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Mondiaux de cyclisme: un ascenseur pour l’enfer

L’arc-en-ciel se dessinera dans le ciel tyrolien au bout d’une course exigeante, a priori dévolue aux puncheurs-grimpeurs. Le juge de paix se nomme Höll, bien plus long et plus pentu que le Mur de Huy. Idéal pour Alaphilippe et Valverde ?

Temps de lecture: 4 min

Pour gagner son paradis, il faudra vaincre l’enfer. L’enfer de Höll, une ascension fière et implacable, d’une rudesse qui découragera les organismes préalablement usés par 250 kilomètres de semi-montagne tyrolienne. Au pied de Gramartboden, Julian Alaphilippe, Alejandro Valverde ou Dan Martin ont paraît-il affiché un sourire prudent, estimant que ce raidard tracé entre rues étroites anonymes et coins sauvages, était bien plus long, plus dur, plus sec que ce Mur de Huy qui leur plaît tant une fois le printemps des classiques venu… Il arrive parfois que les chiffres soient éloquents : 2,8 kilomètres de montée, à 11,5 % de moyenne ; 1.000 mètres à 16 % de moyenne ; des tronçons à… 28 % ! Un monstre, « Highway to Höll », le Mondial le plus corsé depuis bien longtemps et, de facto, une opportunité unique pour les grimpeurs, moins souvent servis par le tracé que d’autres catégories de coureurs.

Les analystes pondèrent : dans un palmarès presque centenaire (premier Mondial en 1927), il y eut bien d’autres rendez-vous fixés sous un arc-en-ciel que l’on avait l’impression de pouvoir toucher en levant les bras, tant les pics étaient abrupts : Duitama (1995-Olano), Yvoir (1975-Kuiper) ou Nürburgring (1966-Altig) proposaient ainsi des livres de route encore plus corsés et pourtant, ils n’ont pas souri à des escaladeurs…

Sagan l’outsider, Alaphilippe en favori

C’est ce qui épaissit l’hypothèse d’un champion du monde solide, dur au mal et tonique après 260 bornes passées à osciller entre gestion de l’effort et souffrance, ce dimanche. Dans ce registre somme toute assez large, Peter Sagan n’a évidemment de leçon à recevoir de quiconque. Seul champion du monde de l’histoire couronné trois fois consécutivement, le Slovaque (qui vient de resigner chez Bora-Hansgrohe jusque et y compris 2021, sur la base d’un salaire annuel que certaines sources évaluent à 6 millions) a gagné sur tous types de tracés, à Richmond, Doha et Bergen. Sa participation à la dernière Vuelta, où il n’a certes pas remporté d’étape mais n’a pas puisé dans ses réserves, puis un stage préparatoire qui lui a permis de perdre du poids, attestent que « Peto » s’aligne sans pression aucune, mais pas sans ambition, tant s’en faut. Et personne d’autre que lui ne parvient à lire aussi bien le scénario d’une finale pour en écrire les dernières lignes à son avantage… Nul ne se risque donc à ranger le fantas(ti)que Slovaque parmi les outsiders plutôt que dans la case « favoris »… Pour autant, le préféré des bookmakers est français, il est sur des charbons ardents depuis le début de saison (12 succès dont deux étapes du Tour et le maillot à pois, la Flèche Wallonne, la Clasica San Sebastian…) et dissimule mal son impatience de partir au combat. « C’est un parcours difficile, j’aime quand c’est dur… » sourit Julian Alaphilippe, le pote de Philippe Gilbert. Une fois n’est pas coutume, l’équipe tricolore devra d’ailleurs assumer une bonne partie du poids de la course, d’autant que Romain Bardet, Thibaut Pinot voire Tony Gallopin sont également de sérieux prétendants. Mais pour le puncheur de Montluçon, les adversaires les plus redoutables sont à rechercher ailleurs. Du côté des frères jumeaux britanniques Adam et Simon Yates, des Italiens Gianni Moscon et Vincenzo Nibali, des grimpeurs néerlandais (Wout Poels, Steven Kruijswijk, Bauke Mollema) voire de la dizaine de prétendants à l’aise sur ce type de parcours (Primoz Roglic, Dan Martin, Michal Kwiatkowski, Dylan Teuns, Tim Wellens, Enric Mas, Miguel Angel Lopez, Rigoberto Uran, Emanuel Buchmann…). Et n’omettons évidemment pas l’inoxydable Alejandro Valverde, qui s’est déjà hissé à six reprises sur les podiums mondiaux depuis 2003 mais jamais encore sur la plus haute marche, anomalie que le Murcien est fermement décidé à gommer.

Côté belge, il faudra la jouer fine, en l’absence de leader absolu. Kevin De Weert a articulé son groupe autour de quatre coureurs « protégés » (Tim Wellens, Dylan Teuns, Greg Van Avermaet et Tiesj Benoot) et quatre équipiers (Ben Hermans, Serge Pauwels, Xandro Meurisse et Laurens De Plus). Formule qui, aux JO de Rio, avait fait mouche.

 

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