La construction se met au speed-dating

Nouvelles technologies obligent, la construction évolue à la vitesse grand «
V
». Mais la main-d’œuvre qualifiée ne suit pas...
Nouvelles technologies obligent, la construction évolue à la vitesse grand « V ». Mais la main-d’œuvre qualifiée ne suit pas... - D.R.

Le speed-dating, tout le monde connaît aujourd’hui. En un laps de temps très court, on se présente à une personne, qui se présente à son tour et si la magie opère, on se passera (peut-être) un jour la bague au doigt…

C’est un peu ce que va faire ce jeudi la Confédération Construction wallonne à la haute école Robert Schuman de Libramont.

Elle organise une session de speed-dating à l’adresse des étudiants de trois hautes écoles (Louvain en Hainaut, de la Province de Liège et Robert Schuman) à la recherche de stages dans le cadre de leurs études.

Face à eux, 24 entreprises qui vont lancer une opération séduction afin de les attirer vers elles. La volonté de ces entreprises est à peine cachée. « En attirant les étudiants en stage, les entreprises espèrent les garder pour le futur en leur faisant signer un contrat en bonne et due forme », explique Florie Thomas, conseillère Emploi-Formation-Enseignement auprès de la CCW.

Cette démarche inversée sur le marché de l’emploi (l’employeur qui va à l’encontre du demandeur d’emploi et non l’inverse) s’explique par le manque de main-d’œuvre dont souffre cruellement le secteur de la construction. En raison du développement des nouvelles technologies, celui-ci recherche toujours plus activement toute une série de profils, comme ceux qui sont concernés par le speed-dating de Libramont : électromécaniciens, informaticiens spécialisés en gestion technique des bâtiments, bacheliers en construction, gestionnaires de chantier ou encore ingénieurs spécialisés en construction.

Nul besoin de signaler que la construction constitue un secteur-clé de l’économie en Wallonie, sachant qu’elle représente 30.000 entreprises (dont 95 % de PME), 10 % du PIB, 15 % de l’emploi privé. « La situation que connaît le marché de l’emploi en Belgique est pour le moins interpellante, estime Florie Thomas. Alors qu’il y a près de 200.000 demandeurs d’emploi en Wallonie, plus de 31.000 emplois restent vacants. Et si l’on ajoute les emplois vacants en Flandre, ce sont plus de 145.000 emplois qui restent à pourvoir. Les entreprises ne parviennent tout simplement pas à trouver les profils dont elles ont besoin. »

Le speed-dating ardennais devrait concerner une vingtaine d’étudiants (les autres ne se sont pas inscrits ou ont déjà trouvé un stage). Ce n’est pas beaucoup mais c’est un bon début. Et puis ça ressemble furieusement à l’amour : c’est la qualité qui prime et non la quantité…

 
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