Le mazout n'a pas dit son dernier mot !

Le mazout n'a pas dit son dernier mot !

Flash-back. Le 21 juillet, le gouvernement flamand approuve un plan en matière d'énergie. Lors de sa présentation, surprise : la vente des chaudières au mazout serait interdite à partir de 2021. Les 34 % de Belges qui se chauffent au mazout tombent des nues. Cela représente tout de même 3,5 millions de personnes dans 1,7 million de chaumières...

En réalité, à l'origine, une telle mesure est inscrite dans un autre plan, le Pacte énergétique inter-fédéral, signé fin 2017 par l'Etat et les trois Régions. La date retenue est alors de 2035. Seule la vente de nouvelles chaudières est concernée et, à cette date, les propriétaires d'une installation au mazout peuvent la garder.

La Flandre et Bruxelles entendent toutefois anticiper le calendrier. Le nord du pays choisit donc 2021, puis fait marche arrière : l'interdiction ne vaudra que pour les constructions neuves et les rénovations lourdes. Pour les autres habitations, la date fédérale s'appliquerait, donc 2035. De son côté, Bruxelles a choisi l'échéance de 2025 pour tous les bâtiments. La Wallonie, elle, semble viser 2035 et parle d'édicter des exceptions pour les zones rurales, non desservies en gaz.

Mazout et transition énergétique
Pour Informazout, le centre d'information du secteur, le monde politique se trompe en voulant bannir ce combustible. Toute transition énergétique a besoin de trois éléments pour réussir : une vision politique, un mix d'innovations technologiques et une adhésion des citoyens. Or, ici, les trois ne sont pas rencontrés.



Sur le plan de la vision politique, cette possible interdiction des nouvelles chaudières au mazout n'est pas du tout préparée. Des preuves ? Le gaz naturel est aussi une énergie fossile et n'est pas disponible partout pour pouvoir prendre le relais ; les pompes à chaleur ont des limites ; le chauffage électrique à grande échelle est impayable et surtout irréalisable : l’approvisionnement en électricité pose déjà problème à l’heure actuelle tandis que ni le parc de production d’électricité ni le réseau de distribution ne sont adaptés.

Une technologie bien vivante
Sur le plan des technologies, il semble contre-productif de se priver d'une solution dans le mix devant mener à une économie bas carbone. Les chaudières modernes au mazout à condensation émettent en effet 30% de CO2 en moins qu'il y a 25 ans. Les améliorations se poursuivent, notamment avec la recherche sur les huiles végétales hydrotraitées, les « nouveaux combustibles liquides ». Le mazout peut aussi être combiné avec des énergies renouvelables : boiler solaire, pompe à chaleur, etc. Enfin, sur le plan social, les consommateurs ont besoin de solutions opérationnelles et abordables. Sans le mazout, qui est une énergie disponible, bon marché et combinable, ils risquent d'être freinés...