A Rome, l’Église belge plaide pour l’accès à la prêtrise des hommes mariés

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 Kockerols représente l’Eglise belge à Rome.
M gr Kockerols représente l’Eglise belge à Rome. - Belga

J e suis convaincu que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers “me voici” si l’Église devait les appeler au ministère presbytéral. » C’est en ces termes que Mgr Kockerols, délégué de la conférence épiscopale belge au synode de Rome, a conclu son intervention ce mercredi matin.

Ce synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », qui a débuté le 3 octobre dernier et s’étalera jusqu’au 28, a pour ambition de rapprocher l’Eglise de sa jeunesse, en répondant aux préoccupations de celles-ci. Après une vaste consultation, un « pré-synode » l’an dernier avec des jeunes de tous pays, les évêques sont finalement réunis à Rome pour débattre et aboutir à un document final. Ce mercredi, les représentants de chaque pays prenaient la parole, durant quatre minutes.

Une opinion majoritaire dans l’Eglise belge

Mgr Kockerols, l’évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, mais aussi responsable de la pastorale des jeunes, avait été désigné par ses pairs pour représenter l’Eglise belge. Il a consacré son intervention au thème de la vocation. Selon l’évêque belge, il existe « une vocation chrétienne, baptismale » et « des vocations qui lui donnent chair ». Loin d’opposer la vocation du mariage et de la vie de famille d’une part et l’engagement à servir l’Église comme prêtre d’autre part, Mgr Kockerols plaide pour que les hommes mariés puissent accéder au sacerdoce. Il reflète de la sorte l’opinion majoritaire dans l’Eglise belge, déjà exprimée par l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr De Kesel, ou encore récemment par l’évêque de Tournai, Mgr Harpigny. Le Pape François lui-même s’est prononcé en faveur de l’ordination d’hommes mariés.

Depuis le début du synode, un thème est fréquemment revenu dans les débats : la façon dont l’Église doit gérer de graves crises, comme celle de la pédophilie, afin de ne pas perdre sa crédibilité auprès des jeunes, rapporte Tommy Scholtès. « Le thème de la sexualité est aussi très présent, poursuit le porte-parole de la conférence épiscopale de Belgique. Les jeunes ont en effet des difficultés avec certains prescrits traditionnels de l’Église. » On pense notamment à la vie en concubinage ou aux relations sexuelles avant le mariage. Reste que le synode n’est qu’une rencontre consultative, et non un organe décisionnel. Le document final donnera, au mieux, de grandes orientations.

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