Des projets rentables… mais uniquement sur le plan personnel

Vincent Dupont est associé et architecte chez DDS+ depuis dix ans. Il a participé de près à la création de trois nouvelles écoles à Bruxelles.

Les deux premières ont été construites sur le site Van Oost à Schaerbeek, lequel abrita jadis la brasserie Roelants. Les plus anciens (mais seulement eux…) se souviendront qu’elle produisait notamment la Jagerbier et la Dog Ale.

Sur cette friche industrielle inactive depuis des lustres, DDS+ a imaginé deux écoles, maternelle et primaire : l’une francophone et l’autre néerlandophone, qui partagent un espace commun. Total : 39 classes et 1.000 élèves. Une particularité : la cour de récréation est commune aux deux établissements. « Ce projet de 12.000 m2 qui comprend également une salle de sport et des logements (NDLR : 11 appartements) a un fort impact sur le plan urbanistique et sociétal, insiste Vincent Dupont. Le site a été intégralement rasé pour céder la place à un ensemble dont la difficulté a été son intégration dans le bâti existant. »

Les deux rues attenantes au projet sont, en effet, caractérisées par des maisons mitoyennes bruxelloises traditionnelles. Le projet de DDS+ transforme l’intérieur d’îlot en espace public et conserve partiellement le patrimoine architectural des rues adjacentes.

L’autre projet se situe avenue de l’Astronomie à Saint-Josse. Il s’agit ici d’une reconversion d’un ancien immeuble de bureaux et de logements (14.400 m2) en école de promotion sociale (EPFC) dotée de 75 classes (2.300 élèves). L’enveloppe extérieure de l’immeuble ainsi que les façades ont été conservées en l’état. « Il a fallu transformer et réaffecter le bâtiment, explique Vincent Dupont. Le permis d’urbanisme a été obtenu par le bureau Art&Build. Nous sommes intervenus en cours de route pour nous occuper du suivi d’exécution. »

Dessiner et imaginer une école n’est certainement pas plus facile à faire que des logements ou des bureaux. « Il faut bien réfléchir aux dimensionnements et aux espaces avec pour principale contrainte la cour de récréation qui implique toujours une grande surface au sol, explique l’architecte. Par ailleurs, il faut également bien connaître le fonctionnement de l’école, son organigramme et son programme scolaire avant de se lancer. Sans parler des normes de sécurité… »

S’ils concernent beaucoup d’élèves, les deux projets évoqués ci-dessus ne sont pas ce qu’on peut appeler de grands projets par la taille. « C’est le problème de toutes les écoles : ce ne sont pas des réalisations financièrement rentables car on a peu de mètres carrés, des bâtiments assez complexes et énormément de choses à prévoir avec beaucoup de discussions en interne ainsi qu’avec le voisinage. Si le quartier est généralement très content de voir une école se construire, il en va tout autrement pour les voisins directs de l’école… », argumente Vincent Dupont.

Par contre, ce genre de projets est très motivant et enthousiasmant pour un architecte car celui-ci a conscience de travailler pour les générations futures. « Sur le plan de la créativité, c’est assez ludique », expose notre interlocuteur.

Chez DDS+, on avoue ne pas avoir d’autres projets d’écoles dans les cartons. « On aimerait bien mais la plupart du temps, ces nouvelles constructions sont sujettes à des concours et le problème des concours, c’est qu’il faut les gagner !, sourit Vincent Dupont. Et puis, il y a d’autres problèmes, comme le fait de devoir trouver des terrains en ville, ce qui est de moins en moins évident. »

Autres contrariétés : l’impossibilité de phaser les travaux de rénovation (où met-on les élèves en attendant ?) et d’étendre les écoles car elles souffrent quasiment toutes d’un manque de place.

Qui a dit que le travail de l’architecte était facile ?…

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. HOCKEY EUROHOCKEY FINAL BELGIUM VS SPAIN

    Maîtrise et sang-froid: les Red Lions sacrés champions d’Europe (vidéos)

  2. FRANCE G7 SUMMIT

    G7: Biarritz en état de siège, la ville où on apprend à attendre…

  3. d-20190816-3VKH9V 2019-08-16 15:15:52

    L’Unesco met en garde contre le «Sauvage» de la Ducasse d’Ath et appelle au «respect mutuel entre communautés»

La chronique
  • Vous avez de ces mots: La parlure des {ceux de chez nous}

    Entre wallon et français

    Le précédent billet de cette chronique vous a rappelé pourquoi les œuvres d’Arthur Masson, qui comportent du français et du wallon, ne peuvent pas être considérées comme un langage mixte. L’auteur distingue soigneusement les deux langues, en les faisant alterner selon les personnages ou les circonstances du récit. Il nous faut donc chercher ailleurs l’équivalent du bruxellois « beulemans », dans lequel français et flamand sont parfois imbriqués au sein d’une même phrase ou d’une même expression.

    Cet équivalent existe, mais il n’est plus guère connu aujourd’hui que de quelques spécialistes des productions régionales et d’un lectorat moins jeune encore que celui qui a apprécié la Toinade d’Arthur Masson. Il s’agit d’une littérature essentiellement liégeoise de par l’origine des auteurs et le décor des romans ou nouvelles. Elle est écrite dans une langue dont la base est incontestablement...

    Lire la suite

  • L’Amazonie en feu: Sa forêt? Nos poumons!

    Alors, #prayforamazonas. #prier pour l’Amazonie. C’est en apparence tout ce qu’il nous reste à faire. Car entre la bêtise du président (élu) d’un des plus grands pays de la planète (Jair Bolsonaro) et l’incapacité répétée des grands dirigeants du monde de faire bloc, il n’y a plus guère de place que pour l’incantation.

    Un ciel jaunâtre éclipse São Paulo, une eau de pluie noire déferle sur la ville brésilienne, et nous croisons les doigts. 74.000 feux ont été comptabilisés depuis janvier au Brésil,...

    Lire la suite