Restons Belges!

One shot pour Horta qui expose cette prestigieuse collection allant du moyen âge à nos jours, avant qu’elle ne s’en aille pour les enchères monégasques chez Accademia. « Il est tellement rare de voir arriver sur le marché une collection d’une telle qualité encore intacte que nous n’avons pas hésité à ouvrir notre salle à son exposition lorsque François-Xavier Vanderborght et Joël Girardi nous ont sollicités afin de trouver un lieu à Bruxelles », explique Dominique de Villegas qui aurait trouvé dommage qu’elle se retrouve exposée dans un lieu sans attache avec le monde de l’art.

De Gossaert à Chagall

Lot 98. Rik Wouters.
Lot 98. Rik Wouters. - D.R.

Outre la présentation des 150 œuvres dans sa salle complètement vidée pour l’occasion, la maison bruxelloise a également participé à la vérification de l’ensemble des œuvres, à la supervision du catalogue et à la description des étiquettes. Les candidats acheteurs des pièces de la Fondation Sogefa II disposeront ainsi des « conditioning reports » établis par l’équipe bruxelloise. On comprend l’enthousiasme des spécialistes lorsqu’ils ont déballé les 150 pièces pour les soumettre à un examen UV avec rien de moins qu’un reliquaire en argent XIIe siècle tournaisien, des peintures de Jean Gossaert dit Mabuse (dont les cotes se sont envolées récemment), de Jacob Jordaens ou de Pierre Mignard, mais aussi une belle part d’œuvres du XXe siècle avec des toiles de Théo Van Rysselberghe, James Ensor, Anto Carte, Walter Sauer et Rik Wouters, des sculptures de George Minne, Léon Sarteel ou Albéric Collin sans oublier de grands noms étrangers comme Chagall, Kisling ou Mane-Katz.

Repères

Lot 122 Sauer.
Lot 122 Sauer. - D.R.

Difficile d’opérer une sélection parmi cet ensemble, hétéroclite certes, que les héritiers ont souhaité disperser à Monaco. Le seul critère qui se dégage de la collection est la qualité, tant les domaines repris sont diversifiés : des tableaux, des œuvres sur papier, des sculptures, des pièces chinoises, une icône russe du XIXe siècle, de l’orfèvrerie (dont une aiguière XVIIIe en vermeil), du mobilier aussi, comme ces deux meubles bourguignons datant du XVIe siècle et attribués à l’ébéniste, ornemaniste et sculpteur Hugues Sambin. Tous les amateurs d’art belge du XXe  siècle y trouveront leur bonheur, les prix annoncés n’étant pas nécessairement réservés aux plus nantis : 1-1.500 euros pour un dessin de Rassenfosse ou un « Marabout » de De Meester de Betzenbroek ; à peine plus pour un très beau nu signé Montald ; 3-5.000 euros pour une gouache de Nel par Rik Wouters et quasi la même estimation pour Les commissionnaires de Jules De Bruycker. Les Théo Van Rysselberghe ne sont évidemment pas à placer dans le même registre : 120-160.000 euros pour son Elégante du miroir (1908), une huile néo-impressionniste reprise au catalogue raisonné, en parfaite condition et au très beau pedigree. La nature morte au vase de fleurs et fruits peinte par Ensor dans les années 20-25 devrait flirter avec les mêmes montants. Autre moment fort de cette vacation, deux toiles d’Anto Carte dont les œuvres sont (très) recherchées : L’enfant prodige, une huile datant de 1920, exposée aux Etats-Unis en 1924 et remarquable par sa composition dans un environnement dominé par une neige quasi irréelle (150-200.000 euros) et, plus intimiste, ce couple dans un Intérieur proposé autour de 80-120.000 euros. Le top lot de la vacation est une œuvre sur papier de Chagall datant de 1961 (2-300.000 euros), mais ceci est une autre histoire. Plusieurs George Minne terminent ce chapitre belge qu’il serait dommage de ne pas aller admirer.

Exposition publique à l’Hôtel de Ventes Horta du 20 au 23 septembre 2018.

 
 
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