Oui, on peut anticipativement déclarer sa volonté d’être euthanasié

Comment doivent réagir mes proches dans le cas où, suite à un accident ou une pathologie grave, je me retrouve dans un coma irréversible ? Voilà une question à laquelle on n’a certes pas envie de réfléchir. C’est pourtant nécessaire.

Petit rappel… Depuis 2002, l’euthanasie – qui consiste à mettre intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande de celle-ci – est autorisée en Belgique, sous certaines conditions. Ainsi, le patient doit, entre autres, être confronté à une situation médicale sans issue (qui provoque un état de souffrance physique ou psychique continu et insupportable, qui ne peut être apaisé et qui résulte d’une pathologie incurable ou d’un accident). Il doit être reconnu en pleine possession de ses moyens intellectuels lors de sa demande. Cette demande doit être volontaire, réfléchie et répétée (sans pression extérieure). Par ailleurs, au minimum un mois doit s’écouler entre la demande écrite du patient et l’euthanasie (pour les patients en phase non terminale).

Et si je suis victime d’un grave accident ?
Les conditions reprises ci-dessus concernent principalement des patients qui sont toujours conscients lorsque le malheur les frappe et qui ont le temps de réfléchir à leur décision. Mais qu’en est-il de victimes d’accidents de la route par exemple, ou d’une pathologie sévère, qui les plongeraient subitement dans un état d’inconscience irréversible ? Quelle position doivent adopter leurs proches ? Faut-il se résoudre à dire adieu à leur parent blessé ou pas ? Pour éviter que ce genre de question cruciale tourmente nos proches, il est possible de faire connaître ses dernières volontés de fin de vie via une déclaration anticipée, et demander explicitement l’euthanasie. Celle-ci doit se faire par écrit, doit être datée et signée, et doit désigner une personne de confiance, ou un mandataire qui fera respecter strictement la volonté du malade. « Il est important que chacun réfléchisse en amont à ses valeurs et à ses souhaits en fin de vie, explique Béatrice Touaux directrice adjointe et responsable de la communication du Centre d’action laïque du Brabant wallon. Ce n’est certes pas un sujet agréable, personne n’a envie de penser à sa mort, mais il est important que chacun définisse ses volontés et en fasse part à ses proches pour qu’au moment voulu, celles-ci soient respectées. »

Il est également conseillé d’informer son médecin traitant et sa famille, voire de leur remettre un exemplaire de votre déclaration. A noter que celle-ci, au contraire d’autres déclarations anticipées de fin de vie, doit être renouvelée tous les cinq ans.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter le Centre d’action laïque du Brabant wallon (Laïcité Brabant wallon). www.calbw.be

La UneLe fil info Partager