Les profs d’unif craignent des diplômes dévalorisés

©Pierre-Yves Thienpont | Le Soir
©Pierre-Yves Thienpont | Le Soir

Le « décret paysage » qui organise l’enseignement supérieur depuis 2014 est loin d’emporter l’adhésion de tous les professeurs des universités et hautes écoles belges francophones.

Ils sont 400 à avoir signé une lettre adressée au ministre de tutelle Jean-Claude Marcourt pour dénoncer les effets néfastes de cette réforme sur l’enseignement supérieur. Leur jugement est sans appel. La règle des 45 crédits sur 60 à valider pour passer de première en deuxième et donc la suppression de la notion d’année d’études entraînent leur lot de dérives : sentiment erroné de réussite, impression de liberté totale dans l’organisation du parcours, report du moment où certains étudiants constatent leur difficulté à poursuivre, charge administrative énorme pour les universités, dévalorisation des diplômes…

« Traînasser dans un système »

Les premières données disponibles semblent confirmer ce constat : alors que les étudiants entrés pour la première fois à l’université en 2011 (à l’époque du système Bologne) étaient 27,7 % à réussir leur bac en trois ans, ceux qui ont débuté le supérieur en 2014, avec le décret Paysage, ne sont plus que 24,6 % à réussir un « parcours sans faute ».

Les signataires de la lettre s’interrogent sur « le coût sociétal d’un régime qui permet aux étudiants de traînasser dans un système sans chances de réussite réelles ». Ils concluent : « Une démocratisation de l’enseignement supérieur serait certes souhaitable ; cependant, le décret ne donne pas aux universités les moyens nécessaires à celle-ci. Il dévalorise en outre les diplômes universitaires de la Belgique francophone, qui peuvent désormais être obtenus à l’usure ».

A lire sur le Soir+: la lettre ouverte au ministre Jean-Claude Marcourt et notre analyse de la situation

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. En 2 ans à peine, Juul a conquis 75% du marché américain des cigarettes électroniques. Mais plusieurs utilisateurs sont morts de pneumonie.

    Comment la cigarette électronique a fini par tuer

  2. «
Je ne me bats pas contre le cancer, mais pour la vie
».

    Visa pour la Flandre: pour Caroline, pour la vie

  3. Ursula von der Leyen va s’expliquer sur le concept de «
mode de vie européen
» devant les chefs de groupe du Parlement européen.

    «Protection du mode de vie européen»: Von der Leyen protège encore son choix de mots

La chronique
  • Visa pour la Flandre: pour Caroline, pour la vie

    En attendant le gouvernement flamand… C’est drôle ce sentiment pour le mauvais élève traditionnellement au fond de la classe, qui rend toujours sa copie en retard, de se retrouver au premier rang, devoirs terminés, prêt pour la récré, attendant que les autres terminent leur travail. Et donc oui, voilà trois gouvernements francophones en état de marche, avec de nouveaux ministres, des jeunes femmes blondes et brunes, des hommes (beaucoup) plus mûrs prêts à gouverner, qui attendent la Flandre pour être au complet et finir le tableau fédéral. C’est pas souvent…

    C’est tellement pas souvent que la presse du nord du pays se démène pour trouver de l’information. Ils se sont bien un peu amusés avec le coup du « canon ». Ils ont bien tenté une percée polémique avec le nucléaire. La N-VA veut prolonger les centrales – est-on surpris ? –, le CD&V et l’Open VLD sont embarrassés. La tripartite wallonne, elle, bardée de son plan de réduction des gaz à effet de serre se voit décerner en néerlandais la mention « une ardeur verte d’avance »....

    Lire la suite

  • Un scrutin en Israël qui ne résout rien et occulte l’occupation

    Une élection sans vrai vainqueur, cela existe. Les Israéliens viennent de le prouver ce 17 septembre alors qu’ils étaient appelés, pour la seconde fois cette année, fait sans précédent, à élire un nouveau Parlement (Knesset). Les deux principales formations, arrivées à égalité en tête le 9 avril dernier, restent grosso modo sur leurs positions : ni le Likoud nationaliste du Premier ministre Binyamin Netanyahou ni « Bleu et blanc », le parti de centre droit emmené par l’ex-général Benny Gantz, ne font de percée décisive et...

    Lire la suite