Europa League: Higuain (Milan AC) gâche la fête de Dudelange

Huit mille spectateurs (7.983 pour être précis), une quarantaine de médias de l’Europe entière, le Grand-Duc Henri dans les tribunes : Josy Barthel n’avait plus vu passer autant de monde devant ses guichets désuets depuis un Luxembourg-France qualificatif pour la dernière Coupe du monde ; Lucas Biglia, lui, s’est sans doute souvenu de quelques matches disputés avec le Sporting d’Anderlecht, à Mouscron, au Cercle ou à Saint-Trond, lorsqu’il pouvait presque identifier les supporters adverses faisant siffler ses oreilles.

Le duel entre le F91 Dudelange et l’AC Milan, improbable et atypique, est de ceux qu’on pensait à jamais engloutis par la réforme des coupes européennes et l’avènement du foot business. S’il règne sans partage sur le championnat luxembourgeois depuis plusieurs saisons déjà (sur base d’un budget annuel d’un million d’euros), à l’échelle continentale le club de Flavio Becca est un petit Poucet. Modeste et vaillant. Humble et fier, des valeurs impératives pour gagner le droit de regarder un des géants d’Europe dans le blanc des yeux.

L’AC Milan n’a certes plus remporté de scudetto depuis 2011 et avance dans l’actuel championnat cahin-caha (4 points en 3 matches), le club lombard est en période de reconstruction après l’échec de ses aventures chinoises et sa reprise en main par un fonds d’investissement américain, mais les Rossoneri ne sont plus à la recherche, vaine, de leur glorieux passé, ils ont compris qu’il leur fallait construire leur futur. Avec quelques jeunes talents que Gennaro Gattuso houspille copieusement et des trentenaires qui ont roulé leur bosse dans les hautes sphères du foot mondial, tels Reina, Higuain, Laxalt ou Zapata.

Sur une frappe déviée !

Pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis grand-ducal, le coach calabrais avait quasi totalement modifié une équipe qui n’avait guère convaincu le week-end dernier, à Cagliari (1-1), seuls le capitaine Romagnoli et Higuain enchaînant les deux rencontres. Mais la maîtrise du jeu et de premières opportunités, pour Higuain et Borini, ne signifiaient pas une mainmise rossonera sur une première période où la plus grosse occasion était… dudelangeoise (une frappe trop enlevée du jeune gaucher Sinani, protégé du duo Vervoort/Kerremans que l’on dit pisté par plusieurs cercles de Jupiler Pro League).

Empêtrés dans un foot manquant de fluidité, les Milanais n’étaient pas à la fête mais trouvaient le chemin de la délivrance à la sortie du quatrième quart d’heure : frappe (déviée) de Gonzalo Higuain sur service du remuant Samu Castillejo (le plus dangereux avec l’Uruguayen Laxalt), un but cathartique pour l’AC et son coach Gattuso, aussi teigneux qu’à la belle époque (0-1 à la 59e). L’AC Milan est passé par la petite porte, Dudelange a pris place sur la carte européenne du foot.

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