Recel de planches originales de Blake et Mortimer: une vingtaine d’originaux saisis

Philippe Biermé, le liquidateur de la Fondation Jacobs, et Edgar P. Jacobs, son fondateur, lors d’une réunion de la Fondation en juin 1985.
Philippe Biermé, le liquidateur de la Fondation Jacobs, et Edgar P. Jacobs, son fondateur, lors d’une réunion de la Fondation en juin 1985. - Jacques Labeye.

Les perquisitions effectuées la semaine dernière chez les galeristes parisiens Daniel Maghen et Eric Leroy ont permis aux policiers belges et français de mettre la main sur des documents comptables et un peu moins d’une vingtaine de planches originales d’Edgar P. Jacobs, le créateur de la série de bande dessinée Blake et Mortimer. Ces éléments ont conduit à l’inculpation de Philippe Biermé, ancien président et liquidateur de la Fondation Jacobs. Il est soupçonné d’abus de confiance et de blanchiment, dans le cadre de l’instruction ouverte en Belgique par le juge d’instruction Michel Claise.

La justice enquêtait depuis un an sur la disparition de plus de deux cents originaux des coffres de la Fondation d’utilité publique, qui avait pour mission de les conserver. Philippe Biermé a été inculpé, avant d’être libéré sous conditions.

Les enquêteurs se sont également intéressés aux activités d’une importante galerie belge de planches originales, à Wavre. L’expert du marché de la bande dessinée qui la dirige aurait été en contact régulier avec un ou plusieurs des galeristes perquisitionnés à Paris.

Vent de panique

La nouvelle fait souffler un vent de panique parmi les collectionneurs qui ont acheté des planches originales de Blake et Mortimer. Vendues sous le manteau entre 35.000 et 170.000 euros (selon la qualité des pièces) et pas toujours accompagnées de factures, les planches pourraient faire l’objet de procédures de restitution. Personne ne pouvait, en effet, ignorer qu’Edgar P. Jacobs avait confié, de son vivant, l’ensemble de son œuvre à la Fondation qui porte son nom.

Rappelons que Philippe Biermé fait, par ailleurs, l’objet d’une requête en tierce-opposition qui conteste la légitimité de la liquidation de la Fondation Jacobs entamée en 2015. Le Studio Jacobs et deux anciens administrateurs de la Fondation, Pierre Lebedel et Charles Dierick, soulignent que le procès-verbal de l’assemblée générale demandant la dissolution de la Fondation n’a été signé que par son président et son secrétaire. Aucun autre administrateur ne l’a ratifié.

Cette dissolution était en contradiction avec les dernières volontés d’Edgar P. Jacobs mais il s’agissait pour Philippe Biermé «  de donner un nouvel avenir à la Fondation  ». Claude de Saint-Vincent, patron du Studio Jacobs, s’inquiétait, au contraire, d’assister depuis 2015 à «  une grande évasion de planches originales  ». Il suspectait que ces pièces proviennent directement des coffres.

L’ancien président démentait avec force et finissait par faire une donation et confier les clés des coffres à la Fondation Roi Baudouin. Son inculpation devrait permettre d’y voir plus clair quant à son rôle, réel ou non, dans la dispersion des planches originales.

 
 
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