Accueil Opinions Éditos

Football: de l’extase au dégoût

Le milieu du football belge reste opaque, non régulé, propice à tous les excès

Rédacteur en chef Temps de lecture: 3 min

Trois mois après que la Belgique s’est extasiée sur les exploits des Diables rouges en Coupe du monde, le retour du balancier est particulièrement violent pour le football belge. Car l’opération policière qui a secoué le milieu du ballon rond dans le Royaume, ce mercredi, est sans précédent, même en comparaison avec l’affaire Zheyun Ye, le fameux Chinois condamné, mais toujours en fuite, pour avoir truqué des matchs.

Car cette fois le « casting » – on n’osera pas la « caste » – des personnalités inquiétées par la police est impressionnant : le principal agent de joueurs du pays, l’entraîneur du club champion, l’ex-manager d’Anderlecht, les deux meilleurs arbitres de D1. Pour ne citer que les protagonistes les plus connus. Du lourd dans le milieu.

Que leur reprochent les enquêteurs ? En résumé, la liste de tous les maux, ou presque, qui rongent le football : fraude financière, évasion fiscale, matchs truqués. Rien que ça. On attendra la suite de l’enquête avant de se pencher sur les responsabilités éventuelles des uns et des autres. Et on rappellera que les affaires de matchs truqués qui ont touché le football belge ont parfois accouché de condamnations qui sont très loin de la vindicte populaire.

Un monde opaque

Mais une chose est d’ores et déjà certaine, évidente, centrale : le milieu du football belge – et du football mondial tout entier – reste opaque, non régulé, propice à tous les excès et toutes les dérives. On l’écrit à chaque Coupe du monde quand on met le nez dans le fonctionnement et les comptes de la Fifa, on l’a souligné à maintes reprises dans les « Football Leaks » publiés de long en large dans ces colonnes.

Mais le constat est toujours là : le football, c’est un milieu où circule beaucoup d’argent, énormément d’argent, avec une provenance par toujours nette et des flux souvent « ingénieux » dans les transferts, les paris, les rachats de clubs, etc. Un « insider » lucide nous a souvent résumé la situation par une formule lapidaire : « Dans le foot belge, il n’y a qu’une règle, c’est qu’il n’y a pas de règles. »

C’est malheureusement vrai.

Avec, en outre, ces dernières années, la montée en puissance d’une catégorie de personnes qui a vu son rôle grandir en Belgique jusqu’au point d’en devenir interpellant : les agents. Aujourd’hui, certains agents – pas tous, mais les principaux – contrôlent des joueurs, mais sont aussi mandatés par un ou des clubs, prennent parfois la place des directeurs sportifs ou des cellules de scouting, voire contrôlent carrément des clubs en sous-main.

Ce mélange des rôles a créé un terreau « idéal » pour tous les conflits d’intérêts et les tentations les plus malsaines. Avec le silence ou l’impuissance de la Fédération. Le football belge, c’est une espèce de je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette géant où quelques puissants tirent les ficelles et récupèrent les profits. La police et la justice traquent les fraudeurs. Mais comment tarir la source du mal ?

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

2 Commentaires

  • Posté par Wilquet Gaston, jeudi 11 octobre 2018, 16:30

    Extase? Parlez pour vous, cher Christophe Berti, et sans doute pour beaucoup d'autres, mais quand même pas pour tout le monde.

  • Posté par stals jean, jeudi 11 octobre 2018, 15:03

    Alors qu'il faut être pour le moins, aveugle, sourd, muet ou débile profond pour ne pas savoir que le foot PRO aux quatre coins du Monde est entre les mains d'organisations qualifiées de mafieuses par ceux la même qui traquent sans relâche la criminalité financière planétarisée elle aussi. Alors que des vedettes de ces nouvelles "grand-messes" arrivent à palper des "salaires" de dictateurs sanguinaires africains, pour flatter les plus bas instincts de " l' homo- footbalisticus" au Qi de canette de bière vide, rois, chefs d'Etat et autres nominés des listes électorales, depuis les tribunes d'honneur gesticulent devant les caméras pour que l'on sache bien qu'eux aussi n'ont rien contre ces réjouissants jeux de cirques bien dignes (mise à mort en moins et océan de bière en plus) de ceux de la Rome antique en décomposition assurée ... Panem et circences qui disait Juvénal on se mare ....Quand aux jongleurs surdoués de la baballe dès leur plus jeune âge, et qui finissent à 30 ans milliardaires en dollar, grand bien leur face évidemment... Comme disait ma grand mère; c'est l' plus malin qu'attrape l'autre…

Sur le même sujet

Aussi en Éditos

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une