Ryanair abaisse ses objectifs et supprime des emplois en raison des grèves

Ryanair abaisse ses objectifs et supprime des emplois en raison des grèves

La compagnie aérienne Ryanair a abaissé ses objectifs financiers annuels et prévu des suppressions d’emplois dans quelques bases cet hiver, conséquences d’une série de grèves lancées depuis cet été.

Le transporteur irlandais à bas coût fait face à un mouvement social inédit depuis plusieurs mois de la part de ses pilotes et son personnel de cabine dans plusieurs pays européens pour réclamer de meilleures conditions de travail.

Le groupe explique s’attendre désormais à un bénéfice net entre 1,10 et 1,20 milliard d’euros pour son exercice 2018-2019 (achevé fin mars), contre une précédente estimation entre 1,25 et 1,35 milliard, a-t-il indiqué dans un communiqué. Il s’agira d’un net repli par rapport au 1,45 milliard d’euros réalisé en 2017-2018.

« La confiance des clients, les réservations et les tarifs au troisième trimestre sont affectés (…) dans ces cinq pays où des grèves inutiles se sont répétées », à savoir l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et le Portugal, a dénoncé le directeur général, Michael O’Leary.

Ce dernier a décidé en conséquence de réduire ses capacités pour l’hiver 2018 (de 1 %) en fermant trois bases en Europe, une au Pays-Bas et deux en Allemagne, à partir du 5 novembre.

Menaces

Ryanair explique qu’elle va engager des consultations avec ses pilotes et personnels de cabine afin de limiter les suppressions d’emplois. Elle prévoit de proposer des affectations vers d’autres bases et des congés non rémunérés.

La compagnie met ainsi à exécution sa menace de réduire ses activités en Allemagne, où les discussions avec les syndicats sont particulièrement difficiles.

« La fermeture de la base de Brême est une tentative de représailles contre la grève des employés, qui se battent pour des revendications justifiées. Le comportement de Ryanair est scandaleux et indigne », a réagi dans un communiqué Christian Behle, du syndicat Verdi, appelant Ryanair à revenir sur sa décision.

Selon le syndicat, à Brême seul, la fermeture concerne 90 employés.

Ryanair souligne que les récents mouvements de grève ont entraîné une réduction du nombre de passagers transportés et des tarifs proposés au cours du deuxième trimestre (juillet-septembre).

« Mauvaise publicité »

La compagnie, qui n’a eu pourtant de cesse de minimiser ces mouvements sociaux, s’attend à un troisième trimestre morose, au cours d’une période clé qui comprend la période des vacances d’octobre et de Noël.

Elle juge en particulier que la crainte de nouvelles grèves a affecté la confiance des consommateurs, qui sont plus hésitants à réserver des vols Ryanair.

La compagnie mentionne en outre les coûts liés à la prise en charge des clients qui ont été privés de vols à cause des grèves, ainsi que des prix du carburant en hausse compte tenu du récent bond des cours du pétrole.

Elle prévient par ailleurs ne pas exclure d’abaisser à nouveau ses prévisions de bénéfice en cas de nouvelles perturbations d’ici fin décembre.

« Les clients renoncent à réserver auprès de la compagnie en raison des risques d’annulation de vols et la société baisse ses prix pour attirer les clients et éclipser la mauvaise publicité causée par les grèves », résume David Madden, analyste chez CMC Markets.

A la Bourse de Dublin, le titre de Ryanair chutait de 12,32 % à 11,50 euros vers 15H00 GMT à une demi-heure de la clôture.

Pour M. Madden, « si Michael O’Leary veut remettre le cours de Bourse sur les rails, il doit mieux traiter son personnel et ses clients ».

La compagnie a revu ses objectifs après avoir été contrainte d’annuler 250 vols vendredi en raison d’une nouvelle grève qui s’inscrit dans la continuité d’un mouvement social entamé cet été avec deux vastes mouvements coordonnés : chez le personnel de cabine fin juillet puis chez les pilotes en août.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous