Les nouveaux baux, tout beaux tout frais: une exclusivité de l’OP

Le bail en colocation édité en français par l’OP : un des... 28 baux existant désormais en Belgique.
Le bail en colocation édité en français par l’OP : un des... 28 baux existant désormais en Belgique. - D.R.

Les nouveaux baux sont d’application depuis le 1er janvier en Région bruxelloise et depuis le 1er septembre en Région wallonne. Ces changements, parfois minimes, apportés aux textes ont entraîné un branle-bas de combat généralisé au sein d’une agence immobilière: l’Office des Propriétaires. La raison en est simple: depuis les années 70, l’OP est le seul à éditer les baux. « Pour être honnête, tout le travail est externalisé auprès du bureau juridique Re-Law, sourit Guillaume Pinte, le patron de l’OP. A chaque modification, nous rappelons les baux en librairie, les textes sont retravaillés et on renvoie les nouveaux baux aux libraires via les AMP (Agences et Messageries de la Presse). Cette année a été particulièrement lourde en la matière avec les changements au sein des deux Régions précitées. »

Derrière une réforme en apparence simple se cache un travail, en réalité, titanesque. Car qui dit baux en Belgique dit... 28 sortes de textes différents! « Désormais, on recense le bail résidentiel, le bail commercial, le bail commercial de courte durée, le bail de la colocation, le bail étudiant et le bail de droit commun, énumère d’une traite Guillaume Pinte. Le tout à chaque fois traduit en français et en néerlandais et pour chacune des trois Régions. Vous pouvez mieux imaginer le travail... »

Petit détail cocasse (pour celui qui a la force d’en rire): Uccle, Rhode-Saint-Genèse et Waterloo, trois communes limitrophes que l’on peut presque rejoindre... en trottinette, requièrent trois baux différents puisque la première commune se situe à Bruxelles, la deuxième en Flandre et la troisième en Région wallonne.

Notre interlocuteur l’avoue tout de go: Si 14.000 baux ont été imprimés pour Bruxelles (NDLR : 6.000 baux résidentiels, 4.000 baux de colocation et 4.000 baux étudiants, ces deux derniers étant les grandes nouveautés de la réforme) et 7.000 pour la Wallonie, ils se résument financièrement à une opération blanche pour l’OP, groupe fondé en 1875. Ne parlez surtout pas de mine d’or pour Guillaume Pinte et ses 75 employés. « Si nous continuons à éditer les baux, c’est uniquement pour une question de notoriété et de sérieux auprès de nos clients, avance-t-il. En achetant un bail édité par l’OP, le client sait qu’il aura la toute dernière version à jour et la garantie d’avoir un texte légalement en ordre, ce qui n’est pas le cas avec les nombreuses versions de baux que l’on peut trouver en ligne... Quant à nous, cela nous permet d’avoir notre logo auprès de 600 libraires du pays. »

Une visibilité toujours bonne à prendre. Si les mois à venir devraient être tranquilles, Guillaume Pinte s’attend un jour ou l’autre à devoir battre le rappel du bail commercial puisque celui-ci est toujours régi par la loi de... 1951. « Pour l’instant, on est tranquille mais ça finira bien par nous tomber dessus, c’est sûr. Pareil pour la Flandre qui va, elle aussi, changer ses baux. Le changement a déjà été annoncé, on attend... »

Quand il a repris les rennes de l’Office, Guillaume Pinte s’est retrouvé à la barre d’un colosse immobilier qui possède 6.000 biens en gestion et gère quelque 700 locations par an, principalement sur Bruxelles. Il avoue avoir songé un moment à se débarrasser de la tracasserie administrative liée aux baux mais il en a été dissuadé par son équipe « locations ». « Je voyais les clients défiler au comptoir pour retirer les baux et je trouvais cela quelque peu dépassé, dit-il à ce sujet. J’ai alors repris contact avec les AMP qui avaient cessé la livraison des baux depuis une dizaine d’années. Finalement, elles ont bien voulu tenter l’expérience, et heureusement. Aujourd’hui, nos ventes physiques en agence sont loin d’avoir disparu puisqu’elles représentent encore 50% de la demande. L’autre moitié est achetée en librairie ou via notre site internet. »

Rayon prix, un bail coûte 15 euros, du moins celui résidentiel classique et étudiant. Il faut payer 5 euros de plus pour le bail de colocation, qui comprend également une convention de substitution de colocataires en cas de changement de colocataire. Un montant qui est resté quasiment inchangé au fil des années. « Quand j’étais étudiant, je me souviens qu’il coûtait 500 francs belges, soit 12,5 euros actuels, argumente l’agent immobilier. Je le répète, modifier les textes des baux coûte tellement d’argent qu’il ne faut en rien parler de bénéfices. Nous faisons valoir avant tout la sécurité juridique de nos textes. »

En français et en néerlandais dans le texte...

www.op.be

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Depuis 2017, l’inspection du travail bruxelloise est autorisée sous certaines conditions strictes à «piéger» les entreprises sur lesquelles pèsent des soupçons de discrimination à l’embauche.

    Marché de l’emploi: les tests anti-discrimination peinent à faire leurs preuves

  2. L’idée d’un «passeport vaccination» permettant de voyager librement a d’abord été lancée par le Premier ministre grec, le conservateur Mitsotakis.

    Coronavirus: un «passeport vaccinal»? L’UE planche sur un outil pour la médecine, pas (encore?) sur un sésame

  3. Dans cette école primaire d’Edegem, les enfants n’ont pu entrer dans les locaux que pour se faire tester, de même que leurs parents.

    Coronavirus: le combat contre le variant anglais se met doucement en place

La chronique
  • Bruxelles, capitale par défaut?

    Bruxelles lésée par la clé de répartition des fonds européens ? Ecrire cela, ce serait, a-t-on entendu, passer à côté de l’essentiel, la qualité des projets pour la reprise et la résilience. En clair, ce ne sont pas les chiffres qui comptent… On se demande, dès lors, pourquoi les chefs des gouvernements de ce Royaume ont entamé la négociation précisément par sa composante budgétaire et ses calculs d’apothicaires. Oser regretter une part trop maigre pour les Bruxellois(es), ce serait, a-t-on aussi lu, faire fi des « effets retours ». Ceux-là mêmes qu’on nous vend à chaque réforme fiscale, qui compensent tout euro concédé aux contribuables par un euro récupéré, dans l’activité économique, pour les caisses de l’Etat ? Non, pas ceux-là. Pas non plus cet effet multiplicateur que doit induire, par ses réalisations, la manne de l’Union européenne. On nous vend ici les effets « localisés ». Un nouveau récit politique dans le fédéralisme belge. Il était une fois la Région bruxelloise, qui reçoit non seulement son enveloppe, 395 millions sur 5,9 milliards, mais qui est aussi la seule entité du pays à « ...

    Lire la suite

  • Le sens des autres…

    Après moi les mouches ? C’est hélas ce que l’on doit constater. 5.000 Belges sont désormais en quarantaine forcée en raison de foyers du variant britannique du covid déclarés à Kontich et Edegem. D’où la décision de mettre « hors circuit » 1.450 étudiants, 250 membres du personnel et tous les membres de leur famille. Pour le bourgmestre de Kontich, « on connaît la cause de cette contamination, des gens revenus de vacances et qui ne sont pas allés en quarantaine ».

    Aucune...

    Lire la suite