Un paradis… mais pas pour tout le monde

La porte de Brandebourg, symbole de Berlin. Une ville où il est financièrement intéressant de vivre et d’investir.
La porte de Brandebourg, symbole de Berlin. Une ville où il est financièrement intéressant de vivre et d’investir. - Reuters.

On ne s’en rend peut-être pas bien compte mais l’an prochain, Berlin célébrera déjà le trentième anniversaire de sa réunification. Le temps passe et il aura bien changé l’ancienne capitale de la RDA, tant sur le plan de l’architecture que sur celui de l’immobilier, lequel a vu ses prix flamber au cours des cinq dernières années. Et cela continue puisque la hausse moyenne a été de 14,9 % cette année (chiffres connus jusque mars 2018).

Les raisons de cette augmentation sont multiples. Primo, comme d’autres grandes capitales européennes, Berlin doit faire face à une croissance démographique notoire. Les prévisions parlent de 250.000 résidents supplémentaires d’ici 2030 (+8,2 %). Secundo, l’économie allemande est la plus forte et la plus stable de toute l’Union. S’il y a bien un Européen capable d’acheter ou de louer un bien au prix le plus cher, c’est l’Allemand. En 2017, le produit intérieur brut allemand (PIB) a progressé de 3,1 %, rendant jaloux pas mal d’autres contrées. Enfin, tertio, le marché du travail tourne à plein régime. À Berlin, ce ne sont pas les chômeurs qui ont la vie dure mais… le chômage.

Des statistiques qui permettent à l’immobilier de sourire à pleines dents même si, ombre au tableau, la production de nouveaux logements n’est pas suffisante. Enfin une similitude avec Bruxelles…

En 2017, 24.740 permis de bâtir ont été délivrés mais seulement 15.670 unités de logement ont été construites, là où il en faudrait 20.000 par an (au moins jusqu’en 2021). Un chiffre qui représente à peine 1 % du nombre de biens résidentiels existants.

Si on la compare aux autres villes allemandes de plus d’un million d’habitants, Berlin est la moins chère. N’allez pas croire pour autant qu’elle soit « bon marché » – et certainement pas pour les Belges que nous sommes – puisque le prix moyen d’un appartement au mètre carré flirte allègrement avec les 5.000 euros. C’est le courtier international Knight Frank qui le dit : à Munich, on doit payer quasiment le double et il faut débourser 8.000 euros à Francfort et 6.000 euros à Stuttgart, Cologne ou Hambourg.

Intéressant également : seulement 15 % des Berlinois sont propriétaires de leur logement. La majorité de ces propriétaires sont des couples (43 %) mais les propriétaires célibataires ne sont pas loin (32 %). Berlin serait-elle une ville propice aux rencontres ? C’est incontestablement le cas si l’on se penche sur le taux de locataires célibataires : 57 %. Ils sont loin, très loin, devant les couples qui louent (26 %). Si vous êtes sans boulot et sans âme sœur, n’hésitez plus…

Les locations ont connu une progression de 11 % l’an dernier. Cela peut s’expliquer par la législation, mise en place par le gouvernement en 2015, qui interdit aux propriétaires d’augmenter les loyers de plus de 10 % au-dessus de la moyenne du quartier. Une mesure qui ne s’applique toutefois qu’aux logements existants, pas à l’immobilier neuf.

Les familles optent pour Charlottenburg

Connue pour sa grande qualité de vie en même temps que son coût de la vie relativement faible, la capitale allemande, qui possède aussi de bonnes écoles et un réseau de soins de santé à la pointe, attire les investisseurs du monde entier. Certes, les acheteurs allemands sont les plus nombreux, d’autant que, on l’a vu, ils ont les moyens financiers pour assouvir leur soif d’immobilier. Mais les Anglais, Américains et Suisses sont très actifs également. Depuis 2015, les Turcs et autres acheteurs du Moyen-Orient investissent en masse car ils considèrent Berlin comme leur paradis immobilier nº 1. La plupart des achats se situent dans une tranche entre 300.000 et 700.000 euros.

Si vous envisagez un jour de passer à la sauce berlinoise, sachez que Charlottenburg, dans la partie ouest de la ville, a longtemps été la zone la plus huppée. Elle reste populaire auprès des familles et des jeunes travailleurs. À l’est, on trouve Friedrichshain, un quartier qui fait face à une forte demande en logements, notamment en raison de sa proximité avec Mediaspree, l’un des plus grands développements liés aux médias et aux télécommunications de la ville, siège de sociétés comme Mercedes, Coca-Cola ou les studios de musique Universal. Contrairement à Londres et à New York, les Berlinois aiment, dit-on, se rendre à pied sur leur lieu de travail. Enfin, si ce sont plutôt les projets de rénovation urbaine qui vous intéressent, Lichtenberg et Treptow-Köpenick sont des endroits taillés pour vous, surtout si vous comptez vous y installer en famille. Les espaces verts y sont nombreux et les moyens de transport excellents. Foi de Berlinois…

 
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