De nouveaux combustibles liquides dans votre chaudière au mazout !

De nouveaux combustibles liquides dans votre chaudière au mazout !

Les avancées technologiques ne concernent pas seulement les énergies renouvelables. On le sait moins mais elles portent aussi sur les chaudières au mazout. Apparu au tournant des années 2000, le système de la condensation a constitué une avancée considérable. Et plus récemment, le brûleur qui fonctionne avec des allures ou qui est modulant s'est généralisé.

Avec un tel brûleur, votre chaudière adapte sa puissance aux besoins de chaleur ou d’eau chaude du foyer. Il faut savoir que prendre une douche ou un bain réclame une puissance et une température élevées sur une courte période et que chauffer le living demande une puissance et une température moindres mais constantes. Avec les anciens brûleurs, la puissance était toujours fournie à 100% même si les besoins de chaleur n’étaient pas présents. Avec un brûleur à allures ou modulant, c'est beaucoup moins le cas. Une nouvelle chaudière est dotée d’une régulation performante qui fait fonctionner le brûleur un maximum à faible puissance. Ce n’est qu’en période de « grand froid » que la puissance maximale est sollicitée.



Du combustible d'origine végétale
Cependant, la véritable évolution est ailleurs. En effet, le futur de nos chaudières au mazout pourrait bien se trouver... en dehors du mazout classique ! Une intense activité de recherche et développement est en cours en Europe depuis quelques années. Objectif : mettre au point de nouveaux combustibles liquides d'origine verte qui peuvent être utilisés par les chaudières actuelles.

Toute une série de combustibles renouvelables d'origine végétale sont ainsi à l'état de prototypes. On les appelle les « combustibles liquides du futur ». Ils sont produits à partir de biomasse et non de cultures destinées à l'alimentation. Concrètement, il s'agit de déchets forestiers, d'huiles végétales, d'amidon, d'algues...

Les procédés de transformation sont multiples. On en distingue quatre grands, tous aux noms savants : fermentation, liquéfaction, synthèse, transestérification-hydrogénation. L'essentiel à retenir est qu'ils peuvent donner du biocombustible. L'un de ces combustibles les plus prometteurs est le HVO pour Hydrogenated Vegetable Oil ou Huile Végétale Hydrotraitée. Il est produit à partir d'huiles usagées, de graisses animales ou d'huiles végétales. Cette technologie est mature et quelques usines existent déjà en Finlande, en Italie, aux Pays-Bas ou aux Etats-Unis.

Une solution neutre en CO2
Une autre voie, à plus long terme celle-là, est dénommée « Electrofuel » ou « Power-to-liquid ». L'idée est ambitieuse. D'une part, on capture du CO2 dans l'air ou à la sortie d'une cheminée (le CO2 est un gaz). D'autre part, on extrait, par électrolyse, l'hydrogène qui se trouve dans l'eau. Pour ce faire, on utilise de l'électricité provenant de sources renouvelables (le vent ou le soleil). Ensuite, on combine les deux, on les traite et on obtient un hydrocarbure synthétique liquide.

Tout cela démontre que vouloir interdire la vente des nouvelles chaudières au mazout revient à se priver d'une filière d'innovations technologiques. Or, diminuer les émissions de gaz à effet de serre ne passera pas par une seule solution mais par la combinaison de plusieurs.