfugiés hongrois. Même si tous n’atteignirent pas le Nouveau Monde, l’on avance le chiffre de 200.000 personnes qui quittèrent leur pays après la répression de l’Insurrection de Budapest.

Conte de fées

Katalin, devenue Katherine, et Arpad s’installèrent à Los Angeles. Lui dessinait des plans pour un bureau d’architecture et elle travaillait dans une banque. Rien de très lucratif et pas de quoi s’offrir le moindre joyau ! Mais le rêve américain allait se réaliser grâce à l’association d’Arpad avec un promoteur immobilier. Les projets fusaient aux quatre coins du pays et, dès le début des années 1970, la fortune sourit au couple. S’en suivit une vie sociale bien remplie, des relations avec Ronald Reagan et George Bush senior, qui les reçurent maintes fois à la Maison-Blanche, des galas de charité, des patronages à des institutions… Les Domyan faisaient désormais partie de la « haute société ».

Passion

A une époque où les femmes n’hésitaient pas à porter des bijoux de prix, Katherine ne faisait pas exception et elle développa une passion pour la haute joaillerie. Arpad se souvient que la première pièce significative qu’il lui offrit fut une bague avec un diamant jonquille de 11 carats acquis chez Tiffany.

Harry Winston, alors au faîte de sa gloire, fut également l’un des fournisseurs attitrés du couple. Bonhams proposera ainsi deux colliers draperie en diamants portant son poinçon. Le premier pesant environ 86 carats est estimé entre 350.000 et 550.000 dollars, le second d’un poids approximatif de 66 carats est prisé entre 250.000 et 350.000 dollars. Même estimation pour une bague, toujours par Harry Winston, avec un « caillou » pesant 23,13 carats. Mais les Domyan s’intéressaient également aux bijoux plus anciens qu’ils achetaient en salle des ventes, tel ce bracelet en rubis et diamants signé Van Cleef & Arpels, l’un des autres lots phares de la vente.

David Webb était le joaillier préféré de Katherine Domyan et ce bracelet émaillé est garni de diamants et de rubis.
David Webb était le joaillier préféré de Katherine Domyan et ce bracelet émaillé est garni de diamants et de rubis. - D.R.

Le joaillier le mieux représenté dans la collection est sans doute David Webb, dont Katherine ne possédait pas moins de 36 pièces. Chaque voyage à New  York (et ils étaient fréquents se souvient Arpad avec le sourire) impliquait prioritairement une visite dans sa boutique. Bonhams proposera quelques pièces iconiques du bijoutier américain, parmi lesquels un bracelet émaillé avec diamants et rubis estimé entre 15.000 et 25.000 dollars. Avec cette vente, Bonhams renforce encore sa position d’acteur majeur dans la vente de bijoux de qualité.

 
 
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