Le patron de l’Agence de contrôle nucléaire: «La maintenance a été assez superficielle»

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Ca défile, durant toute la journée, au Parlement. Sept invités de prestige se suivent pour venir faire le point sur la question du risque de pénurie d’électricité. Les festivités ont démarré peu avant 11 heures, en commission Économie. Sont auditionnés le Bureau du Plan, Elia (le gestionnaire de réseau en charge de l’équilibre), Electrabel, la Creg (le régulateur fédéral), l’Agence de contrôle nucléaire.

Cet après-midi, c’est au tour de Frank Hardeman, patron de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, de prendre la parole.

Frank Hardeman démarre son petit tour d’horizon des problèmes des centrales nucléaires en Belgique. Tel un guide touristique. A Doel 1, il y a une eu petite fuite dans la tuyauterie, à Doel 2…

La question principale à laquelle l’AFCN va devoir répondre : comment expliquer qu’elle n’a pas vu les défauts du béton plus tôt. Alors qu’en novembre 2016, des photos du béton dégradé existaient déjà.

Les estimations « peu fiables » d’Electrabel

Thierry Saegeman, chef du nucléaire montre lui-même à quel point les dates d’indisponibilité fournies au marché par sa société sont peu fiables, lorsqu’un réacteur est à l’arrêt pour cause de sûreté. Electrabel explique ensuite pourquoi le prix de l’électricité a augmenté.

« Demain, on va dire que s’il n’y a plus de vent ou plus de soleil, c’est Electrabel qui devra indemniser les gens ? Nous ne pouvons pas être responsables de tout. Il y a d’autres fournisseurs en Belgique. Il faut arrêter de polémiquer. La situation est assez alarmiste, il faut que les techniciens puissent se concentrer pour faire en sorte que toutes les solutions soient mises en œuvre le plus rapidement possible », martèle Thierry Saegeman.

Le Bureau du Plan minimise

Pour le Bureau du Plan, si l’on part du principe que la Belgique peut disposer de 4.500 MW d’importation, le risque de pénurie est assez limité. Mais si nos voisins sont moins disponibles, les choses se compliquent méchamment. Si l’on passe à 3.500 MW d’importation, le risque de pénurie grimpe, en novembre, à 110 heures. Et avec 2.500 MW d’importation, on monte à 315h de risque de pénurie, selon le Bureau.

Et si l’on se met dans les conditions d’importation de novembre 2016 (en prenant les chiffres de l’époque), il risque bien d’y avoir un problème en novembre, synthétise le plan. Mais, pour octobre, ça devrait passer.

La Creg remet en cause les calculs d’Elia

La commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (Creg) doute des calculs d’Elia. « Il y a un manque de transparence dans le modèle de calcul d’Elia », entame Andreas Tirez (Creg) en commission. « Nous n’avons aucune information en ce qui concerne la capacité d’interconnexion dont ils tiennent compte dans ce modèle ».

Et le régulateur en remet une couche. «  On nous dit aujourd’hui qu’il n’y aura une pénurie en novembre que si la France est importatrice d’électricité. Ça aurait pu être une information importante à communiquer au marché plus tôt », relance M. Tirez. « Nous voulons avoir accès à ce modèle d’Elia  », martèle la Creg.

 
 
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