«I feel good»: le duo inédit Yolande Moreau/Jean Dujardin fonctionne à merveille

«I feel good»: le duo inédit Yolande Moreau/Jean Dujardin fonctionne à merveille

I feel good (Benoît Delépine & Gustave Kervern)

Si le cinéma de Gustave Kervern et Benoît Delépine vise toujours juste, on se dit cette fois que la trame narrative est un peu légère pour fonctionner et que la critique du modèle capitaliste consumériste est un peu trop frontale pour être vraiment entendue. Le film se regarde alors comme une satire de la start-up nation façon Macron, une satire pas désagréable, assez drôle, mais pas forcément des plus incisives. Le duo inédit Yolande Moreau/Jean Dujardin est une trouvaille qui fonctionne à merveille.

Un peuple et son roi (Pierre Schoeller)

D’une manière assez didactique, et même un peu scolaire, Pierre Schoeller explore une nouvelle fois la question du pouvoir et de la construction de la société. Un film qui parle de la Révolution française à travers le prisme du peuple. Un parti pris qui constitue l’attrait principal du film : pour une fois, ce ne sont plus les figures historiques et théoriciennes qui sont à l’avant-plan mais bien les artisans de cette Révolution. Un peuple et son roi redonne aussi une juste place aux femmes dans la Révolution. Et permet de revenir sur les fondements de notre démocratie grâce à un casting d’acteurs impressionnants.

Damascus (Myrna Nabhan)

Si la forme n’est pas toujours parfaite, l’important est ailleurs. Ce film est un message d’espoir, une leçon de vie même, qui offre un regard salvateur sur la Syrie. Loin d’être réduite au conflit, cette société déploie son immense richesse, sa culture du respect et de la liberté. Un message de fraternité et de tolérance. C’est touchant, beau, émouvant et nécessaire.

Any way the wind blows (Tom Barman)

Sorti il y a quinze ans, l’unique film à ce jour de Tom Barman nous revient dans une nouvelle robe numérisée. Et pour tout dire, il a joliment vieilli. Si l’intrigue est quasi inexistante, c’est pour mieux coller aux codes de la Nouvelle Vague. Mais ce qui rend le film attachant, c’est qu’il est bourré d’idées de cinéma, de dialogues jouissifs et de personnages colorés. Un film « bon esprit » qui répond toujours tête haute à sa propre morale : « La vie nous donne des baffes, l’important, c’est de rester beau. »

L’ombre d’Emily (Paul Feig)

Auteur de comédies potaches peu inspirées, Paul crée la surprise en nous proposant un jeu de piste inattendu sur fond de petite ville américaine où le qu’en dira-t-on se répand comme une traînée de poudre. Il jongle entre la comédie grinçante et le polar. Il s’amuse des apparences, impose une narration décousue, enchaîne les retournements de situation, joue le décalage et la note absurde. On se laisse surprendre même quand les ficelles sont un peu grosses. Bouffée de fraîcheur de la rentrée, ce film est un moment de pur divertissement bien sympa.

22 miles (Peter Berg)

On ne s’embarrasse que de très peu de psychologie pour y aller plein gaz dans le vif d’une action où les personnages sont des pions et le héros une machine de guerre bipolaire qui s’exécute tout en bavardant beaucoup trop. Cela reste une histoire de gros bras. C’est frénétique, éprouvant, exténuant avec une surprise à la fin.

Rafiki (Wanuri Kahiu)

Une cour de justice kényane a finalement autorisé la diffusion temporaire de ce film qui narre une histoire d’amour homosexuelle. Une victoire très importante pour les minorités sexuelles au Kenya, pays où l’homosexualité reste illégale et passible d’emprisonnement. C’est efficace, naïf, touchant, pudique. Si on bute sur la candeur du ton, on reconnaît le courage de la réalisation et la sincérité du premier film.

La prophétie de l’horloge (Eli Roth)

Côté « entertainment » grand public, ça tient bien la route. Effets sympas, Jack Black qui ne cabotine pas, alchimie réussie avec Cate Blanchett, humour bon enfant parsemé de quelques répliques plus piquantes : la perspective d’une chouette petite sortie ciné !

L’année dernière à Marienbad (Alain Resnais)

Reprise, en version restaurée, du chef-d’œuvre d’Alain Resnais d’après un scénario d’Alain Robbe-Grillet, pilier du Nouveau Roman. Labyrinthe d’une pensée mentale… Resnais brouille les repères narratifs et spatio-temporels de la fiction classique et décroche le Lion d’or à Venise en 1961.

 
 
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