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Benalla auditionné au Sénat: «Je n’ai jamais été policier, ni garde du corps d’Emmanuel Macron» (vidéo)

L’ancien chargé de mission à l’Élysée a répondu aux questions des sénateurs français.

Temps de lecture: 6 min

La commission d’enquête sénatoriale entend Alexandre Benalla l’ancien collaborateur du chef de l’État, mis en examen pour avoir malmené des manifestants en marge des défilés parisiens du 1er mai.

Les excuses de Benalla

Au début de son audition, Alexandre Benalla a exprimé sur son « respect » des institutions. « J’ai un profond respect pour le Sénat », fait-il valoir, réaffirmant encore son « respect total des institutions, du Sénat et des sénateurs ».

Cette prise de parole fait écho aux propos qu’avait tenus Alexandre Benalla au sujet de la commission d’enquête, en réaction à sa convocation.

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Le port d’armes de Benalla

Alexandre Benalla explique avoir suivi en 2009 une « préparation militaire gendarmerie ». « On vous apprend dans quels cadres vous pouvez » porter une arme et « l’utiliser ». « Je pratique également le tir sportif depuis un certain nombre d’années, c’est-à-dire que je me rends au stand de tir deux fois par semaine depuis quelques années », précise-t-il. « À ce titre, je détenais un certain nombre d’armes. »

Alexandre Benalla explique avoir  » fait une demande pour des motifs personnels, pour sa sécurité personnelle ».

Les fonctions de Benalla

« Je n’ai jamais été le garde du corps d’Emmanuel Macron », explique Alexandre Benalla au sujet de son activité dans la campagne d’Emmanuel Macron puis au sein de l’Élysée.

« À partir du moment où vous êtes un facilitateur, vous avez une certaine proximité avec la personne » mais « je n’étais pas le garde du corps d’Emmanuel Macron car il y avait déjà d’autres personnes » en charge de sa sécurité.

« J’avais une tâche de sécurité générale et d’organisation générale », précise l’ancien chargé de mission, «  comme un certain nombre de personnes sur lesquelles on ne porte pas le focus aujourd’hui ».

Alexandre Benalla a expliqué qu’il a été recruté sous le statut de chargé de mission.

« Pouvez-vous, ici sous serment, nous confirmer qu’à aucun moment à l’Elysée, vous avez exercé des fonctions de police ou maintien de l’ordre ? », demande le co-rapporteur de la commission, Jean-Pierre Sueur. « Je vous le confirme », répond Alexandre Benalla.

Sur sa rétrogradation, vécue comme une « humiliation »

Alexandre Benalla évoque ensuite sa sanction du 2 mai, après les faits survenus place de la Contrescarpe. « En ce qui concerne la sanction, j’ai été convoqué par Patrick Stzroda une première fois avec lequel on a évoqué les faits, et il m’a dit qu’il me tiendrait au courant », explique-t-il.

« Celui qui m’a annoncé ma sanction, c’est Patrick Stzroda », ajoute-t-il. « J’ai pu exposer mes arguments à Patrick Stzroda » lors de cet entretien, précise Alexandre Benalla. Sa sanction lui a été notifiée au cours d’un second entretien « avec la cheffe du personnel qui m’a remis un courrier et qui me l’a fait signer ».

Alexandre Benalla apprend par la suite qu’il ne participerait plus « aux déplacements officiels du président de la République » et n’allait « plus avoir les mêmes activités ». « Je l’ai pris très mal », confie-t-il, considérant ayant déjà reçu une première sanction.

Invité par la suite à préciser ses fonctions après sa rétrogradation, Benalla explique qu’il synchronisait les cortèges. « Ça s’appelle une rétrogradation, moi j’ai considéré que c’était une humiliation ».

Sur son grade de lieutenant-colonel

Les sénateurs l’interrogent ensuite sur son grade de lieutenant-colonel au sein de la réserve de gendarmerie. « J’ai suivi un cursus tout à fait normal, j’ai postulé quand j’avais 17 ans et demi. J’ai effectué 300 jours de réserve, en tenue, sans distinction avec les gendarmes d’active ».

Alexandre Benalla indique ensuite que le général Bio-Farnia a souhaité le faire participer à un groupe de travail. « Il m’a nommé, du fait de mes diplômes, du fait de mon expérience et de mes fonctions à la chefferie de cabinet, au grade de lieutenant-colonel. Ce n’est pas moi qui l’ai demandé, on me l’a proposé ».

« Le cadre d’emploi que j’occupais à l’Elysée coïncide avec la fonction que j’occupais au sein de la gendarmerie ».

Sur ses avantages

Une sénatrice interroge Alexandre Benalla sur ses deux passeports diplomatiques, dont l’un a été délivré le 24 mai 2018, après la sanction infligée.

« La délivrance de passeports diplomatiques est automatique pour l’ensemble des personnels qui peuvent être amenés à se déplacer avec le président de la République », répond Alexandre Benalla, « Cela ne confère aucun avantage, aucune immunité. Dès lors que vous vous déplacez à l’étranger avec le président vous en avez un. Beaucoup de gens en disposent, c’est l’usage, ils sont attribués de façon automatique ».

De nouveau interpellé sur la résidence de l’Alma, Alexandre Benalla indique « avoir fait cette demande dans un cadre normal. » « Vous vous rendez compte que vous finissez à minuit, une heure, que vous faites vingt minutes de trajet, que vous ne voyez pas votre femme. Ce logement a été attribué dans un cadre de nécessité de service, je ne l’ai jamais occupé. »

Interrogé sur l’utilisation d’une voiture de service de l’Elysée, Alexandre Benalla explique que « l’Élysée dispose d’un parc automobile pour transporter un certain nombre de personnes. Ce sont des véhicules de service, ce ne sont pas des véhicules de fonction ».Il indique avoir continué à utiliser ces véhicules car il était « en charge d’événements connexes qui peuvent être organisés par l’Elysée. »

Sur les contrôles d’identité de journalistes

Alexandre Benalla a été accusé par plusieurs journalistes d’avoir mené des interpellations ou des contrôles d’identité. « Je n’ai jamais fouillé ou contrôlé l’identité d’un journaliste. Je vais vous donner un exemple : quand vous êtes en déplacement en Guyane et qu’il y a des gens qui attaquent la préfecture, vous avez l’autorité administrative, le secrétaire général de la préfecture en l’occurrence, qui est à côté de vous. Et 500 personnes attaquent. Il se tourne vers vous et vous demande qu’est-ce que l’on fait. Vous représentez le cabinet du président de la République, donc si vous voyez une manière d’agir sur la situation, vous le faites. »

Plusieurs auditions

Dans la foulée sera auditionné Vincent Crase, chef d’escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, filmé à ses côtés lors de ces incidents et également mis en examen.

Au moment des faits, les deux hommes étaient respectivement adjoints du chef de cabinet de la présidence et employé du parti présidentiel La République en marche. Ils ont tous deux été licenciés après la divulgation des événements dans la presse.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Dewamme Claude, mercredi 19 septembre 2018, 18:09

    Vous avez été quoi ,alors ? Un usurpateur, un simulateur ,ou un paranoïaque intelligent ?

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