Peste porcine: le ministre de l’Agriculture René Collin rassure les éleveurs et les consommateurs

René Collin © Belga
René Collin © Belga

« O n ne laissera aucun éleveur seul » face aux conséquences de la peste porcine africaine, a assuré le ministre wallon de l’Agriculture, René Collin (CDH), aux représentants du secteur porcin wallon qu’il a rencontrés ce jeudi midi à Namur. « Nous examinons le soutien économique que nous pouvons apporter non seulement par rapport au préjudice subi mais aussi par rapport aux investissements qui pourraient être nécessaires », a-t-il ajouté.

Face à un secteur inquiet alors que 13 pays ont déjà suspendu – au moins partiellement – leurs importations de porcs belges, le ministre a refait le point sur la situation et a rappelé les mesures déjà prises sans en annoncer de nouvelles, si ce n’est la mise en service, dans l’après-midi, d’un numéro vert pour les éleveurs.

58 exploitations agricoles directement concernées

Selon les chiffres officiels, la zone de sécurité de 63.000 hectares définie après la découverte de plusieurs cas de peste porcine dans le sud de la province de Luxembourg, compte 58 exploitations porcines, dont 7 de plus de 50 porcs. Parmi ces dernières, 6 sont en circuits fermés et pour 4 d’entre elles, l’élevage de porc constitue l’activité principale.

Ces exploitations continueront à avoir des contacts personnalisés avec l’AFSCA – l’agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire – et le collège des producteurs, une interface entre les autorités et les quelque 12.000 éleveurs qu’elle représente, analysera la situation de chacune d’entre elles avant d’en faire rapport au ministre.

Aucun risque pour le consommateur

Outre les mécanismes de soutien aux producteurs wallons, dont certains seront co-financés par l’Union européenne, « nous avons également évoqué la nécessité de sensibiliser le secteur de la distribution afin de ne pas faire paniquer les consommateurs. À l’heure actuelle, la filière porcine belge est saine, les cas confirmés ne concernant que la faune sauvage, et il n’y a aucun risque à consommer de la viande de porc », a encore affirmé René Collin en admettant néanmoins que « certains éleveurs devront adapter leur production à la réalité actuelle ».

Quant à un abattage éventuel, « on n’est est pas là », a répété le ministre. Si ce scénario devenait malgré tout réalité, le fonds sanitaire interviendrait.

Plus tôt dans la journée, la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), inquiète de la durée du confinement imposé aux exploitations porcine, avait demandé aux autorités de pouvoir euthanasier les bêtes qui étaient censées prendre le chemin de l’abattoir.

Des éleveurs inquiets

« Pour notre part, nous sommes satisfaits de l’engagement politique qui a été pris sur des mesures de soutien au secteur », a de son côté réagi Emmanuel Grosjean, le coordinateur du collège des producteurs, au terme de la rencontre avec le ministre Collin. «  Cette réunion va également nous permettre de donner des informations claires aux producteurs et aux éleveurs qui sont inquiets et pour qui commence à se poser la question de la commercialisation de leurs porcs », a-t-il poursuivi.

« En ligne avec les priorités des autorités pour éradiquer la maladie », l’organisation sectorielle a par ailleurs été chargée de dresser « un état des lieux des préoccupations et de la situation économique des 58 exploitations » situées dans la zone de sécurité.

La Flandre nerveuse

Son de cloche moins positif à la Fugea, où l’on estime que les éleveurs engagés dans l’agriculture biologique et dans l’élevage de plein air seront, une fois encore, les plus touchés. « Nous défendons un élevage différencié. Et nos éleveurs vont à nouveau être coincés par une crise qu’ils n’ont pas provoquée », a ainsi commenté Philippe Duvivier, le président de l’organisation agricole, en dénonçant par ailleurs « la communautarisation » du dossier. « On sent de plus en plus de nervosité et de pression de la part de la Flandre, où se situent plus de 90 % des élevages porcins. Or, il ne faut pas que nous suivions aveuglément le nord du pays », a-t-il plaidé.

Également autour de la table ce jeudi matin, l’Afsxa a, elle, salué, la collaboration avec les autorités, tant wallonnes que fédérales. « Nous étions prêts et nous savions que ce type de crise allait arriver », a affirmé Jean-François Heymans, le directeur santé animale de l’agence fédérale. «  Pour l’instant, nous ne prenons pas de nouvelles mesures mais nous sommes en contact permanent avec les autorités et l’évaluation du risque est constante. Si les données changent, nous nous adapterons », a-t-il conclu.

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Sur les bateaux munis d’une grue pour remonter les cordes, ce sont environ deux tonnes de moules par heure qui sont pêchées à partir de la fin du mois de mai.

    C’est déjà la saison des moules

  2. Binche, Estinnes et Morlanwelz rejoignent la toute nouvelle circonscription de Soignies-La Louvière.

    Elections 2019: les curieux comptes électoraux du SPF Intérieur

  3. La campagne du Belang vise principalement les jeunes.

    Campagne 2.0: le Vlaams Belang tire son épingle du jeu

Chroniques
  • Campagne 2.0: le Vlaams Belang tire son épingle du jeu

    Jusqu’à présent, le moment le plus captivant de la campagne électorale en Flandre a été l’interruption par des activistes climatiques d’un débat électoral entre Guy Verhofstadt, député européen libéral, et Geert Bourgeois, tête de la liste européenne de la N-VA et actuel ministre-président de la Flandre. Ils ont lancé des confettis et des tracts sur les deux hommes politiques, et se sont jetés par terre dès que les agents de la sécurité ont essayé de les écarter du plateau. Après le lancement par la rédaction d’une séquence sur un thème tout à fait différent, les activistes ont été écartés et remis dans les mains de la police. Le débat put reprendre, mais le suspense avait disparu.

    L’insipidité de la campagne électorale en Flandre a, selon moi, plusieurs causes : la proximité des élections précédentes, en octobre dernier, pour le niveau communal, qui à ce moment-là était le premier scrutin depuis plus de quatre ans ; ou encore,...

    Lire la suite

  • Petits partis: entrer en politique pour la changer, au risque que celle-ci vous change

    La démocratie est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres ». La citation de Winston Churchill est largement partagée au sein des listes citoyennes. Notre parlementarisme est devenu une particratie, sous le contrôle de coupoles présidentielles qui, souvent, décident au nom d’intérêts partisans ou de logique à court terme.

    Le désir de changement est profond, tant le système actuel semble en crise. Et c’est ce pas que franchit un nombre croissant de citoyens, décidés à « entrer...

    Lire la suite